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COVID-19 : Le cinéma autochtone à la rescousse du confinement pancanadien

Alanis Obomsawin dans son bureau à l'ONF en 2015

Alanis Obomsawin dans son bureau à l'ONF en 2015

Photo : La Presse canadienne / La Presse canadienne/Ryan Remiorz

Alors que de nombreux Canadiens ont mis leur mode de vie habituel en veilleuse le temps de se protéger du coronavirus, l'expression faire contre mauvaise fortune bon cœur prend tout son sens.

Puisqu’il ne sert à rien de se lamenter et qu’on n’a pas le choix d’accepter notre sort collectif, pourquoi ne pas chercher à en tirer profit? Espaces autochtones vous propose dans cet esprit des productions à regarder en famille ou avec ceux avec qui vous êtes confinés... histoire d'alléger le temps qui passe.

L’intérêt pour les enjeux et la vie des Autochtones va croissant, à preuve les livres, films et documentaires de plus en plus nombreux. Les prochains jours et les prochaines semaines vous donnent l’occasion de plonger dans l’histoire, les enjeux et les réalités autochtones sans sortir de chez vous.

Du Wapikoni à l’ONF

Fondé en 2004, le Wapikoni mobile (Nouvelle fenêtre) ne cesse d’ajouter des courts métrages à sa collection, unique en son genre et déjà bien garnie. Près de 1300 films nous plongent dans la culture et les réalités des Premières Nations, des Inuit et des Métis.

Parce que nous sommes convaincus que la culture peut rapprocher les gens même à distance, nous vous invitons à profiter de cette période de confinement pour parcourir notre collection en ligne, dit Odile Joannette, la directrice générale du Wapikoni.

L'Office national du film du Canada n’est pas en reste

Pendant les premières années de vie du Wapikoni, l’ONF a participé au développement du projet en y contribuant financièrement entre autres, mais cette collaboration cessera, imposée par les compressions budgétaires du gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Il est toujours possible de trouver certains des films du Wapikoni  sur le site de l’ONF (Nouvelle fenêtre).

Et puis, il y a deux ans, l’Office national du film lançait « Cinéma autochtone » (Nouvelle fenêtre), un portail web proposant gratuitement plus de 200 films réalisés par des créateurs autochtones. Plusieurs sont en langue originale française, d’autres sont en anglais, mais il est aussi intéressant de tendre l’oreille vers les langues des premiers peuples.

Cette initiative a été développée dans le cadre d’un plan d’action de l’ONF qui vise à « redéfinir les relations avec les artistes et les auditoires autochtones ».

Nous avons invité Marc St-Pierre, le conservateur de la collection de l’ONF, à sélectionner quelques titres réalisés par des Autochtones et des non-Autochtones.

Il ne pouvait passer à côté de la documentariste abénaquise Alanis Obomsawin.

En 53 ans de carrière à l’Office national du film du Canada, la cinéaste a réalisé 53 films qui abordent la vie et les préoccupations des Premières Nations.

Elle s’intéresse aussi aux enjeux touchant le bien-être des enfants. C’est le cas de sa plus récente réalisation Jordan River Anderson, le messager. Le film n’est par contre pas encore disponible gratuitement, puisqu’il poursuit sa tournée des festivals et autres événements internationaux.

Image du film Jordan River Anderson, le messager, où une femme embrasse un bébé.

« Jordan River Anderson, le messager » est le 53e film de la réalisatrice Alanis Obomsawin.

Photo : Avec la permission du TIFF

Kanehsatake – 270 ans de résistance d'Alanis Obomsawin

Il faut voir un incontournable dans la production d'Alanis Obomsawin, nous dit Marc St-Pierre. Kanehsatake – 270 ans de résistance a été tourné pendant la crise d’Oka en 1990. La documentariste a passé les 78 jours de l’affrontement entre les manifestants, la Sûreté du Québec et l'armée canadienne derrière les barricades. Son documentaire, sorti en 1993, a été vu dans le monde entier.

Autres suggestions de Marc St-Pierre, conservateur de la collection de l’ONF :

Kanata : l'héritage des enfants d'Aataentsic de René Sioui Labelle

Ce film de 52 minutes réalisé en 1998 retrace l’itinéraire de ses ancêtres, des membres de la nation huronne-wendat. Il y est question du rapport entre l'être humain et son environnement, de la reconnaissance et de la transmission du patrimoine et de la défense des droits des Autochtones.

360 degrés et Mobiliser de Caroline Monnet

Réalisés respectivement en  2008 et 2015 par cette artiste multidisciplinaire d’origine algonquine et française, ces deux films ont ceci en commun qu’ils plongent tous deux dans les modes de vie traditionnels des Autochtones pour ressurgir dans le monde moderne, confrontant les valeurs du passé à celles du présent.

Mobiliser, réalisé à parti des archives de l’ONF, est aussi un voyage entre le Grand Nord et le sud du Canada.

Une scène du film Mobiliser de Caroline Monnet

Une scène du film Mobiliser de Caroline Monnet

Photo : Caroline Monnet / ONF

Mon village au Nunavik de Bobby Kenuajuak

Ce village c’est Puvirnituq, l’une des 14 communautés du Nunavik.

Sur le site du village, on apprend ce que veut dire Puvirnituq : ça signifie "putréfié". C’est à cet endroit qu’un village complet d’Inuit succomba à la famine un hiver; il n’y eut aucun survivant pour raconter l’événement. Le printemps suivant, les igloos fondirent, et on retrouva les corps, dont se dégageait une forte odeur de pourriture. Alors on appela cet endroit Puvirnituq pour commémorer l’événement, encore que le nom ne soit pas très adéquat pour un village.

Grâce à l’Inuk Bobby Kenuajuak, qui avait 23 ans au moment du tournage en 1999, nous découvrons ce qu’est la vie dans ce petit hameau, le temps de trois saisons, et tout l’amour qu’y porte le cinéaste.

L'affiche du court métrage « J'aime les filles » de Diane Obomsawin

L'affiche du court métrage « J'aime les filles » de Diane Obomsawin

Photo : Photo soumise par Diane Obomsawin

J’aime les filles de Diane Obomsawin (alias Obom), d’ascendance abénakise

Dans le catalogue de l’ONF, cinq courts métrages d’animation sont signés Diane Obomsawin, dont J’aime les filles. Inspiré de sa BD du même nom, le film réalisé en 2016 donne la parole à quatre femmes qui racontent leur découverte du désir homosexuel.

De vrais témoignages appuyés par le coup de crayon fantaisiste de l’auteure qui s’est amusée à les affubler de têtes d’animaux.

La collection de films autochtones de l’ONF a été classée au moyen du système Indigenous Materials Classification Schema (IMCS), adapté par Camille Callison de la nation Tahltan, en Colombie-Britannique.

« L’IMCS est unique et a été créé dans le but de refléter le point de vue et les valeurs autochtones dans l’organisation des connaissances. Il s’agit d’un système de classement ouvert qui peut être adapté pour refléter les pratiques exemplaires en matière d’organisation des collections de savoirs autochtones et pour répondre aux besoins des personnes qui cherchent des renseignements sur les Autochtones », expliquait Camille Callison lors du lancement du portail web.

Le conservateur de la collection de l’ONF, Marc St-Pierre, suggère aussi trois films réalisés par des non-Autochtones.

Debout sur leurs terres de Maurice Bulbulian

Le documentariste montréalais Maurice Bulbulian a abordé le thème du changement sous divers angles, dont celui des Inuit. Debout sur leurs terres, réalisé en 1983, nous conduit dans trois villages du Nunavik et nous présente quelques habitants qui se battent contre le développement à outrance. 

La conquête de l’Amérique 1 et 2 d’Arthur Lamothe

Réalisés en 1990 et 1992, ces documentaires racontent comment les Innus ont vécu le pillage de leurs ressources et leurs démarches pour faire reconnaître leur droit à l'autonomie politique et administrative.

Le peuple invisible de Richard Desjardins et Robert Monderie

Pendant trois ans, les deux cinéastes ont visité sept des neuf communautés algonquines de l'Abitibi et du Témiscamingue. Leur long métrage sorti en 2007 dénonce la désolante réalité d’une nation laissée en plan par les gouvernements.

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