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Les artistes autochtones frappés de plein fouet par la crise du coronavirus

Deux comédiens sur scène en répétition pour un spectacle autochtone

Nicolas Gendron et Charles Bender en pleine répétition pour le spectacle Nmihtaqs Sqotewamqol / La cendre de ses os de la compagnie de théâtre Ondinnok.

Photo : Anaïs Gachet

Les mesures draconiennes prises par Québec et Ottawa pour ralentir la propagation du coronavirus ont un impact majeur dans le monde culturel autochtone, tant pour les artistes que pour les compagnies de production. Les répétitions et les spectacles sont annulés, tout comme les tournées et les pow-wow.

Le metteur en scène et directeur artistique du théâtre Ondinnok, Dave Jenniss, était en pleine répétition de Nmihtaqs Sqotewamqol / La cendre de ses os quand les mesures d’éloignement social ont été demandées. On a suivi le protocole, on a décidé de mettre fin aux répétitions.

Pour le moment, il s’agit d’une pause de deux semaines qui sera réévaluée au jour le jour, précise le metteur en scène.

Le spectacle devait prendre l’affiche au Théâtre la Licorne à Montréal le 20 avril. Il n’est pas annulé, mais bien reporté.

On suit la vague, on suit ce que le gouvernement demande.

Dave Jenniss

Les comédiens n’ont eu d’autre choix que de rentrer à la maison et de se tourner vers le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) qui a déployé lundi son plan pandémie . Des mesures financières d’urgence seront offertes aux artistes et aux organismes que le CALQ soutient.

Un autre spectacle de la compagnie Ondinnok, qui souligne en 2020 ses 35 années de résistance artistique et de création autochtone!, Mokatek et l'étoile disparue, vit des moments difficiles.

Les représentations de ce spectacle multisensoriel pour la petite enfance, en tournée au Canada, sont annulées à Winnipeg début juin. Toronto et Vancouver n’ont pas encore précisé s’ils annulaient les représentations prévues chez eux mi-mai et fin-mai.

Artiste ou entrepreneur, même combat

Le rappeur mig'maq Quentin Condo a lui aussi annulé quelques spectacles de bienfaisance. À plus long terme, il s’inquiète de l’annulation des festivals auxquels il devait participer. 

L’enregistrement d’un album en collaboration avec des artistes autochtones du Canada et des États-Unis est aussi reporté, les artistes ne pouvant plus voyager de part et d'autre de la frontière.

En cette ère de distanciation sociale, Quentin Condo envisage lui aussi d'offrir un spectacle en direct sur les réseaux sociaux d’ici deux semaines. Nous le ferons dans une salle pour offrir une expérience semblable à un vrai spectacle, avec éclairage et son de grande qualité, précise-t-il.

Le rappeur mig'maq Quentin Condo, alias Q052.

Le rappeur mig'maq Quentin Condo, alias Q052

Photo : Gracieuseté de Musique Nomade

Entre-temps, Q052, de son nom d’artiste, utilise ses réseaux sociaux pour aider ceux qui traversent difficilement cette épreuve.

Nous, les Autochtones, sommes très à l'aise dans des situations difficiles. Nous sommes très résistants et nous allons nous en sortir en chantant et en riant, comme nous l'avons toujours fait.

La sécurité prime avant l’argent pour l’artiste qui est aussi un entrepreneur. Je possède un dépanneur dans la communauté de Gesgapegiag et j'ai renvoyé tout mon personnel chez lui, avec salaire, avant même que le gouvernement ne décide de le faire.

Je pense que je suis la première petite entreprise et peut-être même la première entreprise au Québec à avoir pris cette décision.

Quentin Condo

Son commerce est fermé depuis dimanche dernier et le restera aussi longtemps que nécessaire. Il souligne que sa communauté est plus importante que ses revenus.

Se divertir coûte que coûte

L’idole de la scène pop-rock innue, Scott Pien-Picard a lui aussi emprunté la route des médias sociaux pour faire entre sa voix.

Après une première prestation jeudi, il promet de revenir divertir ses admirateurs tout en les invitant à rester chez eux pour le bien commun.

L'auteur-compositeur-interprète innu Scott-Pien Picard, en prestation extérieure à Montréal.

L'auteur-compositeur-interprète innu Scott-Pien Picard, en prestation extérieure à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Le ténor et compositeur Jeremy Dutcher, un Wolastoqiyik (Malécite) de la Première Nation Tobique dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick devait commencer une tournée québécoise avec un premier arrêt à Laval le 20 mars.

Toutes les représentations ont été annulées, mais l’artiste a annoncé en début de semaine, sur Facebook et Twitter, qu’il offrirait des spectacles sur Facebook en direct de son salon.

Il se réjouit de rejoindre ainsi un large public.C'est une façon cool de démocratiser l’art parce que les gens en ont besoin maintenant, déclarait-il à CBC News.

Intérieur. Le musicien chante, assis au piano à queue. Un violoniste joue derrière lui.

Jeremy Dutcher a reçu le prix pour l'Album autochtone de l'année aux Junos 2019.

Photo :  Radio-Canada

L’auteur et poète wendat Louis-Karl Picard-Sioui utilise lui aussi les réseaux sociaux pour donner de ses nouvelles et inciter tout le monde à suivre les consignes de santé et sécurité dictées par le gouvernement québécois.

Les événements et autres salons du livre auxquels il devait participer n’auront pas lieu, mais celui qui est aussi aux commandes du Salon du livre des Premières Nations (SLPN) compte partager prochainement quelques extraits de textes qu’il a écrits récemment.

Enfin, quelques pow-wow ont annoncé leur annulation ou leur report au pays. C’est le cas du First Nations University Competition Pow wow de Regina en Saskatchewan qui devait avoir lieu les 18 et 19 avril. Aucune nouvelle date n’a été annoncée.

Le Gold Horse Casino Competition Pow wow, de Lloydminster en Alberta, prévu du 8 au 10 mai a choisi d’annuler l’événement annuel.

Wapikoni prend une pause

 Le studio mobile Wapikoni ralentit  lui aussi ses activités face à la propagation de la COVID-19.

Les délégations internationales, les ateliers de sensibilisation, ou encore sa participation à un forum des Nations unies sur les questions autochtones sont annulés pour les deux prochaines semaines.

« Nous avons donc décidé d’appliquer les mesures mises en place par les gouvernements [...] pour contenir et ralentir la propagation du virus afin que nos frères et sœurs les plus vulnérables puissent obtenir les soins dont ils auront besoin », peut-on lire dans un communiqué.

En entrevue, la directrice de Wapikoni, Odile Joannette, affirme que le studio ambulant tente déjà de développer des façons alternatives de diffuser son contenu, notamment à travers son site web.

Avec les informations de Laurence Niosi

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