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Endiguer les préjugés et le racisme envers les Autochtones

Une pancarte qui dénonce le racisme dans les arénas, au match antiracisme de Gesgapegiag.

Une pancarte qui dénonce le racisme dans les arénas, au match antiracisme de Gesgapegiag.

Photo : Radio-Canada

Les deux tiers des Canadiens entretiendraient des préjugés négatifs à l’égard des Autochtones, selon une enquête de l’Institut Environics. Mythes et réalités sur les peuples autochtones, un manuel de l'anthropologue Pierre Lepage mis à jour et bonifié en 2019, sert à éradiquer les affabulations tenaces.

« Vous ne payez pas d’impôts et de taxes ». Quel membre des premiers peuples n’a pas déjà entendu ce commentaire, forgé à partir de préjugés coriaces? Beaucoup de commentaires erronés circulent toujours, perpétuant l’ignorance et l’intolérance.

Pour démystifier les enjeux et réalités autochtones, l’anthropologue Pierre Lepage a écrit, en 2002, Mythes et réalités sur les peuples autochtones (Nouvelle fenêtre). Il souhaitait dès le départ éduquer pour lutter contre les préjugés.

La grande majorité des jeunes du secondaire que rencontrait Pierre Lepage lors de ses tournées dans les écoles à cette époque « étaient convaincus que les gens ne payaient pas leur compte d’électricité, qu’ils avaient des maisons gratuites, qu’ils avaient plus de droits que les Québécois », dit-il.

Son objectif avec l’ouvrage a été de « donner aux gens des points de repère pour sortir de ce discours ».

Tout le monde n’est pas bien dans le mépris public et les gens ne demandaient pas mieux que d’en sortir.

L'anthropologue Pierre Lepage

Dix-huit ans plus tard, son ouvrage est plus utile que jamais alors que les médias, réseaux sociaux et autres discussions autour de la machine à café se déchaînent autour du conflit opposant la nation Wet’suwet’en et des diverses manifestations à travers le pays.

Le consultant en éducation des Premières Nations, Marco Bacon, un Innu de Pessamit, se rappelle que lorsqu’il était enfant, il était obligé d’apprendre par cœur le petit catéchisme « pour tracer notre voie vers le seigneur », rigole-t-il aujourd’hui.

Selon lui Mythes et réalités sur les peuples autochtones est, de nos jours, l’« outil indispensable ».

Celui qui était jusqu’en 2019 directeur du Centre des Premières Nations Nikanite, à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), a constaté que les étudiants non autochtones qui avaient utilisé l’ouvrage dans le cadre de travaux « participaient et voulaient travailler avec nous quand on organisait des activités ». « Ça a eu un impact direct sur un genre de rapprochement », a-t-il constaté.

Si certains ont fait leurs devoirs pour comprendre les enjeux, d’autres diffusent ou racontent faussetés, demi-vérités ou préconceptions.

Espaces autochtones en direct : Les mythes et les réalités


L’ethnologue Isabelle Picard relève cinq croyances populaires qui ont toujours la vie dure :

1. Vous ne payez pas d’impôts et de taxes

Correction : Les Inuit et les Métis paient des impôts. Quant aux Premières Nations (Indiens inscrits), seules les personnes qui vivent sur réserve n’en paient pas. Il existe peu d’entreprises ou d’emplois dans les communautés, le principal employeur est le conseil de bande.

Pour ce qui est des taxes, chaque province a sa politique. Au Québec, seuls les biens livrés sur réserve sont exemptés de taxes.

2. Vous avez votre chèque

Correction : Personne ne reçoit un chèque mensuel parce qu’il est autochtone. Si un Autochtone est sur l’aide sociale, il recevra le même montant que n’importe quel autre Canadien dans la même situation.

3. Vous avez des maisons gratuites et vous ne payez pas votre électricité

Correction : Les contraintes imposées par la Loi sur les Indiens font que très peu d’Autochtones pourront devenir propriétaires de leur maison. Les Autochtones paient leur électricité comme tout le monde.

4. Toi, ce n’est pas pareil, tu t’es adapté

Correction : L’habit ne fait pas le moine. Il n’y a pas qu’une seule réalité autochtone, mais bien plusieurs.

5. On a gagné la guerre

Correction : il n’y a pas eu de guerre, sinon quelques batailles. Le Canada a plutôt été fondé sur le « terra nullius » (« Terre sans maître ») alors que les Européens disaient avoir découvert un territoire.

Produit par l'Institut Tshakapesh, Mythes et réalités sur les peuples autochtones (Nouvelle fenêtre) a été coédité avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

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