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La GRC offre de se retirer du territoire wet'suwet'en

Des policiers, en hiver, se trouvent au bord d'une route dans la forêt. Des machines lourdes sont vues près d'eux.

Des agents de la GRC laissent passer des travailleurs du gazoduc Coastal GasLink dans le nord de la Colombie-Britannique, près de Houston, le 9 janvier dernier.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Radio-Canada

Au moment où des chefs héréditaires de la nation wet'suwet'en s'apprêtent à rencontrer des membres des communautés mohawks de l'Ontario et du Québec, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a offert jeudi de retirer son poste mobile du territoire wet'suwet'en, en Colombie-Britannique.

La GRC indique toutefois qu'elle ne retirera son poste, qui se trouve sur le chemin de service menant au chantier du gazoduc Coastal GasLink, qu'à condition que les chefs héréditaires s'engagent à ne plus entraver cette route.

Cette offre, qui répond à l'une des demandes des chefs héréditaires, permettrait d'avancer dans une résolution éventuelle de la crise, selon le ministre fédéral de la Sécurité publique Bill Blair, qui a confirmé que la GRC a fait cette proposition.

Si la proposition était acceptée, le corps policier ne serait plus sur le territoire de la communauté wet'suwet'en et il déploierait ses agents dans la ville voisine de Houston.

La GRC a évalué que la sécurité de la route, ainsi que celle des personnes décidant de l'emprunter, peut être assurée adéquatement en redéployant de ses ressources dans la ville de Houston, a déclaré le ministre Blair lors d'une conférence de presse jeudi.

Sur Twitter, le chef de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, s'est réjoui de cette offre. Ce développement est une importante étape pour le progrès, le dialogue et la sécurité, a-t-il tweeté.

Trois ministres fédéraux, deux hommes et une femme, se tiennent devant des journalistes. Des micros et des caméras sont pointés vers eux.

De gauche à droite : Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones, Bill Blair, ministre fédéral de la Sécurité publique, et Carolyn Bennett, ministre des Affaires autochtones et du Nord, lors d'un point de presse le 20 février 2020.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

L'offre de la police fédérale a été faite à la suite du refus des chefs héréditaires wet'suwet'en de rencontrer la ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, tant que la GRC demeurerait sur leur territoire. La ministre leur avait envoyé une lettre mercredi pour les convier à une réunion en personne avec des représentants du gouvernement fédéral et provincial.

Jeudi, en fin d'avant-midi, le chef héréditaire Na’moks a indiqué à Radio-Canada que cette proposition est un pas dans la bonne direction, mais que ce n'est pas suffisant. Il ajoute qu’une rencontre n’aura lieu que si Coastal GasLink se retire aussi temporairement.

Le gouvernement n'a pas reçu de réponse de la part des chefs héréditaires, a pour sa part indiqué la ministre Bennett.

Visite en Ontario et au Québec

Pendant ce temps, cinq chefs héréditaires wet'suwet'en se dirigent vers le Québec et l'Ontario, où ils rencontreront des membres de la communauté mohawk de Kahnawake, près de Montréal, et de Tyendinaga, en Ontario, afin de les remercier pour leur soutien.

Selon le chef héréditaire Na’moks, les cinq chefs se dirigeront vers Kahnawake, près de Montréal, où les manifestants bloquent depuis une dizaine de jours la ligne exo 4, qui relie Candiac à Montréal, en signe de solidarité avec les chefs héréditaires.

Les dirigeants devraient arriver vendredi ou samedi, a déclaré mercredi le secrétaire de la nation mohawk de Kahnawake, Kenneth Deer. Ils se dirigeront ensuite vers Tyendinaga, où des contestataires bloquent depuis plusieurs semaines des voies ferrées de Belleville, en Ontario. Les manifestants empêchent notamment tout trafic d’est en ouest sur le réseau du CN, ainsi que la circulation des trains de l’est du pays vers le centre des États-Unis.

Une personne se trouve près d'une voie ferrée. Des drapeaux et des pancartes se trouvent près des rails.

Des membres de la communauté mohawk Tyendinaga, en Ontario, bloquent une voie ferrée en signe de solidarité avec les chefs héréditaires wet'suwet'en.

Photo : Reuters / Carlos Osorio

Selon la ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, les chefs vont passer deux jours à chaque destination.

Des ministres pourraient par ailleurs prendre part aux visites, s'ils s'y font inviter. Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a indiqué jeudi aux Communes que la ministre Bennett et lui étaient prêts à partir à tout moment et qu'il avait fait part de sa volonté d'être à la table des discussions.

C'est l'occasion d'avoir tout le monde autour d'une même table, ce qui est exactement ce que tout le monde réclamait pour parvenir à résoudre pacifiquement le conflit, a-t-il soutenu.

Il a également demandé aux Canadiens de faire preuve de patience afin que la crise se règle sans violence. Il existe des méthodes expéditives pour résoudre des conflits, mais ce ne sont pas de bonnes façons de faire la majorité du temps, a-t-il dit.

Le projet de gazoduc Coastal GasLink est au cœur du conflit qui est à l'origine des blocages ferroviaires actuels. Les chefs héréditaires de la Première Nation des Wet’suwet’en soutiennent que le projet n’a pas eu l’aval de la communauté et s’y opposent. Ils affirment qu'ils sont les seuls à pouvoir consentir à un projet qui traverse leur territoire ancestral, qui n'a jamais été cédé par traité.

De leur côté, 20 conseils de bande, dont 5 conseils de bande Wet'suwet'en, le long du tracé du gazoduc, ont approuvé le projet.

Des manifestations et des blocages de voies ferrées en soutien aux opposants du projet ont lieu un peu partout au pays depuis que la GRC a fait exécuter une première injonction, en février, interdisant à quiconque de bloquer l'accès au chantier de gazoduc Coastal GasLink.

Avec les informations de Timothé Matte-Bergeron

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