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Wet'suwet'en : le grand chef de Kanesatake fait marche arrière

Serge Otsi Simon s'adresse aux médias.

Le grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon, a lu sa lettre devant les médias.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Contesté par des membres de sa communauté, le grand chef de Kanesatake Serge Simon s'est prêté à un mea culpa public mercredi en revenant sur ses déclarations faites la veille à Ottawa, dans lesquelles il suggérait de mettre fin au blocage des trains.

J'ai fait une déclaration un peu prématurée, a déclaré le grand chef mercredi lors d'un point de presse, alors que ses opposants se tenaient à moins de 100 mètres de lui.

Le grand chef de la petite communauté mohawk au nord-ouest de Montréal fait face à une vive contestation chez lui depuis ses déclarations d'abord dans les médias, puis lors d'un point de presse à Ottawa, où il suggérait de mettre fin aux manifestations en appui à la nation Wet'suwet'en, dont les chefs héréditaires s'opposent au passage d'un gazoduc en Colombie-Britannique.

Une dizaine de Mohawks, pancartes en main, manifestent leur mécontentement depuis mardi devant le bureau du conseil de bande qu'ils ont verrouillé pendant 24 heures avec une chaîne et un cadenas.

Après de longues négociations à huis clos avec les manifestants, en bordure de la route 344, le grand chef est sorti avec une déclaration écrite en main, qu'il a lue aux journalistes présents.

S'il exhorte le premier ministre Justin Trudeau à réfléchir à la façon dont il agira, il reconnaît toutefois qu'un chef doit parfois savoir quand diriger et quand suivre. Il est temps pour moi de suivre, a-t-il admis.

Après avoir écouté les critiques de mes citoyens et d'autres, et quand j'ai vu comment mes commentaires ont été interprétés pour essayer de diviser et régner sur les Autochtones au Canada, j'aimerais retirer mes commentaires d'hier, a-t-il ajouté.

Serge Simon a ensuite souligné qu'il appartient aux chefs sur le terrain de lever ou non les barricades sur les voies ferrées.

Je n'ai que de l'admiration et du respect pour les Autochtones qui défendent leurs droits, leurs territoires et l'avenir de leur planète, a par la suite commenté la plus haute autorité de Kanesatake, qui a pu réintégrer son bureau quelques instants plus tard.

« Un début »

Surpris par la volte-face du chef, les manifestants ont bien accueilli la déclaration de Serge Simon, mais n'ont pas voulu donner de commentaires immédiatement après. C'est un début, a déclaré l'un d'eux, Al Harrington, un Anichinabé qui réside à Kanesatake depuis plus de 10 ans.

Le grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon, lit une lettre à des manifestants l'empêchant d'entrer dans ses bureaux de fonction.

Le grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon, a négocié avec des manifestants qui désapprouvaient sa suggestion de mettre fin au blocage des trains.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Un peu plus tôt, M. Harrington avait déploré les propos du grand chef, qu'il voyait comme une trahison envers les frères et soeurs qui s'étaient battus lors de la crise d'Oka, il y a bientôt 30 ans.

Les blocages ont une importance politique et symbolique, a renchéri Lisa Gibson, également venue manifester devant les bureaux du grand chef. Enfin on nous entend, enfin nous sommes unis, a-t-elle déclaré.

Les plus récentes déclarations du grand chef Serge Simon n'ont fait que raviver la grogne qui monte déjà depuis plusieurs mois. De nombreux membres de la communauté lui reprochent de ne pas consulter sa population, que ce soit au sujet de la création d'une police locale ou d'accords signés avec des promoteurs immobiliers. La dernière assemblée publique du conseil date de septembre.

C'est vrai qu'il y a de l'impatience, a reconnu M. Simon en point de presse.

En ce moment, il y a un processus de guérison interne qui doit se faire et j'espère que ma déclaration d'aujourd'hui est un pas dans cette direction, a-t-il ajouté.

Avec des informations de Kate McKenna

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