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Les mille et un usages de la ceinture métisse

Vania Gagnon pose devant la ceinture fléchée exposée dans une vitrine du musée.

La directrice du Musée de Saint-Boniface, Vania Gagnon, pose devant une ceinture fléchée ayant appartenu à Louis Riel.

Photo : Radio-Canada / Lenard Monkman

Radio-Canada

Hé Ho! C’est le Festival du Voyageur : une célébration d’une époque (celle de la traite des fourrures), d’une culture (celle des Métis) et d’une langue (le français). Mais aussi une fête qui veut convier tout le monde, toutes origines confondues, à fêter ensemble une joie de vivre qui se veut inclusive. Au coeur de tous ces messages et de tous ces symboles se trouve la ceinture fléchée que portent fièrement beaucoup de festivaliers.

Les ceintures métisses, pour moi, racontent des histoires. Qu’elles soient tissées à la main ou au métier, elles racontent toujours une histoire. Celle qui s’exprime ainsi, Teresa Byrne, est la coordonnatrice culturelle au Louis Riel Institute de la Fédération métisse du Manitoba.

À ses yeux, porter une ceinture fléchée, de nos jours, c’est montrer la fierté des Métis envers leur patrimoine.

Je suis une fière Métisse et je ne porte pas cette ceinture fléchée seulement à l’occasion du Festival du Voyageur, mais pour divers événements, dit-elle. Pour moi, ça veut dire honorer ma nation et être fière de ce que nous sommes, plutôt que de nous cacher.

Teresa Byrne devant son métier.

Teresa Byrne et le métier avec lequel elle confectionne des ceintures fléchées.

Photo : Radio-Canada / Lenard Monkman

La ceinture fléchée n’est pas que l’apanage des Métis, rappelle-t-elle. Les Métis ont adopté la ceinture de l’Assomption, du nom de ce village du Québec d’où elle tire ses origines. La ceinture fléchée fait aussi partie du patrimoine culturel de bien des francophones au pays.

Cindy Desrochers fait une démonstration de tissage aux doigts. Elle tient entre ses doigts une ceinture qui n'est pas encore terminée et sourit.

Cindy Desrochers tisse des ceintures fléchées « aux doigts », sans faire appel à un métier.

Photo : Radio-Canada / Lenard Monkman

Ainsi, l’ethnologue spécialisée en ceintures fléchées, Monique Genest LeBlanc, rappelle que la ceinture colorée de l’habitant du Bas-Canada est une création des francophones qui sont arrivés dans l’Ouest vers 1816.

Teresa Byrne précise que la ceinture métisse n’était pas portée avant tout en tant qu’accessoire de mode.

Dans les premiers temps des Métis, elle était utile pour de nombreuses activités liées à la vie dans les Prairies. Les hommes la portaient autour du ventre pour les protéger des hernies, dont on mourait à l’époque, dit-elle. La ceinture aidait donc les muscles abdominaux à rester bien en place.

La ceinture fléchée pouvait aussi servir pour un garrot, pour la couture, pour entreposer le pemmican ou pour garder des clés.

Les voyageurs qui partaient pour de longs mois avaient leurs clés attachées à leur ceinture, un peu comme une chaîne, dit-elle.

Les couleurs de la ceinture pouvaient quant à elles indiquer quel était l’employeur d’un voyageur pendant la traite des fourrures.

Les voyageurs qui travaillaient pour la Compagnie de la Baie d’Hudson recevaient une ceinture rouge. Elle était bleue si vous étiez avec la Compagnie du Nord-Ouest, explique Teresa Byrne.

Les Métis ont par la suite mêlé les deux couleurs pour créer leurs propres ceintures, dit-elle.

Les Métis étaient intelligents, ils connaissaient leurs affaires. Alors, créer leurs propres ceintures fléchées en devenant des hommes libres, c’était quelque chose à l’époque.

Une ceinture métisse est étalée sur un présentoir à côté d'autres artefatcs.

Cette ceinture fléchée a été portée par le leader métis Elzéar Goulet. Elle a été donnée au Musée de Saint-Boniface dans les années 1960.

Photo : Radio-Canada

Teresa Byrne a appris à tisser les ceintures au métier et en a confectionné pour l’Université de Winnipeg, l’Université du Manitoba ou pour des particuliers.

Quand quelqu’un lui demande une ceinture, elle lui pose toujours des questions au sujet de ses expériences de vie, de ses centres d'intérêt, de ses couleurs favorites.

Quant à elle, sa ceinture favorite est celle qu’elle a confectionnée pour son conjoint. Elle comprend le drapeau de la Première Nation Peguis et la ceinture Wampum avec deux rangs, pour rendre hommage à son patrimoine mohawk.

Les trésors métis du Musée de Saint-Boniface

Le Musée de Saint-Boniface, ancien couvent des sœurs grises, est aussi le plus vieux bâtiment de Winnipeg. On y trouve de nombreux artéfacts métis, telle que la ceinture fléchée de Louis Riel.

Extérieur du musée de Saint-Boniface, où se trouve un buste de Louis Riel.

Le musée de Saint-Boniface abrite l'ancien couvent dirigé par les Soeurs grises, le premier hôpital de l’Ouest du Canada. Louis Riel y a fait une partie de ses études.

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

Depuis 2008, la province du Manitoba célèbre la Journée Louis Riel le troisième lundi de février. À l'occasion du 150e anniversaire du Manitoba, le Musée de Saint-Boniface sera ouvert au public gratuitement toute l’année. Une occasion parfaite pour y découvrir ses nombreux trésors.

Selon la directrice du Musée, Vania Gagnon, la Journée Louis Riel n’est pas seulement l'occasion de souligner le héros, mais aussi pour honorer la mémoire des Métis qui faisaient partie de son entourage.

Louis Riel ne vivait pas dans un vacuum, rappelle-t-elle. Il avait des collègues, des amis, des cousins, des alliés, et c’est cette communauté qui était ici, cette communauté très vibrante que nous nommons les Métis.

À redécouvrir :

Notre dossier sur les grands-parents de Louis Riel, premier couple de Blancs à vivre dans l'Ouest canadien : Héros dans l’Ouest, zéro dans l’Est.

Avec des informations de Lenard Monkman

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