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Protection de l’enfance : les Atikamekw, le modèle qui inspire

Le grand chef et président de la nation atikamekw, Constant Awashish.

Le grand chef et président de la nation atikamekw, Constant Awashish.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Laurence Niosi

Autonome depuis plus d’un an, le système de protection de l’enfance atikamekw a fait du chemin depuis les années 1980. Devant la commission Laurent jeudi, le grand chef Constant Awashish a fait valoir la pertinence de ce système qui a fait ses preuves et dont de nombreuses communautés autochtones aimeraient s’inspirer.

« Ça représente ce que nous sommes culturellement. Tranquillement, on revient avec nos valeurs et notre philosophie, même s'il y a eu une coupure avec les pensionnats », a affirmé le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish, devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, à Montréal.

Le chemin vers l’autonomie des Atikamekw en matière de protection de l’enfance est un long processus qui a commencé dans les années 1980. Mais leur acharnement a été récompensé. Au tournant des années 2000, la nation a réussi à modifier la Loi sur la protection de la jeunesse, permettant au gouvernement de signer des ententes avec les communautés afin d’adapter leurs services.

Ainsi est né le Système d’intervention d’autorité atikamekw (SIAA).

Quelle est la recette des Atikamekw? Selon Alice Cleary, directrice de la protection sociale du SIAA, on la doit à une forte mobilisation de la nation, à la contribution des aînés et des familles et aux nombreuses consultations qui ont eu lieu dans les années 90.

Concrètement, le système fait une plus grande place à l’enfant et à la famille élargie. La plupart des dossiers sont traités par un conseil de famille ou encore un conseil de sages. Les intervenants sont atikamekw et peuvent converser avec les familles dans cette langue, parlée par 95 % de la population.

Avec comme résultat que les cas de judiciarisation, c’est-à-dire d’affaires transférées au tribunal, ont chuté de 80 %. Les enfants ne sont plus placés dans des familles non atikamekw.

« On a démontré qu'on était capables de s'occuper de nos enfants. C’est un baume à notre identité », estime le grand chef Awashish en entrevue à Espaces autochtones.

Ce dernier voit d’un bon oeil la mise en oeuvre récente de la loi C-92, loi fédérale qui permet aux communautés autochtones d’organiser elles-mêmes leurs services de protection de la jeunesse. Il y voit une occasion de passer « à un niveau d'autodétermination supérieur ».

Pendant les trois jours des audiences réservées aux enjeux autochtones, plusieurs intervenants ont critiqué la Loi sur la protection de la jeunesse du Québec, trop « rigide », qui contribuerait à la surreprésentation des enfants autochtones en foyer d'accueil en dehors des communautés d'origine. Ils s’y trouvent ainsi coupés de leur langue, de leur culture et de leur famille.

Valérie Lahache, intervenante sociale à la protection de la jeunesse à Kahnawake, a même comparé le système de protection de la jeunesse aux pensionnats autochtones.

L’entente entre Québec et les Atikamekw reste encore un cas unique dans la province et même au pays. D’autres communautés seraient intéressées à répliquer la même formule, notamment les Mohawks de Kahnawake.

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