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Commission Laurent : plaidoyer pour un commissaire autochtone à l’enfance

La directrice générale de la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, Cindy Blackstock, à la commission Laurent, le mercredi 12 février 2020.

Photo prise à la commission Laurent, Montréal,  Québec, Canada.

Sur la photo : (de gauche à droite) Cindy Blackstock, directrice générale  de la société des l’enfance et à la famille des Premières Nations du Québec. 

Le 12 Février 2020    2020/02/12

La directrice générale de la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, Cindy Blackstock, à la commission Laurent, le mercredi 12 février 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des chefs, militants et travailleurs en santé ont plaidé mercredi devant la commission Laurent pour un système de protection de l’enfance adapté aux besoins des Autochtones. Certains réclament la création au Québec d’un poste de commissaire spécifique aux Premières Nations, qui veillerait à ce que les recommandations des différentes commissions d’enquête soient respectées.

Ce commissaire serait un ombudsman qui pourrait recevoir des plaintes par des gens directement affectés, ou leur famille pourrait rapporter des situations qu’elles trouvent inacceptables, a précisé le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

L’organisation autochtone a soumis un mémoire présentant des recommandations pour « mettre fin au racisme systémique » et aux inégalités. Dans la province, de 5 % à 6 % des enfants vivant dans les communautés sont placés en foyers, soit huit fois plus que chez les autres enfants québécois. Une tendance qui va en s’accélérant.

Dans ce mémoire, on suggère notamment la création d’un poste de commissaire autochtone indépendant, dont le rôle serait défini par les chefs de l’APNQL.

La directrice générale de la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, Cindy Blackstock, y voit là une excellente initiative. Cela fait 113 ans que les commissions qui se succèdent ignorent les recommandations relatives aux enfants des Premières Nations. [....] Il doit y avoir une sorte d'agence de surveillance qui accorde une attention particulière à leur mise en œuvre, souligne la professeure et militante, également présente à la commission présidée par Régine Laurent.

Geoffrey Kelley, pendant longtemps ministre responsable des Affaires autochtones au sein de gouvernements libéraux à Québec, a pour sa part souligné pendant les audiences qu'il « ne manquait pas » de bonnes suggestions et d'appels à l'action, évoquant notamment la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec. Il a ajouté qu'il fallait avant tout une volonté politique pour les mettre en oeuvre.

Plus grande autonomie

Les communautés autochtones réclament depuis des années une plus grande autonomie dans la protection de l’enfance, un système « brisé », disent-elles. À titre d’exemple, le chef Ghislain Picard évoque Xavier Mushum, un Anichinabé de Lac-Simon qui a perdu sa langue et sa culture après être passé par 14 foyers d’accueil à l’extérieur de sa communauté. Après avoir sombré dans la dépression et la toxicomanie, le jeune trentenaire a réussi à guérir, avec l’aide des siens.

Des enfants comme Xavier, il y en a beaucoup. Il y a une réalité qui est la nôtre, dit M. Picard.

Cindy Blackstock, qui a poursuivi le gouvernement canadien en cour pour faire valoir les droits des enfants des Premières Nations, souligne par ailleurs que les modèles québécois et canadien n’ont jamais fonctionné pour ces enfants.

Il n'y a jamais eu de moment dans l'histoire où les enfants des Premières Nations ont été plus en sécurité qu'avant la colonisation, avant que ces autres systèmes [ne] s'enclenchent, souligne-t-elle.

Contestation de C-92

Les intervenants mercredi en ont profité au passage pour écorcher le gouvernement du Québec et sa contestation judiciaire de C-92, loi fédérale qui permet aux communautés autochtones d’organiser elles-mêmes leurs services de protection de la jeunesse. Le gouvernement du Québec estime qu'Ottawa empiète dans son champ de compétence.

C'est comme dire que le Québec sait plus que vous. C'est une atteinte à nos sociétés, à nos croyances. C’est dire : "Nous soutenons votre autonomie, mais en autant que ça reste dans notre façon de faire les choses", a affirmé Derek Montour, président du conseil d'administration de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL).

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