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Racines autochtones d'Alexandra Lorange : des étudiants exigent des réponses de l’UQAM

Un pavillon de l'UQAM.

Un pavillon de l'UQAM

Photo : iStock

Des étudiants autochtones de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) se disent préoccupés par les révélations d'Espaces autochtones au sujet des origines d’une de ses chargées de cours et pressent l'établissement d'agir.

Dans un reportage paru vendredi, des chercheurs en généalogie affirment ne trouver à Alexandra Lorange, qui se prétend atikamekw, aucun ancêtre autochtone avant la 12e génération dans sa lignée. Des chefs atikamekw disent ne pas la connaître.

La militante, qui coenseigne le cours Femmes autochtones du Québec, a également obtenu en 2018 une bourse de soutien réservée aux étudiants autochtones du Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIERA) de l’Université Laval.

Dans une lettre envoyée à Vincent Romani, professeur et directeur des études de 1er cycle en science politique, dont Espaces autochtones a obtenu copie, le collectif d’étudiants autochtones estime que « la relation de confiance entre la chargée de cours et ses étudiantes et étudiants est ébranlée ».

Le collectif, un noyau de quatre étudiants, demande à l'établissement de « prendre les mesures nécessaires », entre autres en intégrant les Premières Nations dans l'établissement de critères quant à l'attribution de bourses ou de postes.

« Les questions d’autodéclaration et d’appropriation identitaire doivent être prises au sérieux afin d’éviter que des membres issus des Premières Nations soient mis de côté au profit d’individus non membres », peut-on lire également.

Une réunion a été convoquée mardi matin entre ces étudiants et notamment le doyen de la Faculté de science politique et de droit, Hugo Cyr.

Analyste juridique et politique à Femmes autochtones du Québec, Alexandra Lorange affirme être une Atikamekw.

Analyste juridique et politique à Femmes autochtones du Québec, Alexandra Lorange affirme être une Atikamekw.

Photo : Tirée du site web de Femmes autochtones du Québec

Une étudiante en science politique cosignataire de la lettre aux autorités de l'UQAM, Marie-Kristine Petiquay, membre également de la nation atikamekw, trouve la situation de Mme Lorange inacceptable.

« Statuée ou pas, si une personne parvient à démontrer ses liens familiaux, nous l'accueillerons à bras ouverts. [...] Mais malheureusement, Mme Lorange n'est pas parvenue à démontrer ces liens familiaux avec la nation à laquelle elle dit appartenir », affirme la jeune femme à Espaces autochtones.

Le collectif d'étudiants, ajoute-t-elle, aimerait entendre des excuses formelles de la chargée de cours.

Dans une note écrite, l’UQAM se dit « sensible aux préoccupations qui sont exprimées entourant l’enjeu de l’autodéclaration ». « À la suite des événements des derniers jours, des réflexions sont en cours pour traiter de cette question, et ce, dans une perspective d’amélioration continue de nos façons de faire », écrit la porte-parole de la direction de l'établissement, Jenny Desrochers.

Par ailleurs, elle précise que les deux personnes qui enseignent le cours Femmes autochtones du Québec « seront rencontrées ».

Femmes autochtones du Québec veut « faire la lumière » sur les allégations

Dans un communiqué envoyé mardi matin, Femmes autochtones du Québec (FAQ) a aussi tenu à réagir aux allégations touchant Mme Lorange, qui est également analyste juridique au sein de cet organisme.

FAQ se dit « sensible à la question d’autodéclaration et d’appropriation identitaire » mais « tient à faire la lumière » sur les allégations avant de se prononcer.

« [...] nous tenons à préciser qu’en tant qu’organisation autochtone nous priorisons et favorisons l’embauche de personnes, femmes ou hommes, issues des Premières Nations. Cependant, cet aspect n’empêche aucunement l’embauche de personnes allochtones se présentant comme des alliées et ayant à cœur l’avancement des enjeux qui touchent les femmes autochtones », peut-on lire dans un communiqué.

Par ailleurs, l'organisme précise que la sélection des enseignants du cours Femmes autochtones du Québec, qu'il a mis sur pied il y a quelques années en collaboration avec l'UQAM, revient à l'université. Mais a priori, la préférence devait être donnée à un Autochtone, ajoute FAQ.

Avec les informations d'Anne-Marie Yvon

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