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Des navigateurs pour aider les itinérants autochtones

Un itinérant à Montréal.

Les Autochtones sont surreprésentés au sein des itinérants à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs échouent à Montréal parce qu'ils fuient une réalité difficile dans leur communauté d'origine. Les Autochtones, qui représentent une fraction de la population, comptent pour 12 % des itinérants dans la métropole.

Pour mieux accompagner ces itinérants, des Autochtones travaillent maintenant à les orienter dans le réseau de la santé et des services sociaux. Baptisés navigateurs, ils font partie des solutions conçues « pour et par » les Autochtones pour tenter d'endiguer ce problème.

Ils sont quatre qui quêtent à la même intersection. Un Anichinabé d'Abitibi, un Inuk de l'île de Baffin et deux femmes inuit de Kuujjuarapik, à 1000 kilomètres au nord de Montréal.

Je suis venue me faire soigner et je ne veux plus retourner au Nord, dit Lizie Akpahakak. Sa cousine affirme, elle, être venue en vacances.

Je suis arrivée il y a trois ans et je ne suis jamais repartie, confie-t-elle.

Deux femmes inuit

Lizie Akpahakak (à gauche) et sa cousine, deux femmes inuit.

Photo : Radio-Canada / David Gentile

Elles disent être mieux à Montréal que dans leur village natal, même si elles vivent dans la rue. Cette situation est vécue par un nombre disproportionné d'Inuits. Ils ne représentent que 0,04 % de la population de la métropole, mais comptent pour 3 % des itinérants, selon le dernier décompte du 24 avril 2018.

Quant aux Premières Nations, elles représentent 0,3 % de la population de Montréal, mais 5 % des itinérants. Enfin ceux qui se déclarent Métis représentent 0,3 % des Montréalais et 4 % des itinérants.

Un appui aux Autochtones par des Autochtones

Des «navigateurs» pour aider les itinérants autochtones

Au milieu du groupe, un homme qui porte une tuque aux couleurs de Médecins du monde discute avec les itinérants. Mon rôle se situe au niveau médical. Faire des accompagnements vers les hôpitaux et les pharmacies, explique-t-il.

Jimmy Siméon, un Innu de 28 ans, travaille avec l'ONG. Il occupe un nouveau poste dit de « navigateur ».

C'est que plusieurs Autochtones arrivent à Montréal sans papiers et sans le sou. Et plutôt dépourvus face aux méandres du réseau de la santé et des services sociaux. Son rôle est de les aider à « naviguer » dans un réseau créé, souvent étranger aux Autochtones.

J'ai une connaissance des réalités autochtones qui me permet de faire ce travail-là, dit Jimmy Siméon.

Il fait partie d'un groupe de trois Autochtones embauchés pour être navigateurs dans les rues de Montréal.

C'est ce qu'on appelle le "pour et par". Pour la communauté autochtone qui identifie un problème et par la communauté autochtone qui élabore la solution, dit l’infirmière Pénélope Boudreault qui est aussi coordonnatrice de Médecins du monde.

Selon elle, la présence de travailleurs autochtones facilite les choses avec les itinérants autochtones.

Les navigateurs sont ce lien qui manquait vers les ressources du réseau.

Pénélope Boudreault, infirmière

Et une fois le lien établi, les navigateurs accompagnent les itinérants aux rencontres avec les spécialistes du réseau. Mais cette étape prend parfois des mois.

Naviguer à travers les écueils du racisme

Entre-temps, le travail de navigateur consiste aussi à jouer le rôle de tampon avec le reste de la population.

Tandis qu'il longe l'avenue du Parc, Jimmy rencontre une femme qui dénonce la présence d'un groupe d'Autochtones à l'entrée de son commerce. La police ne fait rien et il y a des excréments, relate la dame, visiblement excédée, qui réclame qu'on leur construise une toilette.

C'est lié à l'ignorance. Mais les situations où on est confrontés à du racisme, c'est constant, constate Jimmy Siméon.

Il estime que les Montréalais doivent s'adapter à la présence d'Autochtones. Surtout que c'est le système qui découle de la colonisation qui a créé cette crise-là, affirme-t-il.

Ce genre de programme existe ailleurs au Canada. Le Québec est un peu en retard là-dessus, estime Pénélope Boudreault.

Le projet est financé par Services aux Autochtones Canada. Et Médecins du monde, bien qu'initiateur du programme, ne souhaite pas en garder la gestion à long terme. Dans un an et demi, ça va passer à un groupe autochtone de la communauté, dit Mme Boudreault.

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