•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Haro sur le racisme envers les Autochtones

À Espaces autochtones en direct cette semaine, nous discutons du racisme que vivent les gens issus des premiers peuples.

À Espaces autochtones en direct cette semaine, nous discutons du racisme que vivent les gens issus des premiers peuples.

Photo : Pixabay

Le racisme, qu’il soit systémique ou non, est le lot de bien des Autochtones au pays. Des exemples nous le rappellent régulièrement. Comment mettre fin à cet enjeu de société? Trois Autochtones se prononcent.

« Les peuples autochtones sont victimes de "discrimination systémique" au Québec », avait conclu la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, lors du dépôt de son rapport en septembre dernier.

Pour Ghislain Picard, le chef de l’APNQL, le terme « discrimination » minimisait la réalité en évacuant le fond du problème, c’est-à-dire le racisme vécu par les Autochtones.  

Encore cette semaine, Le Quotidien de Saguenay rapportait qu’une jeune hockeyeuse atikamekw en avait fait les frais.   En octobre dernier, un joueur de l’équipe adverse aurait lancé à la jeune fille « Je vais te violer comme dans le temps des pensionnats. »

Et ce ne serait pas la première fois qu’elle entendait des paroles déplacées. « Kawish », « sale indien » n’ont pas raisonné que dans cet aréna. Au hockey junior, au hockey senior, en Outaouais, en Gaspésie, sur la Côte-Nord ou au Nouveau-Brunswick, les exemples sont fréquents.  

L’ethnologue Isabelle Picard cite également le cas de la présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, témoin d’un cas de discrimination à l’égard de l’amie de sa fille dans une épicerie en décembre dernier. Une caissière avait refusé de vendre de l’alcool à la jeune femme. La raison : il lui était interdit de vendre de l’alcool « aux Amérindiens ».

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Espaces autochtones en direct : Haro sur le racisme

« Le racisme naît de l’ignorance » ne peut que déplorer Isabelle Picard, en présentant un autre exemple, celui d’un grand-père et de sa petite-fille de 12 ans qui se sont fait arrêter au moment d'ouvrir un compte bancaire. La raison : une somme de 30 000 $ dans le compte du grand-père aurait provoqué la méfiance de la caissière.

Pour sensibiliser et conscientiser les non-Autochtones, diverses initiatives ont vu le jour.  La co-initiatrice du mouvement Idle No More au Québec, Widia Larivière, a cofondé en 2015 l’organisme Mikana « afin d'agir concrètement contre le racisme et la discrimination », en organisant des ateliers, en donnant des formations ou des conférences.

Cette semaine, Télé-Québec a diffusé puis publié sur son site le documentaire Briser le code (Nouvelle fenêtre), produit par Picbois Productions, dans la même intention, soit de conscientiser et d’ouvrir le dialogue aux enjeux liés au racisme. 

Le documentaire donne la parole à quatre personnes, un Innu de Pessamit Alexandre Vollant et trois personnes racisées.  Les quatre participants expliquent comment ils ont développé des comportements pour « se fondre dans la majorité blanche » et comment aujourd’hui elles tentent de briser ce code.

Un code que Widia Larivière a eu à utiliser au cours de sa vie. « Avant même que j’apprenne à mettre un mot sur ce que c’est le code, pis ces mécanismes de défense là, oui en y repensant, je pense que je l’ai fait à plusieurs reprises dans ma vie. »

Même chose pour Maïtée Labrecque-Saganash, technicienne aux communications du Conseil de la santé cri et chroniqueuse au Journal Métro. « Ça a pris forme dans les prises de position que j’avais. Je n’voulais pas faire trop de remous », dit Maïtée en expliquant que certains de ses sujets de chronique « passent moins bien » et qu’elle a utilisé l’autocensure pour se protéger.

« Même encore aujourd’hui, y’a des fois où j’aimerais écrire sur certains sujets, mais je ne peux pas, ou ça ne me tente juste pas. » ajoute-t-elle.

Maïtée Labrecque-Saganash a été invitée, avec des humoristes, à réaliser des capsules Web, (Nouvelle fenêtre) un complément au documentaire Briser le code.  Le lexique aborde l’appropriation culturelle, les biais inconscients et propose avec Autochtones 102, des notions de base pour ceux qui veulent parler des Autochtones, « parce qu’en tant que militante, c’est une frustration qu’on vit fréquemment de devoir réexpliquer ces concepts simples à outrance. » 

Maïtée assume que certaines connaissances sont déjà intégrées et souhaite aller un peu plus loin avec les informations qu’elle livre, transmises sur un ton drôle, mais informatif.

Il faut s’informer, s’éduquer pour qu’un vrai changement se produise pense Isabelle Picard qui suggère d’« intégrer des éléments des groupes marginalisés, en reconnaissant d’abord qu’il y en a (des groupes marginalisés), en intégrant des façons de faire de l’autre et en étant ouvert. »

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !