•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Reprise du dialogue entre Québec et les chefs autochtones

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, et la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours, sont réunis à Montréal, le 27 janvier 2020.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, et la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours, sont réunis à Montréal, le 27 janvier 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Laurence Niosi

Les chefs des Premières Nations ont renoué les liens avec la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours. « Nous allons travailler ensemble », a indiqué la ministre au terme de la réunion de lundi, au moment où les relations entre les Autochtones et Québec traversaient une zone de turbulences.

Il s'agissait d'une deuxième réunion entre les chefs depuis le dépôt du rapport de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP) - le rapport Viens - qui est très critique à l'endroit du gouvernement du Québec.

On ne sait pas encore combien de chantiers verront le jour, mais on sait qu'il y a énormément de pain sur la planche pour les prochaines semaines et mois, a déclaré le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, en sortant de la réunion.

Sans vouloir citer de recommandations spécifiques du rapport, le chef Picard a mentionné qu'il aimerait voir le protecteur du citoyen faire un suivi de ses appels à l'action pour qu'ils ne restent pas lettre morte. C'est ce qu'avait exigé le juge à la retraite Jacques Viens, qui présidait les travaux de la commission.

Un premier ministre absent, des réunions à venir

Comme à la première rencontre, en octobre dernier, le premier ministre François Legault n'a pas assisté à la réunion de lundi, une absence vivement dénoncée par les chefs et les organismes autochtones.

Face aux critiques, le premier ministre Legault a finalement indiqué qu'il convoquerait une rencontre au printemps avec les représentants autochtones. Lundi, les deux partis ont rappelé que la réunion était l'une parmi plusieurs autres à venir.

On a eu au moins deux opportunités pour mesurer la sincérité et l’intérêt du premier ministre, la rencontre du 16 novembre 2018 après son élection et des excuses très senties le 2 octobre. Donc, ça donne une indication qu’il y a une volonté politique, mais il faut en faire la démonstration, a déclaré le chef de l'APNQL Ghislain Picard, à Espaces autochtones avant d'entamer la réunion.

Présente à la réunion, la porte-parole de Québec solidaire en matière d’affaires autochtones, Manon Massé, s'est désolée de l'absence du premier ministre.

Ça prend absolument notre chef de nation pour s’assurer que la santé, la sécurité, l’ensemble des ministres et ministères répondent présents au défi qu’on a aujourd’hui, a-t-elle dit en début de rencontre.

La réunion se déroulait dans un contexte où la ministre D’Amours avait déclaré à Radio-Canada qu’elle mettrait en place un plan pour répondre à la commission Viens avec ou sans les chefs. Une déclaration qui les avait piqués à vif.

À ce sujet, la ministre D'Amours s'est montrée plus conciliante lundi. C'est un processus [de négociation avec les chefs] qui est totalement différent du processus parlementaire. On doit faire cela dans les règles de l'art avec les Premières Nations et les Inuit, a-t-elle indiqué, avant de préciser qu'elle souhaitait travailler de nation à nation.

Elle a par ailleurs ajouté qu'elle avait besoin d'orientations des chefs pour obtenir un budget du ministre des Finances Eric Girard et donner suite aux 142 recommandations du rapport Viens.

C-92, l'incontournable

Outre la commission Viens, la contestation par Québec de la loi fédérale C-92, qui reconnaît aux Autochtones une plus grande responsabilité dans la protection de l’enfance, était au coeur des discussions.

Québec conteste en cour cette loi en alléguant que la protection de l’enfance est de responsabilité provinciale. Une décision critiquée par les chefs et les organismes autochtones d'un bout à l'autre du pays.

Les chefs et la ministre ont également discuté du rapport de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, dont une partie des recommandations concerne spécifiquement le Québec.

Avec des informations d'Anne-Marie Yvon

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Autochtones

Politique