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La GRC surveillait des militants avant le lancement du projet Trans Mountain

Un enseigne de la Gendarmerie royale du Canada.

La GRC avait pourtant publiquement déclaré que le projet Sitka était terminé en 2016.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Deux semaines avant l’annonce du gouvernement Trudeau de réaliser le projet Trans Mountain, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait remis à jour une liste d’activistes pour les droits autochtones qu’elle avait précédemment déclaré inutilisée.

Le projet Sitka, maintenu par la GRC de décembre 2012 à la fin 2013, avait pour but d’identifier des activistes qui avaient été arrêtés et qui avaient été accusés pour ensuite les relier à diverses organisations à travers le pays.

Un total de 89 personnes avait ainsi été identifiées par la police fédérale au cours de cette période.

Pendant plus d’un an, la GRC avait arrêté de mettre à jour cette liste, jusqu’au mois de novembre 2016, quelques jours avant que le premier ministre Justin Trudeau annonce l’autorisation du projet de pipeline Trans Mountain.

Ces informations ont été obtenues par Miles Howe, un candidat au doctorat en études culturelles à l’Université Queen’s, à Kingston. M. Howe a transmis les documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information au réseau CBC.

La liste du projet Sitka comprend des personnes que la GRC juge capables d'utiliser des tactiques illégales pendant des manifestations et prêtes à le faire pour les droits autochtones.

Dans un courriel daté du 23 novembre 2016, le surintendant principal Eric Stubbs écrit à l’ensemble des divisions de la GRC qu’il souhaite mettre à jour [la liste], si nécessaire, et ajouter des noms à la liste de manifestants pour offrir un soutien aux opérations de première ligne lors de manifestations.

À l’époque, M. Stubbs était le directeur général des Opérations nationales criminelles et des Services de police contractuels et autochtones de la GRC.

Dans un autre courriel, on apprend que M. Stubbs avait précédemment rencontré des responsables du Service canadien du renseignement de sécurité, du ministère des Ressources naturelles et du ministère de la Justice pour discuter des décisions sur les pipelines.

Dans un communiqué transmis la semaine dernière, la GRC précise qu’elle n’utilise plus cette liste.

La GRC collecte et analyse des informations qui sont en lien avec des activités criminelles, peu importe l’ethnicité [des personnes concernées] et prépare des évaluations qu’elle transmet à l’administration et aux policiers de première ligne pour les informer des menaces émergentes, explique le communiqué.

Gestion médiatique

Le projet Sitka a reçu beaucoup d’attention médiatique en novembre 2016 après qu’un reportage d’APTN eut dévoilé son existence.

Dans la foulée du reportage, la GRC avait fourni des formulations de communication à l’intention des médias, dans lesquelles la police fédérale souligne que le projet Sitka ne vise pas exclusivement des personnes autochtones et que le projet Sitka est maintenant conclu.

Or, parallèlement à cette opération médiatique, les dirigeants de la GRC relançaient leurs divisions pour mettre à jour la liste en prévision de l’annonce concernant Trans Mountain.

Ils ont décidé que c’était peut-être avantageux, tout d’un coup, de repartir le programme et de mettre à jour ces profils, estime Jeffery Monaghan, un professeur agrégé au Département de criminologie de l’Université Carleton qui a aussi eu accès aux documents de la GRC. C’est beaucoup trop simple pour n’être qu’une coïncidence.

Selon un reportage de Jorge Barrera de CBC News

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