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Enfants autochtones : les chefs se préparent à rencontrer Québec

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, sera présent cette semaine à Regina.

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, sera présent cette semaine à Regina.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Laurence Niosi

Des chefs autochtones se réunissent lundi à Montréal pour discuter d’une loi qui ouvre la voie à la prise en charge par les communautés des services de protection de l’enfance, a appris Radio-Canada. Une loi fédérale dont la contestation récente par Québec a jeté une douche froide sur des relations déjà tendues avec la province.

Les chefs, conviés le week-end dernier par l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), se réuniront ainsi une semaine avant leur rencontre avec le gouvernement du Québec fixée au 27 janvier.

« C’est une rencontre qui nous semblait incontournable, en lien avec les dernières semaines. Il nous apparaît important de faire un tour d’horizon sur la relation politique avec le gouvernement du Québec », affirme en entrevue Ghislain Picard, chef de l’APNQL, qui qualifie la réunion de « session d’information ».

Le chef Picard estime qu'une telle « rencontre préparatoire » est importante pour « réfléchir à une démarche » à adopter lors des discussions avec Québec.

Il faut dire que les relations entre les chefs autochtones et Québec sont loin d’être au beau fixe depuis que la province a fait part de son intention de contester la constitutionnalité de la loi fédérale C-92, qui vise à céder le contrôle de la protection de l’enfance aux communautés. Un geste critiqué d’un bout à l’autre du pays, interprété par plusieurs comme une énième guerre juridique entre Québec et Ottawa, faite au détriment des enfants autochtones.

Au Québec, les enfants autochtones représentent 15 % des enfants placés en famille d’accueil, et ce chiffre grimpe à 50 % à l’échelle nationale. Plusieurs commissions d'enquête ont conclu que la prise en charge des enfants autochtones par leur communauté devrait être encouragée par les gouvernements.

Lundi, les chefs pourront ainsi difficilement faire l'impasse sur cette loi entrée en vigueur le 1er janvier dernier. La loi sera également au cœur des discussions de la réunion du 27 janvier, qui devait a priori servir à faire un suivi des recommandations du rapport Viens après une première rencontre avec Québec sur le sujet, l'automne dernier.

« On ne peut pas faire comme si la contestation de C-92 n’existait pas et mettre des œillères sans prendre en considération le contexte politique », souligne le chef Picard.

Les chefs n’ont pas non plus apprécié les propos tenus par la ministre responsable des Affaires autochtones Sylvie D’Amours à Radio-Canada, qui a laissé entendre que Québec pourrait répondre à certaines des 142 recommandations du rapport Viens sans les consulter.

Ces déclarations avaient été perçues comme une trahison par des chefs, qui ont dénoncé « l’attitude paternaliste » du gouvernement caquiste de François Legault.

L’ordre du jour des deux prochaines réunions contiendra également un suivi des recommandations de l’Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées, dont le rapport a été déposé en juin. Plusieurs d'entre elles touchent directement le Québec.

Les discussions tourneront aussi autour de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, que les dirigeants autochtones voudraient voir mises en oeuvre au Québec, à l’instar de la Colombie-Britannique l’année dernière.

La ministre de retour de vacances

La ministre Sylvie D’Amours devrait par ailleurs être de retour de vacances pour la réunion du 27. Le quotidien Le Devoir révélait la semaine dernière que le ministre de l’Environnement Benoit Charette la remplaçait jusqu’au 24 janvier. « Une procédure normale », affirme-t-on au bureau de la ministre.

« Aussitôt qu’un ministre n’est pas disponible, il y a un décret et un autre ministre est nommé en remplacement pour assurer le suivi des dossiers », indique son attachée de presse Lauréanne Fontaine.

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