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Un sculpteur haïda crée des emojis à l'image des traditions de son peuple

Des emojis sur fond blanc, dont des visages peint avec différentes couleurs.

L'artiste Jaalen Edenshaw a créé des emojis à l'image des traditions de la Première Nation haïda.

Photo : Fournie par Jaalen Edenshaw

Radio-Canada

Un populaire sculpteur autochtone de la Colombie-Britannique a délaissé ses totems plus grands que nature le temps de créer de minuscules emojis à l’image de la Première Nation haïda, un petit geste qu'il espère significatif pour préserver les traditions auprès des jeunes.

L’art de Jaalen Edenshaw, qui comprend des masques, des canoës et des totems en cèdre rouge de 13 mètres de hauteur, est généralement exposé dans des galeries à travers le monde entier.

Or, ses emojis à l’effigie des Haïdas sont maintenant offerts dans le magasin d’applications Apple, et ce, gratuitement.

Ça m’a fait du bien de pouvoir transposer une partie de notre culture traditionnelle vers le numérique, a affirmé l’artiste, précisant qu’il a gribouillé ses premiers croquis sur une serviette de table afin de les donner à son collaborateur Geoff Horner pour qu’il les numérise.

Des millions d’emojis sont utilisés partout sur la planète pour communiquer dans le monde numérique. À tel point que certains experts estiment même que ces petits pictogrammes transforment la manière dont les gens interagissent, en remplaçant certains mots par des visages expressifs ou des signes.

Au cours des dernières années, les emojis ont d’ailleurs évolué pour mieux refléter la diversité ethnique et culturelle de la population. L’an dernier, l’Australie a déployé pour la première fois une série d’emojis autochtones créés par des jeunes d’une Première Nation.

Inspiré par l’art « ancien »… et par ses enfants

Jaalen Edenshaw admet pour sa part n’avoir jamais utilisé un emoji de sa vie. C’est plutôt en regardant ses enfants en envoyer à sa famille, sans que ceux-ci soient représentatifs de leur culture, qu’il a été inspiré.

L'artiste pose en habit traditionnel à côté d'un totem de bois.

Jaalen Edenshaw travaille généralement sur des totems de plusieurs mètres de haut.

Photo : Fournie par Jaalen Edenshaw

L’emoji préféré de son fils est maintenant une bulle dans laquelle on peut lire un mot en langue haïda : « juup ». Envoyer cet emoji à quelqu’un équivaut à lui faire un coucou (« poke ») sur les médias sociaux.

D’autres bulles contiennent les mots « sijju », ce qui signifie « cool », ou encore « K'w », qui est en fait une expression de mécontentement.

En plus de ces bulles de texte, le nouvel arsenal numérique du sculpteur comprend les typiques visages jaunes que l’on associe aux emojis, mais « avec des yeux de Haïdas », dit-il. D’autres ressemblent à des masques traditionnels.

Jaalen Edenshaw affirme que certaines de ses créations sont inspirées de tissages traditionnels haïdas. Je suis pas mal sûr d’avoir déjà vu certains de ces petits bonshommes dans des pièces traditionnelles, et je pense que mon inspiration vient aussi en partie de là.

L’artiste espère en somme que ses créations numériques parlent à la jeunesse haïda, même s’il reconnaît les limites de la numérisation.

Je ne pense pas que les emojis eux-mêmes apportent des changements immenses dans la culture haïda, mais ça aide certainement à préserver les traditions et à les rendre vivantes dans l’univers numérique, dit-il.

Préserver la langue et l’art traditionnel, c’est assurément pertinent aujourd’hui.

Jaalen Edenshaw confie qu’il aimerait bien, pour la suite, voir apparaître un autocorrecteur pour les langues autochtones, question d'aider plus concrètement à les préserver.

Avec les informations de Carolina de Ryk

Avec les informations de CBC

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