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Enfants autochtones : levée de boucliers contre le gouvernement Legault

Gros plan du premier ministre François Legault.

Le premier ministre du Québec, François Legault, présentait le bilan de la dernière session de son gouvernement.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Des chefs autochtones de partout au pays s'insurgent contre le gouvernement de François Legault, qui a demandé la semaine dernière que la Cour d'appel se penche sur la constitutionnalité de la loi fédérale visant à céder le contrôle de la protection de l'enfance aux communautés autochtones.

Le gouvernement du Québec estime que la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Métis et des Inuit (C-92), qui doit entrer en vigueur le 1er janvier, empiète sur son champ de compétence en matière de services sociaux et de protection de la jeunesse.

Mardi, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a livré une nouvelle fois une virulente critique contre le gouvernement québécois, qu'il accuse de choisir une guerre juridique au détriment des enfants autochtones.

« Pourquoi [...] j’ai ce sentiment que nous retournons au temps où on se foutait des peuples autochtones, et où les gouvernements faisaient la pluie et le beau temps », écrit-il dans une lettre ouverte intitulée « De quoi François Legault a-t-il peur? »

« Nous nous investissons depuis plus de trois décennies pour reprendre la responsabilité du mieux-être de nos enfants et nous n’avons jamais hésité à dénoncer les failles d’un système qui ne reconnaît pas leurs spécificités, leur identité et leur culture. Nous avons un devoir sacré de leur permettre d’avoir un avenir entouré des leurs », poursuit-il.

Qualifiée d'« avancée majeure pour les droits des enfants autochtones » par l'APNQL l'été dernier, la loi C-92 prévoit le transfert de responsabilités et de la gestion de la protection de la jeunesse aux Autochtones, dont les enfants sont surreprésentés en foyer.

Actuellement, ce sont les provinces qui régissent le placement des enfants autochtones, un système considéré comme mal ajusté à leurs besoins particuliers.

Des critiques pancanadiennes

Depuis une semaine, les critiques à l'endroit du gouvernement Legault se font de plus en plus nombreuses. Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations (APN), l'organisme autochtone le plus important du pays, estime que le geste du gouvernement québécois constitue « un recul » et s'engage à intervenir dans le dossier.

« J'incite fortement le gouvernement du Québec à réévaluer la pertinence de cette action juridique. Cette mesure pourrait entraîner des retards et des conflits, ce qui nuirait davantage à nos enfants et à nos familles », écrit le chef national dans un communiqué envoyé la semaine dernière.

Des chefs au Manitoba ont aussi exprimé leurs « préoccupations ». « La demande du Québec mine les droits et responsabilités inhérents des Premières Nations de déterminer l’intérêt supérieur et les soins appropriés pour leurs enfants et leur famille », écrit l'organisation autochtone Southern Chiefs, qui représente 34 Premières Nations au Manitoba.

Les chefs rappellent par la même occasion les appels des différentes commissions d'enquête, dont la Commission de vérité et réconciliation (CVR), et plus récemment la commission Viens, qui encouragent la prise en charge des enfants autochtones par leur communauté même.

« Le Québec semble plus intéressé à maintenir le statu quo et à ignorer les importants appels à l'action [de la CVR] qui mèneraient à la réconciliation », tranche l'organisation.

Le gouvernement Legault affirme de son côté ne s'opposer ni au contenu de la loi ni à l'autonomie des Premières Nations, mais à « la façon de faire » d’Ottawa.

Les chefs autochtones du Québec et le gouvernement Legault doivent se rencontrer à la fin janvier pour discuter notamment du rapport de la commission Viens.

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