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La GRC était prête à tirer sur des Autochtones anti-gazoduc, selon The Guardian

Des membres de la Première Nation Wet'suwet'en et des policiers sont face à face au campement anti-oléoduc.

Des membres de la Première Nation Wet'suwet'en et des policiers au campement anti-oléoduc dans le nord de la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Chantelle Bellerichard

Radio-Canada

La police fédérale était prête à tirer sur des militants autochtones qui bloquaient la construction, l’hiver dernier, d'un gazoduc dans le nord de la Colombie-Britannique, selon des documents obtenus par le quotidien britannique The Guardian.

Les commandants de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) auraient estimé qu’un déploiement de tireurs d'élite était nécessaire, selon des notes provenant d'une séance préparatoire à un raid policier sur les terres ancestrales de la nation Wet'suwet'en. 

Les commandants de la GRC auraient également demandé aux policiers « d'utiliser autant de violence [qu’ils le] souhaitent » contre un barrage routier qui avait été érigé par les Wet'suwet'en afin de contrôler l'accès à leurs territoires et d'arrêter la construction du projet Coastal GasLink.

Le pipeline de 675 km prévoit traverser le territoire de la Première Nation Wet'suwet'en et doit transporter du gaz naturel vers un important terminal méthanier à Kitimat, sur la côte de la Colombie-Britannique.

Le projet a bénéficié de l’aval du gouvernement provincial et d’un important soutien d’Ottawa, qui a octroyé l’investissement le plus important du secteur privé dans l’histoire du Canada.

Mais le projet de gazoduc a fait l’objet de vives critiques et de manifestations

Coastal GasLink a néanmoins obtenu en décembre 2018 une injonction pour forcer les opposants à cesser de bloquer l’accès au site pour des travaux préparatoires, menant à l’arrestation de 14 militants au campement Gidimt'en.

Des manifestations en soutien à la nation Wet'suwet'en ont eu lieu partout au pays.

La GRC déclare de son côté qu'elle ne peut pas vérifier la validité des déclarations faites dans l'article du quotidien ou des documents eux-mêmes. «  La GRC a demandé à voir les documents référencés dans l'article du Guardian, ce qui lui a été refusé  », affirme la porte-parole Janelle Shoihet.

Une terminologie « préoccupante », dit le ministre

Tout en soulignant que l'unité de la GRC étaient déléguée par le gouvernement provincial et non fédéral, le ministre des Services aux Autochtones Marc Miller s'est dit préoccupé par le langage utilisé dans les documents obtenus par le quotidien britannique.

« Il y a un certain nombre de mots, de phrases et de termes très profondément préoccupants dans le contexte d'une situation extrêmement délicate et par rapport à des situations qui existent partout au pays [avec la GRC] », a dit le ministre fédéral en entrevue à CBC.

« C'est quelque chose que nous devons revoir en tant que gouvernement et y jeter un coup d'œil, car la terminologie est tout à fait inacceptable  », a-t-il ajouté.

« Ils allaient nous tuer »

En entrevue à Espaces autochtones, un des chefs héréditaires de la Première Nation Wet'suwet'en, qui était sur la ligne de front pendant les manifestations, affirme ne pas être surpris par les nouvelles informations du Guardian. « Nous savions que les tireurs d'élite étaient là, j'étais en première ligne. Tout ce qui s'est passé était prémédité », indique le chef Na'Moks, dont le nom de naissance est John Ridsdale.

« Ils allaient nous tuer », ajoute-t-il.

Il rappelle par ailleurs qu'aucun des manifestants était armé, contrairement aux policiers. « Nous nous sommes assurés que personne ne portait d'armes, pas même un couteau. La seule arme que nous avions était nos chansons et notre plume d'aigle », souligne le chef héréditaire.

« Nous ne sommes pas un peuple violent. Nous voulons une terre propre, une eau propre, une air propre », affirme le chef Na'Moks.

Le 10 janvier, le chef Na'Moks et les autres chefs héréditaires ont conclu un accord avec la GRC autorisant Coastal GasLink à accéder à un pont bloqué sur leur territoire. L'accord visait à assurer la sécurité des membres de la Première Nation.

Avec des informations de Laurence Niosi et CBC

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