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Jody Wilson-Raybould fera pression pour les droits des Autochtones

La députée indépendante a été honorée par les dirigeants des Premières Nations au terme de l'assemblée spéciale de l'APN.

La députée indépendante Jody Wilson-Raybould est honorée par les chefs des Premières nations, jeudi, à Ottawa.

La députée indépendante Jody Wilson-Raybould est honorée par les chefs des Premières nations, jeudi, à Ottawa.

Photo : CBC News

Radio-Canada

À la suite de la réunion annuelle de décembre de l'Assemblée des Premières Nations (APN) à Ottawa, Jody Wilson-Raybould, ex-ministre fédérale de la Justice et ex-cheffe régionale de l'APN, a été honorée par des leaders autochtones lors d'une cérémonie au cours de laquelle elle a été qualifiée d’héroïne, de pionnière et d'icône.

Mme Wilson-Raybould, expulsée du caucus libéral en raison de l'affaire SNC-Lavalin, a conservé son siège de Vancouver-Granville lors des dernières élections fédérales en tant qu'indépendante.

En marge de la cérémonie, la députée a déclaré qu’en tant qu’indépendante, elle souhaite faire pression pour l’adoption d’un cadre de reconnaissance et de mise en œuvre des droits des peuples autochtones. Elle veut aussi militer en faveur d'objectifs d'émissions de gaz à effet de serre enchâssés dans une loi, a-t-elle laissé savoir.

Elle a aussi appuyé une des promesses libérales contenues dans le discours du Trône, soit l’adoption par une loi de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Mais tout ça n’est pas suffisant, estime Mme Wilson-Raybould : pour elle, le Canada a besoin d’une nouvelle loi afin de permettre aux Premières nations de rebâtir leurs gouvernements en dehors du cadre de la Loi sur les Indiens.

Dire que vous allez faire des lois conformes à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones est une chose, le faire en est une autre, a-t-elle dit. Les lois et les politiques doivent changer et je suis optimiste de voir cela se produire par d’un cadre de reconnaissance et de mise en œuvre des droits des peuples autochtones.

Lors du premier mandat de Justin Trudeau, alors que Mme Wilson-Raybould était ministre de la Justice, les libéraux ont tenté d'élaborer un tel cadre, afin d’enchâsser les droits constitutionnels de l'article 35 dans la législation fédérale.

Le dossier a été dirigé par Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones, mais les libéraux ont finalement échoué. Des dirigeants des Premières Nations s’étaient rebiffés lors de l’élaboration du cadre, déclarant n’être que trop peu écoutés par les fonctionnaires.

Les ministres Bennett et Wilson-Raybould, de surcroît, ne s’entendaient pas sur la politique publique à adopter, et le premier ministre Trudeau a dû intervenir. La graine de l’affaire SNC-Lavalin était ainsi plantée, et l'échec du cadre proposé était annoncé.

Clifford Atleo, à gauche, joue une chanson de guerrier Nuu-chah-nulth en l'honneur de Jody Wilson-Raybould.

Clifford Atleo, à gauche, joue une chanson de guerrier Nuu-chah-nulth en l'honneur de Jody Wilson-Raybould.

Photo : CBC News

« Ils t'ont traînée dans la boue »

Organisée par les dirigeants autochtones de la Colombie-Britannique et du Yukon, la cérémonie de jeudi a donné lieu à des discours qui ont accordé une belle place à l'affaire SNC-Lavalin et au témoignage de la députée devant le Comité de la justice de la Chambre des communes.

Quand tu t'es assise devant eux et que tu as dit ta vérité, je n'ai jamais été aussi fière d’être autochtone, a lancé Cheryl Casimer, qui représentait la nation Summit, de Colombie-Britannique.

Le chef régional de l'APN pour la Colombie-Britannique, Terry Teegee, a pour sa part fait l'éloge de la force de Mme Wilson-Raybould face à l'appareil politique du Parti libéral.

Ils t'ont traînée dans la boue plusieurs fois, a-t-il dit. Et tu as été très forte.

Le chef régional de l'APN pour le Yukon, Kluane Adamek, a remis à Mme Wilson-Raybould une peinture représentant un écusson d'aigle et un bracelet en argent gravé d'un loup et d'un corbeau.

Le leadership, c’est aussi de l’intégrité, du respect, des valeurs traditionnelles, a-t-il déclaré.

Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, Terry Teegee (à droite), s'entretient avec la députée indépendante Jody Wilson-Raybould lors d'une cérémonie honorifique à Ottawa, jeudi.

Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, Terry Teegee (à droite), s'entretient avec la députée indépendante Jody Wilson-Raybould lors d'une cérémonie honorifique à Ottawa, jeudi.

Photo : CBC News

« On a toujours besoin de toi à la Chambre »

Jody Wilson-Raybould a aussi eu droit aux éloges de Perry Bellegarde, chef national de l’APN, qui a souligné que les Premières Nations de partout au pays auront besoin de l’aide de la députée pour faire avancer leurs dossiers au Parlement.

Tu as marqué l'histoire de tant de façons, lui a-t-il lancé. Tu marches avec vérité et honnêteté, tu marches avec amour et respect; tu marches avec courage, amour et humilité... On a toujours besoin de toi à la Chambre.

Mme Wilson-Raybould a assuré que, du coin le plus reculé de la Chambre, elle fera pression en faveur de changements dans la relation entre le Canada et les peuples autochtones.

D'après un texte de Jorge Barrera, CBC News

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