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Partager ses savoirs de la nature grâce à un nouveau réseau social pour les Inuit

« Nous reproduisons ce que nos parents faisaient, mais d’une façon plus moderne. »

Un homme portant un manteau d'hiver, une tuque et des lunettes de ski regarde son téléphone cellulaire.

Un homme, Puasi Ippak, teste l'application mobile Siku.

Photo : La Presse canadienne / Courtoisie/Arctic Eider Society

Radio-Canada

Un nouveau réseau social qui répond aux besoins de chasseurs inuit a été lancé à Halifax. Le réseau social, qui est également une application mobile, lie savoir ancestral et nouvelles technologies pour assurer, notamment, la sécurité des chasseurs.

L’application et plateforme web appelée Siku, qui signifie « glace marine » en inuktitut, permet aux utilisateurs d’informer leurs compères quant aux conditions extérieures, de documenter la présence d’animaux sauvages et de partager des histoires de chasse.

Siku présente également les prévisions météorologiques, des images de banquises et des images satellites, et il permet aux utilisateurs d’ajouter, dans leur langue et dans leurs appellations traditionnelles, des indications quant aux lieux dangereux.

Le projet est né du désir des anciens de la communauté inuit de documenter et de transmettre les histoires orales aux plus jeunes, a expliqué lors du lancement de Siku Joe Heath, le directeur du groupe caritatif Arctic Eider Society, basé au Nunavut.

Selon M. Heath, les chasseurs inuit sont presque tous les jours à l’extérieur pour rapporter de la nourriture à leurs communautés et ils ont des besoins particuliers auxquels les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter ne répondent pas.

Les chasseurs se réunissent après leur périple pour relater ce qu’ils ont vu et pour indiquer quels endroits étaient sécuritaires relativement aux déplacements à pied ou en motoneige, a également déclaré Lucassie Arragutainaq, directeur de l’Association des chasseurs et trappeurs de Sanikiluaq.

Nous reproduisons ce que nos parents faisaient, mais d’une façon plus moderne.

Lucassie Arragutainaq, directeur de l’Association des chasseurs et trappeurs de Sanikiluaq

La sécurité est un des aspects clés de Siku, a par ailleurs souligné Joe Heath.

Il a notamment raconté, lors de la présentation, le récit d’un chasseur qui testait le réseau social. Au printemps, il avait placé sur une carte un signe triangulaire, inscrit selon les termes traditionnels des Inuit, qui est un avertissement de zones dangereuses.

Ça pouvait ressembler à une fissure normale. Mais ce chasseur savait que, si le vent passait à travers cette fente, elle pouvait s’élargir, a-t-il indiqué.

Quelques heures plus tard, une image satellite montrait que la fissure s’était agrandie au point où une motoneige se trouvant du mauvais côté n’aurait pas pu revenir sur ses pas.

Les quatre boutons de l'application

L’application a quatre types principaux de boutons, visant les aspects social, de la faune, de la glace marine et des outils.

Dans la section sociale, les utilisateurs peuvent publier des histoires de chasse, alors que, dans celle sur la glace marine, ils peuvent rapporter des informations sur les conditions extérieures.

Le bouton lié aux outils permet quant à lui de collecter des données recueillies à l'aide d'instruments scientifiques.

Pour ce qui est de la faune, quelque 80 espèces de l’Arctique sont répertoriées sur Siku. Les utilisateurs peuvent publier des informations sur des spécimens qu’ils ont pu observer ou traquer, ainsi que sur l’habitat, la diète et la condition physique des espèces qu'ils ont aperçues.

Le projet Siku a remporté en 2017 une compétition canadienne de Google.org portant sur des projets d’impact et a ainsi pu bénéficier d'un financement de 750 000 $.

Le réseau social Siku se trouve en ligne à l’adresse siku.org, et l’application est disponible pour les téléphones intelligents Android et iOS.

Avec les informations de La Presse canadienne

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