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L'APN souhaite une stratégie nationale de prévention du suicide chez les jeunes

Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations, lors de l'Assemblée spéciale des chefs de l'APN à Ottawa, le mercredi 4 décembre 2019.

Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations, lors de l'Assemblée spéciale des chefs de l'APN à Ottawa, le mercredi 4 décembre 2019.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Le gouvernement fédéral va contribuer à la création d'une stratégie nationale de prévention du suicide auprès des jeunes, a annoncé mardi le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, aux chefs des Premières Nations réunis à Ottawa.

Cette décision survient au moment où une grave crise secoue une Première Nation crie du nord de la Saskatchewan.

Le ministre Miller a été avare de détails concernant cette éventuelle stratégie et s'est contenté d'affirmer que le gouvernement souhaite collaborer avec les communautés autochtones pour connaître les solutions qu'elles ont à proposer.

Mardi, la journée avait commencé par une demande du chef de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, pour qu'Ottawa élabore une telle stratégie.

La Première Nation Makwa Sahgaiehcan, à Loon Lake, a déclaré l'état de crise à la mi-novembre après trois suicides en trois semaines, dont celui d'une fillette de 10 ans. Les chefs de bande affirment que huit personnes, surtout des jeunes, ont depuis tenté de se suicider dans cette petite communauté située à environ 360 km au nord-ouest de Saskatoon.

Dans l'allocution d'ouverture d'une assemblée extraordinaire des chefs de l'APN, mardi matin à Ottawa, Perry Bellegarde a déclaré qu'il fallait prendre des mesures pour empêcher les jeunes Autochtones de se sentir si désespérés qu'ils aient envie de mettre fin à leurs jours ou de se détruire. Nous savons qu'un trop grand nombre de nos jeunes se suicident. Nous leur disons donc : "Vous êtes uniques, vous êtes doués et vous êtes aimés. N'oubliez jamais cela", a déclaré M. Bellegarde.

Nous demandons au gouvernement de travailler enfin avec [nos] leaders, les familles et les citoyens pour enfin mettre en œuvre une stratégie de prévention du suicide chez les jeunes. C'est essentiel, une stratégie qui soutient tous nos jeunes.

S'exprimant au nom du conseil des jeunes de l'APN, Rosalie LaBillois s'est mise à pleurer en parlant de sa préoccupation pour les jeunes Autochtones, non seulement en Saskatchewan, mais dans tout le Canada. Nous voulons nous engager à apporter des changements pour nos jeunes. Parce que, en tant que dirigeants, je ne crois pas que nous soyons là pour bien paraître. Je veux faire avancer les choses. Je veux vous décrire la dure et froide réalité de nos communautés, a-t-elle dit, alors qu'un certain nombre de chefs l'entouraient pour la soutenir.

Le ministre Marc Miller a dit avoir entendu des propositions de plusieurs Premières Nations et d'organisations inuit visant à apaiser cette détresse qui se répand chez les jeunes. Il affirme que son ministère va travailler avec ces communautés sur une approche distincte à l'intérieur de la stratégie nationale. Une approche qui reconnaît que des communautés différentes ont besoin de mesures différentes.

Le gouvernement fédéral sera là pour vous soutenir, a assuré M. Miller.

Le chef Bellegarde a également appelé à une action plus musclée sur le changement climatique afin de donner plus d'espoir aux jeunes. Le temps est venu pour une vision audacieuse et une action décisive, a-t-il estimé. Leur avenir est entre nos mains et [les jeunes] nous disent que nous devons tous faire mieux.

Le ministre Miller a reconnu que le fédéral avait des décennies et des décennies de fautes à corriger, mais a tenu à rappeler que le nouveau gouvernement libéral minoritaire allait devoir travailler avec les peuples autochtones dans un contexte différent et plus difficile.

Les chefs de tout le pays discuteront aussi cette semaine de la sécurité des femmes des Premières Nations, alors que l'enquête nationale a révélé plus tôt cette année que la violence subie par les femmes autochtones à travers le Canada « s'apparentait ni plus ni moins à un génocide. » Le changement climatique, les relations fiscales, le développement économique et social ainsi que les droits inhérents et issus de traités sont également à l'ordre du jour de l'assemblée extraordinaire de l'APN à Ottawa.

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