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Eau potable : une Première Nation manitobaine lance un recours collectif

Un robinet avec une goutte.

Tout comme 56 autres communautés, la Nation crie de Tataskweyan doit faire bouillir l'eau avant de la consommer pour éviter une contamination.

Photo : Radio-Canada/Simon-Marc Charron

Radio-Canada

La cheffe de la Nation crie Tataskweyak, Doreen Spence a déposé, le 20 novembre, -un recours collectif, contre le gouvernement fédéral devant la Cour du Banc de la Reine du Manitoba. Elle souligne l’inaction du fédéral sur la question de l’accès à l’eau potable dans le nord de la province.

Depuis deux ans, la Première Nation, située à 700 kilomètres au nord de Winnipeg, est l’une des deux Premières Nations du Manitoba actuellement sous avis de faire bouillir l’eau.

Selon Doreen Spence et les membres de la Première Nation, le gouvernement fédéral n’a pas agi. Les plaignants affirment qu’il recevait pourtant des alertes régulières pendant des décennies sur la privation d’eau potable dans les Premières Nations.

Même si le Canada a été prévenu des conséquences humaines dévastatrices de ces échecs, la réponse continue d'être un mélange toxique d’inertie et d’incompétence.

Texte du recours collectif déposé devant la Cour du Banc de la Reine du Manitoba

La poursuite demande ainsi des dommages et intérêts qui pourraient s'élever à plus de 2 milliards de dollars, soit 1 milliard en dommages pour non-respect de la Charte canadienne des droits et libertés, 1 milliard pour négligence et 100 millions de dollars en dommages punitifs.

Une situation persistante

L’action déplore aussi un enlisement de la situation depuis de nombreuses années. Selon le principal avocat des plaignants, Michael Rosenberg, c’est un problème de longue date, surtout au Manitoba.

Le Manitoba est une province avec un nombre important de cas d'avis de faire bouillir l’eau à long terme.

Michael Rosenberg, principal avocat du recours collectif contre le gouvernement fédéral

La Nation crie de Tataskweyak dit ne pas avoir accès de manière optimale à l’eau potable depuis les années 1950. L’origine de ce problème réside dans la dégradation de la qualité de l’eau du lac Split, la source d’eau de la Première Nation. Les eaux usées de la ville de Thompson et d’autres communautés se déversent dans ce lac.

Selon le texte déposé en justice, l’eau est tellement polluée qu’il n’est même plus possible de s’y baigner. Il est notamment précisé qu’on y retrouve une concentration élevée de la bactérie E. coli et un développement exponentiel d’algues bleu-vert, qui mine l’industrie locale de la pêche.

Ceux qui sont exposés à l’eau du lac présentent des rougeurs ou des lésions qui nécessitent des soins médicaux.

Texte du recours collectif déposé devant la Cour du Banc de la Reine du Manitoba

Un problème global

Au-delà du Manitoba, 57 réserves sont actuellement sous le coup d’un avis de faire bouillir l’eau au pays. De nombreuses autres communautés autochtones ont connu des situations similaires pendant des années avant que l’avis ne soit levé.

L’objectif du recours collectif est de réunir tous les membres d’une communauté ayant vécu sur une terre sujette à un avis de faire bouillir l’eau pendant au moins un an depuis le 8 novembre 1995.

Un porte-parole de Services aux Autochtones Canada a indiqué que le gouvernement était au courant de la poursuite. Il note tout de même que, depuis 2016, Ottawa a versé plus de 2 milliards de dollars sur la question de l’eau dans les réserves et les infrastructures de traitement de l’eau.

Durant la campagne électorale en 2015, les libéraux avaient promis qu'il n'y aurait plus d'avis de faire bouillir l’eau d’ici le mois de mars 2021.

Selon cette promesse, la Nation crie de Tataskweyak serait l’une des dernières à voir son avis disparaître.

Avec ce recours collectif, Doreen Spence et les membres de la Première Nation espèrent donc forcer le gouvernement Trudeau à construire ou à approuver le financement immédiat d’un système de traitement des eaux.

Avec les informations de Kristin Annable

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