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Plonger dans le monde mystérieux des Incas

Des mannequins portant des vêtements et objets traditionnels faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Une reproduction de dignitaires incas portant des vêtements et des accessoires traditionnels fait partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Yannick Donahue

Le Musée Pointe-à-Callière propose du 27 novembre au 13 avril 2020 l’exposition Les Incas… c’est le Pérou!, une incursion captivante dans l’univers des peuples andins à travers les siècles depuis l’an zéro jusqu’à la conquête espagnole.

L’Empire inca a toujours eu sa part de mystère et il fascine encore aujourd’hui. Il faut dire qu’à son apogée au XVIe siècle, son pouvoir s’étendait du Pérou jusqu'en Argentine, en passant par la Bolivie, et il incluait, au nord, l’Équateur.

Les Incas étaient un groupe installé à Cusco, au Pérou, qui a conquis par la force des peuples avoisinants et qui a commencé à administrer ces sociétés. Les régions vaincues n’étaient pas composées d’Incas, mais de locaux.

Espaces autochtones a eu un accès privilégié à cette exposition à l’occasion d’une visite guidée en compagnie de trois chargés de projets.

Une figurine en argent symbolisant une personnalité impériale, qui aurait servi d'offrande pour un événement exceptionnel. Cette pièce fait partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Une figurine en argent symbolisant une personnalité impériale, qui aurait servi d'offrande pour un événement exceptionnel. Cette pièce fait partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

L’événement constitue « une exclusivité nord-américaine », spécifie d’entrée de jeu Éveline Trudel-Fugère, chargée en communications. Ainsi, il s’agit d’une chance unique de voir et d’apprécier cet héritage inca, car l’exposition ne partira pas en tournée par la suite.

Il faut dire que cette exposition a été présentée à Bruxelles l’année dernière dans une autre version. C’est d’ailleurs lors d’un voyage d’affaires en Belgique que la directrice des expositions du Musée Pointe-à-Callière, Anne-Élisabeth Thibault, y a vu Inca Dress Code et que l’envie de tenir pareil événement est née.

Un masque funéraire de roi faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Un masque funéraire de roi faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

« Elle a été complètement émerveillée par la beauté de ces objets. Elle s’est informée à savoir si c’était possible que ces objets voyagent à Montréal et on a eu une réponse positive. Des fois, ce sont des hasards qui arrivent comme cela. On rencontre des gens, on voit des objets exceptionnels. Dans ce cas-ci, on a été en mesure de les présenter », raconte Samuel Moreau, chargé de projets en expositions au Musée.

Cette collection est présentée en partenariat avec les Musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles. Cependant, les organisateurs ont décidé de la bonifier grâce à des prêts consentis notamment par le Linden-Museum de Stuttgart, le Museum aan de Stroom d’Anvers et le Musée de la civilisation du Québec.

Une oeuvre de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Une oeuvre de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Gros plan sur la période précolombienne

Les Incas… c’est le Pérou! ce sont 800 mètres carrés de surface d’exposition divisée en une dizaine de salles thématiques réparties sur deux étages. La proposition se décline de façon chronologique. Le visiteur suit le destin des divers peuples qui ont précédé le règne de l’Empire inca.

« On commence avec la civilisation, la culture des Paracas. On est environ deux mille ans avant aujourd’hui. En fait, les objets sont à peu près de cette période. On se dirige jusqu'à l’Empire inca finalement, qui s’étend entre le XVe et le XVIe siècle », affirme Samuel Moreau.

Samuel Moreau, chargé de projets au Musée Pointe-à-Callière, rencontré dans le cadre de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! ».

Samuel Moreau, chargé de projets au Musée Pointe-à-Callière, rencontré dans le cadre de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! ».

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

La première partie de l’exposition, aménagée au rez-de-chaussée, est consacrée à l’héritage de six civilisations précolombiennes et à leurs influences sur l’Empire inca : les Paracas, les Nasca, les Mochicas, le peuple Wari, les Chimùs et les Chancays. Cette section se termine par une zone funéraire qui expose des masques portés par des défunts momifiés.

La seconde partie se déroule au deuxième étage. On entre alors dans le « monde des plumes », où nous attendent une variété d’objets façonnés à partir de plumage d’oiseaux, des colibris aux flamants roses. Les spécimens ailés sont bien représentés tant sur le plan physique que sonore.

Une oeuvre de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Une oeuvre de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Viennent ensuite la zone dédiée spécialement aux Incas et celle réservée à la conquête espagnole. Le dernier volet se concentre sur les pratiques du tissage du XIXe et du XXe siècle. La salle consacrée à l’époque contemporaine montre l’influence des Incas sur la mode d’aujourd’hui.

Les organisateurs ont eu recours tout au long du parcours à des photos, projections, lumières, musiques, afin de créer une ambiance propice à la découverte.

Un métier à tisser faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Un métier à tisser faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Le fil conducteur

Le textile constitue le véritable fil conducteur de l’exposition. Il est considéré comme étant plus précieux que l’or ou l’argent par les sociétés préinca et inca. Celles-ci voient dans les vêtements un symbole de pouvoir et d’identité. Ils sont utilisés pour afficher un rang social ou une appartenance à un groupe.

Les ornements étaient utilisés dans les échanges diplomatiques, en plus de servir comme offrandes offertes aux dieux. Pour punir et humilier les prisonniers, ces sociétés les privaient de leurs tuniques. Ce châtiment visait à les dépouiller de leur statut social.

Une tunique faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Une tunique faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

« Les défunts, qui poursuivaient leur vie dans l’au-delà, étaient enveloppés dans plusieurs couches de textiles; le nombre de couches de tissu représentant l’importance du défunt dans la société », peut-on lire dans le dossier de presse remis aux médias.

L’exposition présente une reproduction d’un fardo – enveloppe funéraire en tissu – dans lequel les défunts étaient placés et préservés. On explique que les dépouilles étaient d’abord attachées en position assise avant d’être enrubannées de tissus et finalement recouvertes d’une étoffe aux motifs distinctifs.

Une reproduction d'un fardo funéraire, une sorte de sarcophage enveloppant une momie, faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Une reproduction d'un fardo funéraire, une sorte de sarcophage enveloppant une momie, faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Plusieurs articles textiles figurant dans l’exposition ont été récupérés dans des tombeaux. « Ils ont pu être conservés pendant des centaines d’années grâce à l’aridité du désert côtier où ils ont été trouvés », indique le document de presse.

Le Musée Pointe-à-Callière s’est fait offrir par les Musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles le prêt de dépouilles de l’époque précolombienne. L’équipe montréalaise a refusé la proposition. Il n’y a donc pas de restes humains dans le cadre de l’exposition.

« On s’est interrogé sur la pertinence, puis on a préféré ne pas en avoir pour des raisons éthiques », a déclaré Hendrik Van Gijsehem, chargé de projet en archéologie et histoire au Musée Pointe-à-Callière.

Une variété d’objets

Des chaussures faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Des chaussures faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Les Incas… c’est le Pérou! regroupe environ 300 objets confectionnés à partir de matières diverses : céramiques, orfèvrerie, dont de l’or et de l’argent, des textiles et des plumes.

Les curieux pourront y voir une panoplie de vêtements et d’accessoires, dont des souliers, sandales, tuniques, ponchos, chapeaux, coiffe impériale en plumes, sacs, masques funéraires, etc.

Un couvre-chef cérémoniel faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Un couvre-chef cérémoniel faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Les visiteurs pourront aussi admirer des bijoux comme des boucles d’oreilles en or ou en argent, des bracelets, des colliers en céramique ou en coquillages, des figurines et des offrandes.

Parmi les articles de la vie quotidienne, on y retrouve des vases, gobelets, frondes et aryballes, qu’on peut décrire comme une sorte de jarre en céramique qui sert à contenir la bière de maïs, fort appréciée des Incas.

Un vase faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Un vase faisant partie de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

On fait aussi la connaissance du quipu, c’est-à-dire un outil comptable fait de textiles constitué de cordelettes colorées sur lesquelles on taille des nœuds qui servent de points de repère à l’utilisateur.

La section réservée à la conquête s’avère petite, certes, mais elle présente des éléments intéressants, tels qu’une vieille épée, une carabine ancienne et le casque d’un soldat de l’armée espagnole.

Des collections occidentales

Fait à noter, la totalité des artefacts mis en vedette dans cette exposition fait partie de collections européennes et nord-américaines; aucun n’est la propriété d’une institution sud-américaine.

Plusieurs objets de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Plusieurs objets de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

« Ces collections ont été assemblées majoritairement au 19e siècle. Donc, ce sont d’anciennes collections, des objets qui étaient déjà en Europe à cette époque. Il existe des collections évidemment au Pérou, mais on n’en a pas ici. C’est plus difficile d’avoir ces prêts », affirme le chargé de projets Samuel Moreau.

« C’est difficile d’obtenir des objets qui sont en exposition au Pérou, parce que quand ils sont en exposition ailleurs, ils ne le sont pas localement. Les autorités culturelles péruviennes savent très bien qu’il y a des objets qui sont déjà à l’extérieur du pays dans différentes collections privées, publiques, muséales. […] Ils savent que ces objets vont bien voyager et agir comme ambassadeur de la culture andine », complète son collègue Hendrik Van Gijsehem.

Hendrik Van Gijsehem, chargé de projet en archéologie et histoire au Musée Pointe-à-Callière.

Hendrik Van Gijsehem, chargé de projet en archéologie et histoire au Musée Pointe-à-Callière, rencontré dans le cadre de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! ».

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Considérant que les pièces de cette exposition datent de plusieurs siècles sinon de millénaires, des précautions particulières ont dû être prises pour les transporter.

« C’est certain qu’on s’expose toujours à un certain risque qu’on essaie de contrôler. Les objets en plumes, par exemple, ce sont des objets excessivement fragiles. Juste la vibration de l’avion, lors du transport, des fois cela peut être suffisant pour déstabiliser les pièces. Oui, nos prêteurs nous ont dit qu’il y a certains des objets qui ont voyagé dont ce serait peut-être la dernière fois qu’ils feraient le voyage transatlantique », explique Samuel Moreau.

Une oeuvre murale de l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Une oeuvre murale affichée à l'exposition « Les Incas... c’est le Pérou! », présentée au musée Pointe-à-Callière à Montréal.

Photo : Radio-Canada

L’équipe derrière Les Incas… c’est le Pérou! assure que l’exposition s’adresse au grand public et « à tous ceux qui sont fascinés par les Incas ». Une attention spéciale a été portée afin de la rendre agréable pour les familles, mentionne-t-on.

« L’exposition s’adresse aussi à ceux qui aiment voyager, parce que le Pérou est une destination à la mode ces temps-ci. Je pense que l’exposition est assez immersive pour donner le goût de voyager. Évidemment, aux amateurs d’histoire parce que c’est une histoire intéressante que celle des Incas », résume M. Moreau.

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