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Congrès de Québec solidaire : pression en faveur d'une nouvelle instance autochtone

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé lors de la réunion du Conseil national du parti à Montréal, le dimanche 9 décembre 2018.

Québec solidaire tiendra son congrès à Longueuil, ce week-end.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Hugo Prévost

Des frictions pourraient survenir, vendredi soir, dans la foulée de l'ouverture du congrès de Québec solidaire (QS) à Longueuil, alors que des membres tenteront de faire inscrire à l'ordre du jour une proposition de création d'une commission nationale autochtone.

Portée par la coordonnatrice du groupe de Mont-Royal–Outremont de QS, Patricia Alexander, ainsi que par plusieurs membres autochtones du parti, la proposition s'articule donc autour de la mise sur pied de cette commission, qui pourrait se prononcer sur le programme du parti.

Il est également question de « fournir une voix pour les personnes autochtones au sein de QS, et du leadership pour le travail de développer des relations de nation à nation entre QS et les communautés et peuples autochtones », lit-on encore dans le formulaire de soumission de propositions.

Enfin, la commission pourrait également, si nécessaire, convoquer « une conférence nationale des Autochtones pour traiter de toute question qu’elle juge pertinente ».

QS a déjà d'une commission thématique sur les droits des peuples autochtones (CTDA), mais Mme Alexander soutient que cette structure ne dispose pas d'un droit de vote au sein du parti.

Cependant, le comité de coordination nationale (CCN), l'organe central du parti, refuse que l'ordre du jour soit amendé afin d'y inscrire cette proposition. « Selon le CCN, la proposition n'est pas recevable, parce qu'elle n'a pas été inscrite à l'ordre du jour », mentionne Mme Alexander.

Au dire de cette dernière, il faut plusieurs mois pour faire inscrire un sujet à l'ordre du jour. Les choses ont évolué, surtout dans la foulée de la tournée des communautés autochtones effectuée l'été dernier par [la co-porte-parole] Manon Massé, indique encore Mme Alexander.

Ce qu’on demande, c’est de ramener le sujet à l’ordre du jour.

« Tout ce qu’on a vu, chaque fois, ce sont des explications techniques. Tout le monde est pour les personnes autochtones, bien sûr, mais c’est étonnant de ne pas avoir plus d’explications que cela. Mais le Congrès est l’instance suprême du parti, il décide de l’ordre du jour », poursuit Mme Alexander.

Pour parvenir à leurs fins, les tenants de la création de la commission pourront utiliser diverses procédures lors de l'ouverture des travaux, vendredi soir. Il pourrait même être question, dit Mme Alexander, « de faire suspendre les règles afin de tenir un débat sur le fond sur la pertinence d'inscrire la proposition à l'ordre du jour ».

Le geste nécessiterait un appui de la part de la majorité des membres présents, dit-elle, avant de préciser que les tenants de la création de la CNA, dont les membres autochtones, « ont beaucoup d'appuis ».

Voilà déjà deux ans que des membres de QS, dont des membres des Premières Nations, font campagne pour que l'idée d'une nouvelle commission, avec droit de vote, fasse l'objet de débats et puisse au bout du compte être adoptée.

Un « dossier important »

Aux yeux d'Alisha Tukkiapik, membre autochtone de QS et l'une des figures de proue du mouvement en faveur de la création de la CNA, le temps commence à manquer pour mettre cette proposition en oeuvre.

Si le coup d'éclat de vendredi soir ne fonctionne pas, « ça va être dur si ce n’est pas accepté; c’est [un dossier] important, on va faire du bruit », promet la jeune femme originaire du Nunavik.

Mme Tukkiapik rejette d'ailleurs les déclarations voulant que la commission ne soit pas importante au motif que « les Autochtones ne s'intéressent pas à la politique ».

« Si on dit qu’on n’est pas les bienvenus, nous n’allons pas nous impliquer en politique », rétorque-t-elle.

C’est quelque chose qu’on va essayer de mettre sur la table; donnez-nous un peu d’espace, allègue-t-elle.

Si les tractations étaient couronnées de succès, il s'agirait de la première instance du genre au sein d'un grand parti politique québécois, précise Mme Tukkiapik.

Attendre serait « électoraliste »

Dans une lettre adressée au comité de coordination national, les signataires, dont des membres de la CTDA et des associations de plusieurs comtés, estiment qu'il est temps de mettre sur pied la nouvelle commission, et qu'attendre au Congrès de 2021 représenterait une stratégie « électoraliste ».

Attendre deux ans « nous ferait perdre un temps précieux pour répondre aux revendications de reconnaissance des droits et du statut des peuples autochtones », écrivent les signataires.

La missive souligne également que, puisque le Congrès 2019 débattra entre autres de la question de l'indépendance du Québec, il est nécessaire de créer la CNA pour respecter le chapitre 11 du programme de Québec solidaire, qui mentionne entre autres une loi-cadre afin de « prévoir les modalités de négociation avec les peuples autochtones pour garantir leur droit à l'autodétermination ».

« De quelle indépendance débattons-nous, si nous ne reconnaissons pas l’agencité [la capacité d'agir, NDLR] des membres autochtones dans nos rangs? », s'interrogent les signataires.

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