•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le gouvernement du Québec et Montréal s'unissent pour aider les itinérants

La femme au longs cheveux noirs en plan rapproché avec des arbres derrière elle.

Nakuset est directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal. La femme de 48 ans est de tous les combats menés au nom des laissés-pour-compte au centre-ville de Montréal depuis belle lurette.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Laurence Niosi

Les organismes communautaires en itinérance attendaient cette annonce depuis longtemps. Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal investiront 5,45 millions de dollars pour financer notamment un centre de consommation contrôlée et un nouveau refuge au square Cabot.

Assumés en grande partie par le ministère de la Santé et des Services sociaux, ces 5,45 millions de dollars iront vers un fonds dédié à des projets de lutte contre l'itinérance, le fonds Réflexe Montréal en itinérance.

Cette somme servira notamment à trouver une solution à ce que de nombreux organismes qualifient de « crise humanitaire » au square Cabot, au centre-ville de Montréal. Les partenaires verseront ainsi 300 000 $ au nouveau refuge Résilience Montréal, un « centre de jour » qui doit ouvrir à la mi-novembre à l’intersection des rues Atwater et Sainte-Catherine, à deux pas du square Cabot, point de chute de nombreux Autochtones qui arrivent en ville.

« C'est un bon début! », s'est réjouie vendredi Nakuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, dont le travail acharné depuis le printemps a permis la naissance du refuge.

Les organismes du milieu dénoncent depuis des mois le « vide criant  » créé depuis le déménagement, en décembre, du refuge Open Door, autrefois situé tout près du square Cabot. La population itinérante qui fréquentait le refuge n'avait soudainement plus cette ressource où se tourner. Quatorze personnes, la plupart des itinérantes autochtones, sont mortes depuis l'hiver dernier.

Les coûts d'opération annuels du nouveau refuge Résilience Montréal tournent autour de 887 000 $; le reste viendra notamment du gouvernement fédéral (100 000 $) ou de fondations privées, affirme Nakuset.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, qui coordonne le plan d'action en itinérance, affirme qu'en plus des 300 000 $ confirmés pour Résilience Montréal, 150 000 $ sont prévus pour le « dossier autochtone ».

Un centre de consommation contrôlée d'alcool 

La majorité de l'investissement annoncé vendredi – 3 millions de dollars – ira à la création d'une ressource d'accueil « avec consommation contrôlée » – communément appelée wet shelter. Ce concept, qui existe déjà dans des villes comme Ottawa ou Toronto, permet aux itinérants qui souffrent de dépendance à l'alcool de boire dans un environnement contrôlé.

« Ça fait des années qu'on demande ce genre de ressource », affirme Nakuset. « D'avoir un wet shelter, va nous être très utile, car nous allons pouvoir référer les gens là. Et j'espère que ce nouveau centre sera ouvert 24 heures sur 24 », ajoute-t-elle. Résilience Montréal accueillera les sans-abri jusqu'à 20 h.

L'intervenant de rue John Tessier, qui travaille au refuge Open Door, aujourd'hui situé sur l'avenue du Parc, juste au nord de la rue Sherbrooke, se réjouit aussi de la nouvelle annonce.

« La plupart de nos clients viennent nous voir car ils sont trop sous l'emprise de l'alcool pour être acceptés dans un refuge », affirme l'intervenant du Open Door, un des seuls foyers à recevoir des personnes en état d'ébriété.

« Au moins deux de nos clients nous suppliaient de pouvoir aller quelque part la nuit parce qu'ils étaient en sevrage. [...] Beaucoup de gens pensent qu'un wet shelter est un bar ouvert, mais ce n'est pas du tout le cas », ajoute-t-il.

Le nouveau centre devrait ouvrir d'ici le printemps, mais sa localisation n'est pas connue.

Une somme de 1 million de dollars est par ailleurs prévue pour aider les organismes qui viennent en aide aux femmes en situation d'itinérance, dont plusieurs manquent de ressources.

« L'idée, c'est d'amener des solutions adaptées aux besoins des femmes », affirme Julie Grenier, directrice adjointe aux partenariats du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.

Un autre demi-million de dollars de cette enveloppe de 5,45 millions sera aussi versé à la réparation et la rénovation des infrastructures des organismes d'accueil.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Autochtones

Société