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Le gouvernement Trudeau attendu au tournant par les représentants autochtones

Justin Trudeau prononce un discours.

Le chef libéral Justin Trudeau, lors de son discours de victoire lundi soir

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Plusieurs chefs et responsables d’organismes autochtones saluent la réélection du chef libéral, mais le pressent d'agir sur des crises vécues par les peuples autochtones.

Le message revient chez plusieurs représentants autochtones : le dialogue s’est amélioré entre Ottawa et eux, mais Justin Trudeau devra accélérer la réconciliation dans ce second mandat.

« Sa réélection est une bonne chose, c’est le gouvernement qui a le plus fait pour les Autochtones dans les vingt dernières années », clame Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières Nations du Canada. Avant d’ajouter : « Mais les progrès de ces quatre ans ne signifient pas du tout qu’on a comblé le fossé qui sépare les Premières Nations du reste du Canada. »

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, admet un changement de ton depuis 2015 entre Ottawa et les peuples autochtones. « Entre le premier mandat Trudeau et son prédécesseur [Stephen Harper], c’est le jour et la nuit ! », résume-t-il, peu surpris par la réélection du chef libéral. Il espère que ce second mandat va amener un « souffle nouveau sur certaines promesses libérales ».

Le grand chef du conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, soutient lui aussi que la réélection de Justin Trudeau n’est pas une mauvaise nouvelle pour les peuples autochtones : « Il y a eu des efforts réalisés, on espère que ça va continuer. Mais il faut rapidement que la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones soit mise en oeuvre dans la loi canadienne ». Ce document affirme notamment l’autodétermination des Premières Nations. Le Parti libéral s’est engagé à l’intégrer au droit canadien d’ici fin 2020.

Un gouvernement minoritaire : une opportunité de mieux servir les intérêts des Premières Nations

Sans majorité absolue, Justin Trudeau va devoir composer avec un groupe de députés moins garni que depuis 2015.

Pour Ghislain Picard, les cartes ont été redistribuées. Il affirme que ceux qui affronteront Justin Trudeau dans la Chambre des communes devront peser de tout leur poids pour que le premier ministre pose d’urgence un geste dans un dossier chaud pour les peuples autochtones. La contestation, par Ottawa, d’un jugement l’obligeant à indemniser les enfants autochtones qui ont été séparés de leur famille parce que le gouvernement n’avait pas su leur assurer les services disponibles dans les communautés. « Le tribunal a été clair, Ottawa doit payer, il n’y a aucune bonne raison pour contester le jugement : il faut que les partis d’opposition jouent leur rôle sur le dossier », martèle-t-il.

Perry Bellegarde, lui, souligne « un nouvel équilibre des forces d’opposition, qui vont avoir un poids plus grand en Chambre ».

Ghislain Picard voit dans la renaissance du Bloc québécois une possibilité de faire contrepoids à certains projets des libéraux : « Le Bloc est opposé à l’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain par exemple, tout comme les Premières Nations. C’est aussi le cas du NPD. Il faut qu’ils jouent leur rôle de partis d’opposition pour protéger notre environnement. »

Une somme de crises à traiter rapidement

Perry Bellegarde parle sur une tribune devant une série de drapeaux canadiens.

Perry Bellegarde, le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, considère que le gouvernement de Justin Trudeau a été le meilleur des trente dernières années pour les Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La santé de la planète est une des situations urgentes à régler pour ce nouveau mandat de Justin Trudeau, selon Perry Bellegarde : « On parle toujours de réconciliation. Pour qu’il y ait réconciliation, il faut aussi accélérer la transition énergétique, que l’écosystème dans lequel nos peuples vivent souffre moins ». Pour marquer les esprits, « le gouvernement peut aussi agir vite sur la question du logement. Il n’y a pas assez de logements dans les communautés » , souligne le chef national de l'APN

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec, pense que la première urgence à régler a été tue durant toute la campagne : « J’ai très peu entendu parler des femmes dans la campagne, des violences que vivent les femmes autochtones : la stérilisation forcée, par exemple, tout ça, on n’en a pas entendu pas un mot. » Les recommandations du rapport del’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) n’ont pas encore été suivies d’effets, selon elle.

« On est devenus incontournables » - Ghislain Picard

L'homme apparaît au second plan

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Photo : Sylvain Roy Roussel

Avec dix députés élus, à égalité avec le record de 2015, les Autochtones confirment un poids plus important acquis à la Chambre des communes. « On est devenus incontournables. Avec nous, la démocratie canadienne évolue », estime Ghislain Picard.

Viviane Michel salue, elle, la victoire « symbolique » de Jody Wilson-Raybould (Première Nation We Wai Kai) dans Vancouver-Granville. L’ex-procureure générale avait été exclue du caucus libéral dans la foulée de l’affaire SNC-Lavallin. « On accueille sa victoire avec joie. Ça prouve que les Canadiens ont été reconnaissants, Jody a eu leur confiance. Nous, les Premières Nations, on est toujours loyales. »

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