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La France recule sur un mégaprojet minier situé en territoire autochtone en Guyane

Un hélicoptère de l'armée brésilienne survole la rivière Oyapock qui sépare le Brésil de la Guyane française au cours de l'opération « Agata », près de la ville d'Oiapoque.

Un hélicoptère de l'armée brésilienne survole la rivière Oyapock qui sépare le Brésil de la Guyane française.

Photo : Reuters / Ueslei Marcelino

Radio-Canada

Le gouvernement français devait présenter un avis favorable au prolongement de la concession du projet minier controversé de la Montagne d'or, détenu par le consortium russo-canadien Nordgold/Columbus Gold, en Guyane. Or, il est revenu sur sa décision.

« Notre position est claire : le projet Montagne d’Or est incompatible avec nos exigences environnementales, le gouvernement y est opposé. L’avis de la commission des mines de Guyane ne peut en aucun cas autoriser des travaux d’exploitation, il ne changera rien à notre décision », écrivait mercredi sur Twitter Elisabeth Borne, ministre française de la Transition écologique.

La préfecture de Guyane a annoncé pour sa part qu'elle ajournait l'instruction par la commission des mines d'une demande de prolongation de la concession.

D’ici 2023, le consortium russo-canadien prévoit mettre en œuvre un énorme chantier en plein cœur de l'Amazonie avec l’intention d’exploiter et d'extraire environ 87 tonnes d’or sur 12 ans. Les bénéfices pourraient dépasser les 800 millions de dollars.

Le projet minier controversé dans ce département français d'Amérique du Sud vacille depuis des années en partie en raison de la mobilisation des Premières Nations. Les opposants au projet demandent au gouvernement français de refuser le renouvellement de la concession de la compagnie minière Montagne d'or, arrivée à expiration le 31 décembre dernier.

Pour l'instant, aucune décision officielle n'a été prise par l'État français.

Une hypocrisie totale

« L'État français est d'une hypocrisie totale surtout envers les peuples autochtones de Guyane  », explique à Espaces autochtones Mawalum Amandine Galima, porte-parole de la Jeunesse autochtone de Guyane, qui était de passage le mois dernier à Montréal dans le cadre d'un colloque.

À titre d'exemple, elle cite le refus de la minière de visiter un village autochtone, à l'invitation des chefs, dans le cadre d'un débat public. « C'est ce qui nous a donné encore plus de rage pour faire échouer le projet  », poursuit-elle, ajoutant que le projet n'entraînerait aucune retombée pour les populations locales.

Chef Cécile Kouyouri et Mawalum Amandine Galima, porte-parole de la Jeunesse autochtone de Guyane, étaient de passage à Montréal en septembre 2019.

Chef Cécile Kouyouri et Mawalum Amandine Galima, porte-parole de la Jeunesse autochtone de Guyane, étaient de passage à Montréal en septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Guy Bois

Cécile Kouyouri, chef coutumier dans la communauté de Bellevue, en Guyane, parle d'une « atteinte à [l']existence » des Autochtones. « Nous avons besoin de la forêt. C'est vrai que la modernité a pris place, mais on aura toujours besoin de la forêt, de la terre, notre mère nourricière. Nous n'avons pas le droit de les abîmer », dit celle qui participait également au colloque Résistance des femmes autochtones dans les Amériques, à l'Université du Québec à Montréal.

Selon les associations autochtones et écologiques, l’exploitation en pleine forêt primaire amazonienne représenterait une catastrophe pour la vie animale et végétale.

« Si on ne réagit pas, ça sera la destruction totale d'un peuple qui a toujours protégé la nature  », affirme Mme Kouyouri.

Les Autochtones représentent environ 5 % de la population totale de la Guyane.

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