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Rencontre de Québec : les Autochtones déçus de l'absence de Legault

La salle de réunion rassemble des personnes réunies autour de tables disposées en carré.

Une trentaine de représentants des peuples autochtones sont réunis à Québec.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Bissonette

Radio-Canada

Les dirigeants autochtones se sont réunis jeudi à Québec pour rencontrer des membres du gouvernement du Québec. Les chefs espèrent pouvoir bâtir une relation « de nation à nation » avec le Québec et ont déploré l'absence du premier ministre François Legault.

Une trentaine de dirigeants des onze premières nations du Québec et des Inuit se sont rassemblés à Québec pour rencontrer cinq ministres du gouvernement Legault ainsi que deux députés caquistes.

Pour les chefs autochtones, cette réunion visait à s'assurer que le premier ministre François Legault respecte son engagement de donner suite à un rapport historique sur le traitement réservé aux membres des Premières Nations et aux Inuit de la province.

«  Pas sur la même longueur d'onde  »

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, a déploré le fait que François Legault ait été absent de la rencontre : « C'est sans doute un manque de compréhension de la définition qu'on donne d'[une relation] de nation à nation. Ça prend un terrain pour en parler. » Selon lui, sa présence aurait été « souhaitable et souhaitée par les chefs ».

Il se réjouit cependant que la réunion ait déjà posé quelques jalons pour la suite. Il espère que lors de la prochaine, prévue avant la fin de l'année, François Legault sera présent, pour pouvoir lui reparler de la mise en œuvre dans la province de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, sur laquelle le premier ministre a des réserves.

La ministre responsable des Affaires autochtones Sylvie D'Amours, affirme que les liens entre les peuples autochtones et la province peuvent se renforcer sous son mandat : «  Je considère [notre relation] de nation à nation. Ils ont un privilège d'avoir un secrétariat aux Affaires autochtones. C'est par ce véhicule là qu'on va travailler. »

Ghislain Picard affirme que la ministre d'Amours a compris ce que les chefs demandaient. Mais ces requêtes exigent des transformations structurelles dans le comportement du gouvernement avec les peuples autochtones : « Nos attentes sont élevées, on veut un vrai changement de culture dans nos relations [avec la province]. On n'est pas rendu sur la même longueur d'onde »

Les peuples autochtones dans l'attente de réponses concrètes

Le document de la Commission sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP), fruit de neuf mois de témoignages, concluait que les Autochtones du Québec étaient victimes de « discrimination systémique » en matière d'accès aux services publics.

Il renfermait 142 recommandations, sous forme d’appels à l’action. Les excuses du gouvernement Legault aux Autochtones constituaient la première recommandation. Elles ont recueilli, le 2 octobre, les applaudissements nourris des chefs autochtones à l’Assemblée nationale.

Mais elles ne sont qu'un point de départ. Les 141 autres recommandations demandent des changements dans les services de police, les services correctionnels, la justice, la protection de la jeunesse et les services de santé et les services sociaux auprès des Autochtones.

Une dame blonde aux lunettes à bords épais.

Sylvie D'Amours, ministre responsable des Affaires autochtones.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Bissonette

Face à ces demandes, le gouvernement a voulu montrer qu’il répondra à l’appel, comme l’affirmait jeudi matin Sylvie D’Amours, ministre responsable des Affaires autochtones : « Certaines actions sont prises par le gouvernement par certains ministères. [...] Maintenant, ensemble, nous devons prioriser les actions concrètes et les démarches doivent se faire ensemble. »

Le logement, une priorité

Les chefs autochtones voulaient s’assurer que le rapport ne viendra pas prendre la poussière sur les bureaux des ministères et qu’il sera suivi d’actions mesurables. Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador depuis 1992, souhaite que le gouvernement fasse rapidement plus pour élargir l'offre de logements dans les communautés autochtones : « J'espère que le prochain ordre du jour sera plus ambitieux. Pour l'instant, on n'a pas eu d'engagement concret. [...] Une façon logique et ordonnée de faire les choses, c'est de mettre en branle le chantier des logements dans les communautés autochtones rapidement. »

Konrad Sioui, grand chef de la Nation huronne-wendat, a bien peur que le rapport Viens ne soit qu'un document de plus.

On a connu la crise d’Oka, la commission royale d’enquête qui a rendu un rapport en 1996. Tout était là, faut pas se le cacher, il y avait 400 recommandations. On a vu passer commission sur commission [...] aujourd’hui, on doit vraiment adresser les façons de mieux s’entendre.

Konrad Sioui, grand chef de la Nation huronne-wendat

Sylvie D’Amours assure qu’il s’agit d’une première rencontre, et que les priorités d’actions ne seront définies qu'en consultant les représentants autochtones.

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