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Nouveaux heurts en Équateur entre manifestants indigènes et policiers

Des centaines de personnes masquées manifestent, des bombes de gaz lacrymogène à leurs pieds.

Les manifestations et les affrontements se sont poursuivis vendredi à Quito.

Photo : Getty Images / AFP / Martin Bernetti

Agence France-Presse

De nouveaux heurts entre manifestants indigènes et la police ont eu lieu vendredi à Quito, au lendemain d'un appel à « radicaliser » les actions contre les réformes économiques du gouvernement de Lenin Moreno.

Au dixième jour d'une vague de contestation sociale sans précédent, des affrontements ont eu lieu entre protestataires et forces de l'ordre non loin du parlement, qui avait été brièvement envahi mardi par des manifestants.

Des heurts ont également eu lieu dans d'autres points du centre de la capitale, quadrillée par la police et l'armée, et dont l'activité est sérieusement entravée par ce mouvement social, inédit depuis 2007.

S'abritant derrière des planches, des hommes cagoulés lançaient pierres et fusées artisanales aux abords du parlement en direction de la police, qui répliquait avec du gaz lacrymogène et avait déployé des véhicules antiémeutes.

« Assassins », criaient aux policiers les manifestants, bâtons en main et drapeau de l'Équateur sur les épaules, au milieu d'un épais nuage de fumée.

Des blessés ont été évacués par les manifestants sur des civières de fortune, ont constaté des photographes de l'AFP.

Les policiers détenus ont été libérés

Un cercueil est transporté à travers la foule.

Des policiers qui étaient détenus par les manifestants ont dû porter jeudi le cercueil d'une des victimes des affrontements des derniers jours.

Photo : Getty Images / Jorge Ivan Castaneira Jaramillo

Dix policiers détenus une partie de la journée, jeudi, à la Maison de la culture de Quito, ont été relâchés après avoir été forcés de porter le cercueil d’une des cinq victimes qui ont trouvé la mort durant les manifestations.

Pouvant accueillir 4500 spectateurs, la Maison de la culture, ou Agora, présente généralement des concerts. Mais depuis mardi, elle est occupée par des milliers d'indigènes décidés à se battre.

Dénonçant de ne jamais apparaître à la télévision, les indigènes ont trouvé dans cette salle le lieu pour exprimer leurs frustrations, misant notamment sur une diffusion vidéo sur les réseaux sociaux.

Ce sont cinq civils, dont un dirigeant indigène, qui ont été tués lors de heurts, selon les services du Défenseur du peuple, un organisme d'État. Ce dernier a dénombré 554 blessés et fait état de 929 arrestations.

Le gouvernement a de son côté indiqué jeudi que 133 policiers avaient été blessés. Au total, 74 000 militaires et policiers ont été déployés.

Devant le regain de violence, le président Lenin Moreno a proposé vendredi un dialogue direct aux manifestants.

J'appelle les dirigeants à dialoguer directement avec moi, a déclaré le chef de l'État dans une brève allocution télévisée, estimant qu'il était « indispensable de faire baisser la violence ».

Un policier et un manifestant se donnent la main.

Des femmes venues d'Amazonie pour manifester à Quito ont accepté de faire une trêve, vendredi, dans un contexte tendu.

Photo : Getty Images / AFP / Rodrigo Buendia

Des renforts pour les manifestants

Un millier d'indigènes d'Amazonie, arrivés vendredi à Quito avec des lances, ont rejoint la mobilisation des Autochtones qui mènent la contestation sociale dans la capitale, a annoncé à l'AFP Apawki Castro, porte-parole de la Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur (Conaie).

Un « autre groupe est en train d'arriver », a précisé à l'AFP Apawki Castro, porte-parole de la Conaie.

« Ici, on viole les droits de la personne », a déclaré, en colère, Marlon Vargas, un dirigeant de ces communautés, dans une vidéo diffusée par la Conaie.

L'état d'urgence a été décrété pour 60 jours, tout comme un couvre-feu autour des institutions du pouvoir, afin que les forces armées puissent rétablir l'ordre.

Le 1er octobre, le président Moreno, élu sous l'étiquette socialiste, avait annoncé qu'il cessait de subventionner les carburants les moins chers et les plus utilisés dans le cadre d'un accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), qui prévoit une aide de 4,2 milliards de dollars américains en échange de réformes.

Lenin Moreno accuse son prédécesseur Rafael Correa (2007-2017), ex-allié devenu adversaire politique, d'avoir « activé » un « plan de déstabilisation » avec l'aide du président vénézuélien Nicolas Maduro. Ces deux derniers ont nié. Pour le chef de l'État vénézuélien, les manifestations en Équateur sont une nouvelle « insurrection populaire » contre le FMI.

Washington a en revanche exprimé vendredi son soutien au chef de l'État équatorien. « Les États-Unis soutiennent les efforts du président Moreno et du gouvernement d'Équateur pour institutionnaliser les pratiques démocratiques et appliquer les réformes économiques nécessaires », a déclaré le secrétaire d'État Mike Pompeo dans un communiqué.

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