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Terres contestées : les traditionalistes de Kanesatake réitèrent leurs revendications

Un panneau annonce la délimitation de la communauté mohawk de Kanesatake et de la municipalité d'Oka.

L'entrée de la communauté mohawk de Kanesatake, au nord-ouest de Montréal, tout près de la municipalité d'Oka.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Radio-Canada

Les Mohawks traditionalistes de Kanesatake – les Rotinonhseshà:ka – dénoncent l’inaction du gouvernement de Justin Trudeau devant leurs réclamations de l'été dernier.

Ils avaient notamment demandé le 21 août à M. Trudeau de décréter rapidement un moratoire sur tout développement illégal sur le territoire de Kanesatake. Ils désiraient également obtenir une audience avec lui.

Le gouvernement avait proposé aux Rotinonhseshà:ka, dont la porte-parole est la militante Ellen Gabriel, de rencontrer d’autres représentants fédéraux, mais ils avaient refusé, réclamant la présence de Justin Trudeau lui-même.

Nos demandes ont été ignorées et le développement fondé sur un vol de terres se poursuit sans le consentement préalable, libre et éclairé des Mohawks de Kanesatake.

Les Rotinonhseshà:ka de Kanesatake
Ellen Gabriel est appuyée sur une clôture de bois.

Ellen Gabriel est la porte-parole des Rotinonhseshà:ka, les Mohawks traditionalistes de Kanesatake. Elle est vue ici l'été dernier dans la pinède d'Oka, qui était au centre de la crise de 1990.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Le Canada ignore depuis trop longtemps notre long différend territorial. Il y a quatre ans, les libéraux, comme tous les gouvernements précédents du Canada avant eux, ont délibérément ignoré les demandes des Rotinonhseshá:ka en vue d’une rencontre pour discuter de ce différend », accuse un communiqué.

En agissant comme il l'a fait, le premier ministre Trudeau a fait preuve de discrimination et de manque de respect, est-il écrit.

Et il continue de le faire, regrettent les auteurs du texte.

Nous exigeons encore une fois que le gouvernement du Canada mette en place à court terme un moratoire empêchant tout développement sur les terres ancestrales mohawks et que le premier ministre Trudeau rencontre les Rotinonhseshá:ka de Kanesatake.

Les Rotinonhseshà:ka de Kanesatake

Les Rotinonhseshá:ka estiment que seul un moratoire pourrait permettre la tenue de discussions sur le fond du conflit. Ils disent espérer que cette dispute, qui afflige les résidents de Kanestake et autres Autochtones depuis trop longtemps, trouve une résolution pacifique.

Les traditionalistes, qui ne reconnaissent pas l'autorité du conseil de bande, avaient souligné en août qu’accepter le terrain de 60 hectares que souhaitait leur donner le promoteur Grégoire Gollin les obligerait à renoncer à des droits portant sur un territoire beaucoup plus important. On respecte ses intentions, avait cependant précisé Ellen Gabriel.

700 km2 de terres contestées

Le Domaine des collines d'Oka est un projet résidentiel situé sur des terres revendiquées par les Mohawks de Kanesatake, tout près de la pinède qui s’est retrouvée au cœur de la crise d’Oka, en 1990.

Le Domaine des collines d'Oka est un projet résidentiel situé sur des terres revendiquées par les Mohawks de Kanesatake, tout près de la pinède qui s’est retrouvée au cœur de la crise d’Oka, en 1990.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Les terres contestées par les Mohawks ne se limitent pas à Oka. Elles comprennent aussi les municipalités de Pointe-Calumet, de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, de Deux-Montagnes, de Saint-Joseph et de Pointe-aux-Anglais. Elles correspondent à un territoire connu comme la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, qui, signalent-ils, leur avait été promis.

Le différend dont il est question dure depuis trois siècles. Les Mohawks occupaient autrefois des terres totalisant près de 700 kilomètres carrés, alors qu’ils n’en possèdent qu’une douzaine.

Il va donc bien au-delà de la dispute qui a opposé l’été dernier le grand chef de Kanesatake, Serge Simon, et le maire d’Oka, Pascal Quevillon. Les deux hommes avaient amorcé leur réconciliation à Wendake, tout près de Québec, à la fin août.

Le communiqué des traditionalistes se terminent d'ailleurs par un avertissement : Caveat emptor – Acheteurs, méfiez-vous des transactions sur des terrains à Kanesatake, Oka et dans les municipalités voisines.

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