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L’accès à l’eau potable dans les communautés autochtones s’invite au débat des chefs

Une affiche d'avertissement de pollution dans l'eau.

La présence de mercure à Grassy Narrows serait connue depuis 1990.

Photo : Radio-Canada / Jody Porter/CBC News

Ismaël Houdassine

Le chef libéral Justin Trudeau a dû défendre son bilan en matière d'accès à l’eau potable dans les communautés autochtones lors du débat des chefs en français de jeudi soir, dernière occasion pour ses adversaires de le confronter à ce sujet.

Dans le segment consacré aux services aux citoyens, l’animateur Patrice Roy a énuméré plusieurs défis qui touchent les conditions de vie des Autochtones, comme les réserves sans logements suffisants ou sans eau potable. Comment améliorer les conditions de vie des Premières Nations? a-t-il demandé aux candidats.

C’est Jagmeet Singh, du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a ouvert le bal en pointant les actions du chef du Parti libéral, Justin Trudeau. Il [Trudeau] donne de belles paroles en public, mais le problème vient des décisions qu’il prend en privé, a-t-il dit.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, et la chef du Parti vert, Elizabeth May, prennent part au débat.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, et la chef du Parti vert, Elizabeth May, prennent part au débat.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Pour illustrer ses propos, M. Singh est revenu sur sa visite chez les membres de la Première Nation de Grassy Narrows, aux prises avec des problèmes de contamination au mercure depuis plus de 50 ans. Son parti a déjà promis qu’il dépenserait 19 millions de dollars pour financer un centre antipoison dans cette communauté.

C’est une communauté empoisonnée par le mercure, a-t-il raconté. Il faut voir l’empoisonnement sur le corps des gens. Les enfants tremblent à cause de cet empoisonnement. Avec les communautés autochtones, si on veut agir dès maintenant, on peut agir.

M. Singh a ajouté que les gouvernements successifs avaient eu la possibilité de régler le problème. Les conservateurs et les libéraux ont choisi de négliger les communautés autochtones, a-t-il dit.

Un droit de réponse a été accordé à M. Trudeau, qui s’est défendu en détaillant les investissements accordés dans les communautés autochtones dans tout le pays.

On a déjà levé 87 avis d’ébullition d’eau à long terme après 10 ans de Stephen Harper où lui n’a rien fait, a-t-il martelé. Et nous travaillons justement avec la communauté de Grassy Narrows pour approuver un centre de traitement. On va donner les investissements nécessaires pour ce financement.

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, et le chef conservateur, Andrew Scheer.

Passe d'armes entre le chef libéral, Justin Trudeau, et le chef conservateur, Andrew Scheer

Photo : La Presse canadienne / Chris Wattie

Au court d’une confrontation entre le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, et le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, le bloquiste a lancé que l’accès à de l’eau potable était un service « élémentaire » et « fondamental ».

C’est un peu choquant. On trouve des milliards de dollars pour acheter des oléoducs et on ne trouve pas l’argent après des années pour donner de l’eau potable à des communautés autochtones.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Pour le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, si toutes les réserves n’ont pas encore accès à l’eau potable, ce n’est pas une question d’argent. Il faut changer le système, le statu quo ne fonctionne pas et ça fait des années qu’on essaye de bâtir une meilleure relation avec les Premières Nations. Il y a 21 milliards de dollars que le gouvernement fédéral dépense dans les relations avec les Autochtones.

Afin d’améliorer les services, M. Bernier propose de repenser entièrement la relation du gouvernement fédéral avec les Autochtones. Il suggère d'abolir la Loi sur les Indiens, tout en assurant davantage d’autonomie aux réserves.

Il faut qu’il y ait de la richesse qui se crée sur les réserves, eh oui, il faut aussi développer des pipelines pour s’assurer que la richesse puisse arriver sur les réserves en collaboration avec les Premières Nations, a-t-il clamé.

Échanges vifs entre le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, et le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer.

Échanges vifs entre le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, et le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

De son côté, le chef conservateur a promis d’améliorer la croissance économique dans les réserves, en particulier pour celles qui se situent dans des endroits éloignés ou ruraux.Le secteur minier, forestier, et le secteur énergétique sont les secteurs qui créent le plus d'emplois pour ces Premières Nations, a-t-il dit. C’est pourquoi j’ai dit que je nommerais un ministre avec la responsabilité de mener des consultations dynamiques pour assurer qu’on respecte nos obligations.

L’animateur a ensuite relancé le débat avec un constat sur la difficulté de voir des améliorations concrètes en ce qui concerne les enjeux autochtones, notamment sur la réconciliation. M. Roy a demandé à Justin Trudeau pourquoi Ottawa avait décidé de contester le jugement du Tribunal canadien des droits de la personne obligeant le gouvernement à indemniser les enfants autochtones confiés à la protection de l’enfance.

Le chef libéral a admis que le contexte électoral n'est pas le bon pour établir les paramètres, bien qu’il soit d’accord avec le jugement du tribunal. L’échéancier pour [les compensations] d’ici décembre ne fonctionne pas avec les élections, a-t-il dit, avant de préciser : Le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a reconnu qu’aucun gouvernement n’en a fait plus, mais on reconnaît qu’on en a plus à faire.

De son côté, Elizabeth May, du Parti vert, a reproché à M. Trudeau de mentir. Ce n’est pas vrai, a-t-elle lancé. Votre gouvernement a contesté le jugement du tribunal en faveur des enfants autochtones. C’est un véritable scandale.

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