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15 ans de Wapikoni mobile : la voix et le regard des artistes autochtones

Cofondé en 2003 par Manon Barbeau, le lancement du Wapikoni mobile a eu lieu en 2004 dans le cadre du festival Présence autochtone à Montréal.

Cofondé en 2003 par Manon Barbeau, le lancement du Wapikoni mobile a eu lieu en 2004 dans le cadre du festival Présence autochtone à Montréal.

Photo : Mathieu Buzzetti

Ismaël Houdassine

Depuis 2003, le Wapikoni mobile se déplace chez les nations autochtones du Québec afin de permettre aux jeunes d’exprimer leur vision du monde à travers des créations musicales et cinématographiques. Ce qui a commencé comme un désir de briser les frontières s’est transformé au fil des années en une fenêtre ouverte sur les talents issus des Premières Nations et des communautés inuit.

On n’a pas tous les jours 15 ans. Pour marquer le coup, le Wapikoni mobile organise à Montréal tout un événement dans le cadre du Festival du nouveau cinéma (FNC). Pendant deux jours, les 10 et 11 octobre, l’organisme propose une panoplie d’activités afin de mettre en lumière son implication pour la création artistique.

Conférences, rencontres, ateliers et projections sont au programme de l’événement intitulé Le Wapikoni mobile : 15 ans que ça roule. Plusieurs personnalités du milieu seront d’ailleurs en ville pour l’occasion. Signalons les présences de Samian de la communauté anishnabe, de Natasha Kanapé-Fontaine, Innue de Pessamit, ou de Benjamin Murray, chanteur micmac de Thunder Bay, en Ontario.

Voilà une opportunité de s’entretenir sur un certain nombre de sujets reliés aux nouveaux enjeux autochtones, déclare en entrevue Odile Joannette, directrice générale du Wapikoni mobile. Les invités vont probablement partager des témoignages sur leur parcours personnel.

Un nouveau studio mobile ira à la rencontre des Autochtones, d'un océan à l'autre.

Un nouveau studio mobile ira à la rencontre des Autochtones, d'un océan à l'autre.

Photo : Mathieu Buzzetti-Melançon

Car pour Odile Joannette, Innue de Pessamit qui a œuvré pendant 10 ans au sein de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), l’existence du Wapikoni mobile s’inscrit surtout comme un levier artistique de transformation sociale et sociétale.

Les 15 ans du Wapikoni, cela représente des années de défis pour faire reconnaître une méthodologie assez atypique en termes de formation et de transfert de connaissance, lance Odile Joannette. L’organisme est maintenant capable de démontrer ses résultats avec la reconnaissance des talents autochtones.

L’expérience Wapikoni – au départ une initiative de la cinéaste Manon Barbeau, aujourd’hui présidente de l’organisme – a fait un bon bout de chemin. L’organisme peut s’enorgueillir d’avoir mis en place de fortes collaborations, dont une avec la plateforme Netflix. Odile Joannette, qui a été nommée à la direction il y a 18 mois, parle d’un véritable accomplissement.

On a plus de 5000 participants derrière la réalisation de 2000 œuvres, annonce-t-elle. L’ensemble comprend 1200 courts métrages et 800 enregistrements musicaux ou vidéoclips qui forment une collection importante pour le patrimoine culturel autochtone.

Le potentiel artistique au sein des communautés est énorme. L’enjeu pour les Autochtones demeure l’accessibilité aux opportunités et aux espaces de création.

Odile Joannette, directrice générale du Wapikoni mobile

Même s’il demeure encore jeune, le Wapikoni mobile a bien grandi. Le studio ambulant offre dorénavant ses services dans plusieurs communautés du Canada et aussi hors du pays. Lors de ses tournées, il est accompagné de cinéastes et de formateurs professionnels. De plus, l’organisme vient d’inaugurer sa première résidence de création consacrée cette année aux langues autochtones.

On est très fiers du parcours, mais ça n’a pas toujours été facile, explique Odile Joannette. Ce n'est pas toujours simple de défendre nos œuvres pour qu’elles soient vues le plus largement possible. Un de nos objectifs demeure le rapprochement entre les peuples pour réfléchir et créer un avenir ensemble.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur environ 5000 soumissions de films par année, 300 proposés par les artisans du Wapikoni sont retenus pour être présentés dans plusieurs centaines de festivals ici et à travers le monde.

Mais on a aussi développé en parallèle nos propres outils de distribution, ajoute la directrice. En plus de nos roulottes de création, on a un cinéma itinérant pour que les communautés puissent voir les films en plein air.

Durant l’événement anniversaire, des rendez-vous sont au programme, comme le lancement, le 10 octobre au cinéma Impérial, de ses plus récents courts métrages et du coffret DVD Le cinéma des Premières Nations composé de 200 courts métrages. Ajoutons une rétrospective sur 15 ans de cinéma autochtone prévue le 11 octobre.

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