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Les préoccupations des Autochtones au coeur des discours électoraux dans les grandes villes

Quatre étudiantes discutent autour d'une table.

Pour les étudiants du Nunavut Sivuniksavut, à Ottawa, les enjeux les plus importants de cette élection sont l'éducation, le logement et la santé mentale des Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Julie Ireton

Radio-Canada

Lors des récentes réunions de tous les candidats dans les circonscriptions urbaines d'Ottawa, les questions sur les politiques autochtones, la réconciliation et le traitement des enfants autochtones n'ont pas manqué.

Outre les grandes préoccupations relatives aux changements climatiques et à l'abordabilité, les questions autochtones ont figuré parmi les cinq principaux points de discussion des chefs de parti lors du débat télévisé de lundi soir.

Plus de la moitié de la population autochtone du Canada, qui compte plus de 1,6 million de membres des Premières Nations, de Métis et d'Inuit, vit maintenant dans des centres urbains, dont plus de 42 000 à Ottawa, et, plus que jamais auparavant, elle vote.

Le vote des Inuit

Cecile Lyall, une Inuk de Taloyoak, au Nunavut, qui étudie actuellement à Ottawa, dit qu'elle se réjouit de pouvoir voter cette fois-ci et espère que d'autres jeunes autochtones feront de même.

Cette fois-ci, il y a tellement de place pour l'accroissement de la participation électorale, surtout avec une population si jeune, a déclaré Mme Lyall, âgée de 27 ans, étudiante de troisième année au programme de perfectionnement scolaire et professionnel du Nunavut Sivuniksavut, à Ottawa, une initiative postsecondaire pour environ 50 étudiants inuit et du Nord.

À l'extérieur du Nunavut, Ottawa compte la plus grande population inuit. Il comprend des artistes, des étudiants, des fonctionnaires, des travailleurs d'organismes non gouvernementaux et des personnes qui reçoivent des traitements médicaux.

Cecile Lyall regarde la caméra.

Cecile Lyall est inscrite à un programme postsecondaire à Ottawa, mais elle prévoit voter au Nunavut.

Photo : Radio-Canada / Julie Ireton

Cette fois-ci, les trois candidates, libérale, néo-démocrate et conservatrice, qui se présentent aux élections au Nunavut sont toutes des femmes inuit.

C'est très inspirant parce qu'une jeune fille à la maison peut maintenant s'imaginer se présenter aux élections fédérales, peut-être un jour comme candidate au poste de premier ministre, a fait valoir Mme Lyall, qui est liée au candidat libéral du Nunavut.

Pendant que Mme Lyall regarde de loin la campagne au Nunavut, deux des principaux enjeux pour elle sont le logement et la sécurité alimentaire dans le Nord.

Cette élection, c'est très rafraîchissant parce que nous voyons les questions autochtones et l'amélioration de la situation des gens au premier plan de chacune de leurs campagnes, et cela a beaucoup à voir avec les jeunes, a ajouté Mme Lyall.

Jeunes autochtones

Selon Perry Bellegarde, chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), le segment de la population autochtone du Canada qui connaît la plus forte croissance est celui des jeunes.

L'APN demande au gouvernement fédéral de tenir compte de cette population jeune au moment de prendre des décisions stratégiques et d'investir dans le « capital humain », comme les programmes de formation et d'éducation.

Vous allez obtenir d'énormes retours sur investissement dans le futur. Le Canada a une main-d'œuvre vieillissante, il y a une pénurie de main-d'œuvre qualifiée, a déclaré M. Bellegarde lors d'un récent événement au Musée canadien de l'histoire à Gatineau, au Québec.

Le progrès ne signifie pas la parité.

Perry Bellegarde, APN

Les libéraux d'un bout à l'autre du pays font campagne sur leur bilan en ce qui concerne les Canadiens autochtones.

Lors d'une récente réunion de tous les candidats à Ottawa-Centre, la candidate libérale Catherine McKenna a déclaré que le parti avait fait des investissements, pris des engagements et qu'il avait fait avancer le dossier des revendications territoriales, mais elle a tout de même reconnu que le travail n'est pas terminé.

Bien que M. Bellegarde note que des changements sont en train de se produire, il a souligné qu'il existe toujours un écart énorme entre le traitement des peuples autochtones et celui du reste de la population.

Le progrès ne signifie pas la parité. Nous avons beaucoup de travail à faire en collaboration avec les gouvernements fédéraux et provinciaux, a-t-il dit. Le problème numéro un est le changement climatique, puis la justice réparatrice, puis la poursuite des investissements dans le logement, l'eau, les infrastructures et l'éducation.

Candidate autochtone

La seule candidate de l'est ontarien ou de l'ouest du Québec qui s'identifie comme Autochtone est Lorraine Rekmans, candidate verte dans Leeds-Grenville-Thousand Islands et Rideau Lakes.

Madame Lorraine Rekmans regarde la caméra.

Lorraine Rekmans, la seule candidate de l'Est de l'Ontario à s'identifier comme Autochtone, se présente pour le Parti vert dans Leeds-Grenville-Thousand Islands et Rideau Lakes.

Photo : Lorraine Rekmans

Mme Rekmans, membre de la Première Nation anichinabée de Serpent River, a déménagé à Ottawa en 2000 pour travailler à l'Association nationale de foresterie autochtone.

Elle aide maintenant à diriger une entreprise familiale à Kemptville, en Ontario, et elle est porte-parole en matière d'affaires autochtones pour les verts.

Le changement climatique, la gestion des ressources et la jeune génération sont autant d'enjeux sur le radar de Mme Rekmans.

Les jeunes autochtones se retrouvent dans des zones urbaines, et nous devons nous assurer que nous avons des services pour les aider dans cette transition, parce que beaucoup de gens se déplacent pour trouver un emploi, a-t-elle fait remarquer.

Pas plus tard que la semaine dernière, le gouvernement fédéral a décidé de contester la décision du Tribunal canadien des droits de la personne qui demande l'indemnisation des enfants des Premières Nations qui ont été enlevés de leur foyer et de leur collectivité.

C'est une décision qui pourrait faire payer au gouvernement des milliards de dollars d'indemnisation.

Le chef conservateur Andrew Scheer est également en faveur d'un appel judiciaire de la décision.

Il s'agit d'une décision d'une portée considérable qui a des répercussions majeures sur de multiples paliers de gouvernement, a affirmé M. Scheer. Il serait approprié de faire un appel.

La néo-démocrate Emilie Taman, qui se présente à Ottawa-Centre, a déclaré que son parti respecterait la décision historique en matière de droits de la personne et veillerait à ce que le niveau de financement des enfants autochtones soit le même que celui des autres enfants canadiens.

C'est aussi simple que cela, a déclaré Mme Taman, une avocate qui a déjà travaillé pour le Service des poursuites pénales du Canada. Sur la question spécifique de la violation des droits de l'homme qui fait partie du génocide contre les peuples autochtones dans notre pays, ce n'est pas suffisant, je suis désolée.

Le NPD investirait également dans des logements sûrs, sains et abordables, augmenterait les fonds destinés à l'éducation postsecondaire et améliorerait les services de santé mentale pour les peuples autochtones.

Cécile Lyall a l'intention de rentrer chez elle pour voter, et elle espère encourager les autres à voter.

C'est quelque chose qui, je l'espère, continue de gagner en importance, non seulement pour les Inuit, mais aussi pour les Canadiens en général. C'est très stimulant de pouvoir entrer dans l'isoloir et de sentir que l'on fait vraiment une différence, a déclaré Mme Lyall.

Notre dossier Élections Canada 2019

Avec les informations de Julie Ireton

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale