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L'Alberta créera une société pour encourager les investissements autochtones en énergie

Jason Kenney parle devant des gens assis.

Le gouvernement Kenney veut créer une société d'État qui facilitera la participation financière des Autochtones dans les grands projets d'exploitation de ressources naturelles.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Mirna Djukic

Le gouvernement albertain a déposé son projet de loi pour soutenir les investissements autochtones dans l’industrie énergétique. Celui-ci propose la création d’une société d’État qui offrira 1 milliard de dollars en garanties de prêts pour les communautés qui veulent participer à des projets de moyenne et de grande échelle.

Le gouvernement a déposé son projet de loi pour créer l’Alberta Indigenous Opportunities Corporation (AIOC, Société albertaine d'investissement pour les Autochtones) dès l'ouverture de la session législative automnale, mardi. Le premier ministre Jason Kenney se félicite ainsi d'avoir tenu une autre promesse électorale.

Cette société d’État offrirait des prêts, des garanties de prêt et d’autres formes de soutien financier aux communautés autochtones qui veulent s’impliquer dans l’exploitation des ressources naturelles à grande échelle.

Le président du Conseil des ressources indiennes (Indian Resource Council), Stephen Buffalo, croit que ce modèle d’affaires sera très profitable pour les Premières Nations. « Nous sommes extrêmement satisfaits », dit-il.

Le grand chef des Nations du Traité 8, Arthur Noskey, a également exprimé son optimisme, mais en y ajoutant une touche de prudence.

« Les Nations du Traité 8 observeront le gouvernement de l’Alberta de près pendant ce processus pour s’assurer que [cette nouvelle société] n’entre pas en conflit avec nos Nations souveraines », dit-il.

L’AIOC serait sous l’autorité du ministre des Relations autochtones, mais elle aurait son propre conseil d’administration.

« L’AIOC aura un bras de distance par rapport au gouvernement, ce qui lui permettra de prendre des décisions qui ne sont pas basées sur la pression politique, mais plutôt sur les mérites commerciaux des transactions proposées », explique Jason Kenney.

Les communautés autochtones pourront demander un appui de l’AIOC pour des projets liés à l’exploitation de n’importe quelle ressource naturelle. Jason Kenney ne cache cependant pas que les projets pétroliers demeurent au centre de ses priorités.

Selon lui, les communautés autochtones sont déjà très nombreuses à appuyer les oléoducs. Si certaines hésitent, croit-il, c’est parce qu’elles se sentent laissées de côté lors du partage des profits.

« Je crois que ce qui changerait la donne pour beaucoup de ces Premières Nations [...] ce serait d’avoir un intérêt du propriétaire, de faire en sorte qu’elles ne sentent pas en marge de la transaction, mais qu’elles soient incluses », croit-il.

La chef de l’opposition officielle, Rachel Notley, se dit d’accord avec le principe de base de l’AIOC.

Elle s’inquiète toutefois que le projet tel qu’il est fait incite les communautés autochtones à s’endetter sans leur garantir un appui suffisant pour s'en sortir.

Elle souligne par ailleurs que le gouvernement a supprimé les subventions pour les projets d’énergie renouvelable dont les communautés autochtones bénéficiaient.

« [L’AIOC] est peut-être un morceau du casse-tête, mais est-ce que c’est le casse-tête au complet? Ou est-ce une tactique [des conservateurs] pour nous faire oublier qu’ils ont cassé ce casse-tête? », demande-t-elle.

Le gouvernement Kenney a l'intention de déposer une quinzaine de projets de loi au cours de cette session législative.

Le conseil d'administration de l'AIOC devrait être nommé au printemps 2020.

Alberta

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