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Amazonie : le pape François défend les coiffes à plumes

Le pape François marche avec des Autochtones de la forêt amazonienne.

Le pape François lors d'une procession à l'occasion du synode sur l'Amazonie, au Vatican, lundi 7 octobre 2019.

Photo : Associated Press / Claudio Peri

Agence France-Presse

Il n'y a pas de différence entre la coiffe à plumes d'un Autochtone d'Amazonie et le chapeau porté par un hiérarque de l'Église, a insisté lundi le pape François à l'ouverture d'un synode sur l'Amazonie, en dénonçant les « paroles offensantes » contre les peuples autochtones.

« J'ai été peiné d'entendre, ici même, un commentaire sarcastique sur un homme pieux qui a amené des offrandes avec des plumes sur la tête. Dites-moi : quelle différence y a-t-il entre avoir des plumes sur la tête et le tricorne utilisé par certains responsables dans nos dicastères? » (ministères), s'est interrogé le souverain pontife, sous les applaudissement de l'assemblée.

Le synode sur l'Amazonie va débattre pendant trois semaines des maux écologiques et sociaux de la zone, tout en essayant d'émettre des propositions pour le travail de l'Église dans cette région.

Devant plus de 250 participants, le pape s'est élevé contre « les paroles offensantes  » envers les peuples autochtones, en rejetant les « colonisations idéologiques » destructrices ou réductrices.

À propos d'un texte de travail du synode, déjà vivement critiqué par les ultra-conservateurs de l'Église, le pape a demandé aux évêques de se sentir libres de rédiger leur propre document final.

Le document de travail (« instrumentum laboris »), né d'une vaste consultation des peuples indigènes d'Amazonie, « est un texte martyre destiné à être détruit », a plaisanté le pape, en suscitant des rires.

Avant de démarrer leurs travaux, tous les participants du synode s'étaient retrouvés tôt lundi matin à la basilique Saint-Pierre.

Des représentants des peuples indigènes, qui avaient formé un cercle autour d'une barque en bois posée sur le sol de la basilique, ont entonné des chants traditionnels. Séparément, le pape, ainsi que les évêques, cardinaux et religieux du synode ont à leur tour chanté un texte traditionnel catholique.

Les Autochtones, en vêtements colorés, certains arborant des coiffes à plume, ont fait quelques cadeaux au pape. Puis tous les participants ont quitté la basilique en procession suivant la barque amazonienne pour se rendre dans la salle du synode, au son de chants locaux en espagnol évoquant « les fils de la forêt », « les eaux des fleuve » ou « la terre féconde ».

Le document de travail du synode insiste sur une nécessaire « inculturation » (un terme chrétien prônant une adaptation missionnaire à la culture locale).

Mais des voix ultra conservatrices de l'Église ont déjà poussé des hauts cris sur ce qu'ils considèrent comme du « paganisme  hérétique.

Le cardinal brésilien Claudio Hummes, président du Réseau ecclésial pan-amazonien (REPAM) et rapporteur du synode, a demandé pour sa part aux participants de ne « pas avoir peur de ce qui est nouveau ». « C'est en allant de l'avant que l'Église est fidèle à sa véritable tradition », a-t-il dit en critiquant « un traditionalisme restant ancré dans le passé ».

Les peuples autochtones interrogés avant le synode demandent l'aide de l'Église pour « défendre leurs droits », a encore insisté le prélat qui a été critiqué par le président brésilien Jair Bolsonaro ces derniers mois. « Il est nécessaire de rendre et garantir aux populations indigènes le droit d'être des acteurs de leur propre histoire », a-t-il plaidé.

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