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Scheer veut en faire plus pour honorer la mémoire de John A. Macdonald

Andrew Scheer parle dans un micro, près d'une fenêtre permettant de voir le parlement canadien.

Le chef conservateur Andrew Scheer, en conférence de presse, lundi, au Marriott d'Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Les tombes des anciens premiers ministres du Canada, y compris ceux dont l’héritage suscite la controverse, comme John A. Macdonald, deviendront des lieux historiques nationaux si le Parti conservateur est porté au pouvoir le 21 octobre.

C’est ce qu’a fait savoir le chef du parti, Andrew Scheer, lundi, lors d’une conférence de presse donnée à Ottawa pour annoncer qu’un gouvernement qu’il dirigerait rendrait l’admission gratuite dans tous les musées nationaux du Canada.

Selon lui, cette désignation patrimoniale, qui toucherait aussi les tombes des anciens gouverneurs généraux du pays, doit avoir lieu malgré ceux qui veulent faire tomber certains de ces leaders dans oubli.

Ils ont laissé leur marque, non seulement sur notre pays, mais sur le monde entier, et ils méritent notre plus grand respect, a-t-il ajouté.

M. Scheer a indirectement fait référence à la controverse qui entoure John A. Macdonald, devenu une figure polarisante à l’heure de la réconciliation avec les Premières Nations, étant donné son rôle dans l’adoption de la Loi sur les Indiens et l’établissement des pensionnats autochtones.

L’an dernier, une statue du premier premier ministre du Canada qui se trouvait devant l’hôtel de ville de Victoria a été déboulonnée à la demande du conseil municipal, qui suivait les recommandations d’un groupe créé pour étudier les questions liées à la réconciliation.

À Montréal, le monument à la mémoire de M. Macdonald érigé sur la place du Canada a été vandalisé à plusieurs reprises par un collectif qui l'accuse d'être un suprémaciste blanc [qui] a directement contribué au génocide des peuples autochtones, dénoncent-ils.

La Ville de Kingston, en Ontario, reconsidère également la place qu’elle accorde à son plus célèbre citoyen.

Je crois que l’histoire du Canada devrait toujours être célébrée. Ce n’était pas parfait, bien sûr que non. Mais on ne doit jamais permettre à la rectitude politique d’effacer ce qui a fait ce que nous sommes. Nous pouvons et nous devrions célébrer les géants de notre histoire, comme Macdonald, Mackenzie King et Laurier.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Nous pouvons nous tourner vers le passé, reconnaître et apprendre de nos erreurs et célébrer les accomplissements en même temps, a-t-il poursuivi.

Si nous regardons notre histoire et nos leaders et ne voyons que les erreurs, nous ratons l’histoire magnifique d’un pays qui a progressé pour devenir l’un des plus sécuritaires, des plus libres et des plus prospères du monde.

Notre dossier Élections Canada 2019

M. Scheer a par ailleurs annoncé qu’il ferait du Centre du patrimoine de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de Regina, en Saskatchewan, le 10e musée national du Canada. L’admission y serait aussi gratuite, comme dans les neuf autres musées nationaux.

Les neuf musées nationaux du Canada :

  • Musée canadien de l’agriculture et de l’alimentation, à Ottawa
  • Musée canadien de l’histoire, à Gatineau
  • Musée canadien de l’immigration au Quai 21, à Halifax
  • Musée canadien des sciences et de la technologie, à Ottawa
  • Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa
  • Musée canadien de l’aviation et de l’espace, à Ottawa
  • Musée canadien de la nature, à Ottawa
  • Musée canadien des droits de la personne, à Winnipeg
  • Musée canadien de la guerre, à Ottawa

Selon le directeur parlementaire du budget, rendre les 10 musées nationaux gratuits coûterait 21 millions de dollars par année au Trésor public.

Les conservateurs affirment qu'ils compenseraient cette perte par des crédits parlementaires, afin que les fonds de fonctionnement demeurent les mêmes.

Ils soutiennent en outre que la gratuité des musées va entraîner une augmentation du nombre de visiteurs, mais aussi une augmentation des dons, des revenus de stationnement et des ventes dans les boutiques de cadeaux.

Ces revenus pourront être réinvestis dans l'amélioration de l'expérience des visiteurs, disent-ils.

Scheer se défend d'avoir organisé une rencontre avec l'Opus Dei

Après son annonce, Andrew Scheer a dû se défendre d'avoir organisé en 2010 une rencontre entre le vicaire de l'Opus Dei au Canada, Frederick Dolan, et d'autres parlementaires, conservateurs et libéraux. Il était alors président suppléant de la Chambre des communes.

L'Opus Dei est une institution controversée de l'Église catholique romaine. Les membres appliquent notamment des pratiques de mortification comme la flagellation ou encore le port d'une ceinture de cilice - en crin ou en métal - plusieurs heures par jour.

Interrogé à ce sujet, M. Scheer a répondu qu'il avait organisé beaucoup de réunions avec des leaders de différentes fois religieuses. Il n'a cependant pas voulu expliquer en quoi une rencontre avec le vicaire de l'Opus Dei est comparable à une rencontre avec un rabbin ou un imam, par exemple.

J'étais à l'ouverture historique d'un temple bouddhiste juste l'autre jour et j'ai pu rencontrer un grand maître de la religion bouddhiste, alors je suis toujours en train de tenir des rencontres avec des leaders de différentes fois et de différentes religions, a-t-il affirmé.

Le chef conservateur assure qu'il n'a jamais été membre de l'Opus Dei.

Trudeau attaqué pour s'être s'affiché avec des enseignants ontariens

Andrew Scheer a également profité de son point de presse pour attaquer la décision de son adversaire Justin Trudeau de s'afficher aux côtés d'enseignants ontariens lundi matin.

Devant les caméras qui suivent sa campagne, le chef libéral a discuté pendant de longues minutes avec une poignée d'enseignants réunis au Boys and Girls Club d'Ottawa.

L'événement avait été planifié avant que le gouvernement conservateur de Doug Ford ne s'entende sur un nouveau contrat de travail, dimanche soir, avec les 55 000 employés de soutien des écoles ontariennes. L'entente a permis d'éviter in extremis la fermeture de nombreuses écoles.

M. Scheer a estimé qu'il était plutôt dégoûtant que M. Trudeau tente de politiser la situation

Comme tous les parents en Ontario, je crois que c'est une bonne chose que les enfants retournent à l'école, a-t-il commenté.

Je crois qu’il y a seulement un parent qui est déçu que la grève [soit évitée], c'est Justin Trudeau. Parce que c’est clair qu’il a essayé d'utiliser cet enjeu pour [faire] de la petite politique.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

Le chef libéral a plutôt convenu que les parents devaient être soulagés qu'une grève soit évitée. Il ne s'est toutefois pas privé pour autant de critiquer le gouvernement Ford.

Justin Trudeau parle à une enseignante assise avec des collègues autour d'une table.

Le chef libéral Justin Trudeau a discuté avec des enseignants ontariens au Boys and Girls Club, lundi matin, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Il a notamment déclaré qu'à titre d'ex-enseignant, il comprenait que les politiques du gouvernement Ford en éducation ont un impact non seulement sur les enseignants dans les écoles, mais sur les enfants et les familles ainsi que sur l'avenir que nous bâtissons.

Le gouvernement Ford a récemment augmenté le nombre d'écoliers dans les classes ontariennes dans un effort destinés à économiser 2,8 milliards de dollars d'ici 2023-2024.

Le Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario, qui fournit des évaluations de la situation financière de la province au Parlement, estime que cela aura pour effet de réduire de 10 000 le nombre d'enseignants dans le système ontarien.

La réalité, c'est que les coupures de Doug Ford a déjà effectuées en éducation ont des répercussions partout dans la province, a commenté Justin Trudeau.

Actuellement, nous sommes dans une élection où l'alternative [aux libéraux] est d'en faire deux fois plus avec cette approche conservatrice, qui est de couper les services, prône l'austérité et donne des crédits d'impôt aux plus riches plutôt qu'aux autres, a-t-il ajouté.

Depuis le début de la campagne, M. Trudeau ne cesse d'assimiler son adversaire conservateur à Doug Ford, dont la popularité a chuté depuis qu'il a été élu à la tête de la province.

Avec les informations de La Presse canadienne

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