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Les espaces de travail partagés, la nouvelle mode montréalaise en immobilier commercial

Dans la Grande région de Montréal, l'espace consacré aux bureaux partagés a augmenté de 60 % en deux ans.

Photo : iStockPhoto / Fizkes

Maxime Bertrand

L'immobilier commercial connaît une période faste dans la grande région de Montréal, plus particulièrement dans le centre-ville de la métropole. Parmi les installations les plus courues, on trouve celles qui offrent des espaces de travail partagés, dont l'offre a bondi de 60 % en deux ans seulement.

De 2017 à 2019, l'espace consacré à ces bureaux partagés est ainsi passé de 183 000 mètres carrés à 292 000 mètres carrés.

Près des deux tiers des espaces en question se retrouvent au centre-ville de Montréal, soit 189 000 mètres carrés, une progression de 103 % comparativement aux 93 000 mètres carrés offerts en 2017.

« Montréal a connu, je dirais au cours des trois ou quatre dernières années, une croissance absolument extraordinaire en matière économique, mais aussi en ce qui concerne tout ce qui est bureau polyvalent, qui est aussi connu sous le nom de coworking », soutient le vice président exécutif et directeur de l'agence immobilière CBRE, Avi Krispine.

Le plus important propriétaire de bureaux partagés est sans contredit le géant américain We Work, qui affiche un taux d'occupation qui frôle les 100 %, sur 106 000 mètres carrés.

We Work dit d'ailleurs tout mettre en œuvre pour faciliter l'émergence et la croissance de nouvelles entreprises, à Montréal et ailleurs au Canada, comme à Vancouver et à Toronto, où les bureaux partagés ont également la cote.

Investissements majeurs

L'entreprise a réussi à susciter l'intérêt d'Ivanhoé Cambridge division immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a investi 85 millions de dollars américains dans deux édifices de We Work aux États-Unis et qui n'exclut pas une participation plus active au Canada.

« Ce qui nous intéresse, c'est de comprendre le modèle d'affaire, qui a beaucoup d'impact sur l'industrie immobilière. On veut le comprendre, on veut y participer. [...] Les espaces collaboratifs, ça représente environ 1 % de l'inventaire mondial des espaces de bureau. Alors il y a lieu de vraiment croire au modèle d'affaires, il est là pour rester, il y a vraiment de l'espace pour avoir de la croissance dans ce milieu » affirme Sébastien Théberge, vice-président Affaires publiques et relations médias d'Ivanhoé Cambridge.

Cet accroissement des espaces partagés incarne un phénomène plus large : les édifices commerciaux de Montréal en général sont ardemment courtisés, affirme Avi Krispine.

« On est quasiment sur toutes les lèvres d'investisseurs à travers la planète. Donc on voit souvent des investisseurs qui viennent maintenant de la Corée investir au Canada, chose qu'on voyait très rarement dans le temps et surtout à Montréal. [...] Les yeux sont rivés sur tout ce qui est investissement au centre-ville de Montréal. »

De l'avis de tous, l'immobilier commercial montréalais n'a pas suscité un tel intérêt, ni un tel engouement, depuis une vingtaine d'années.

« Il y a un renouveau au centre-ville. Ce qu'il faut noter, c'est qu'il y a beaucoup d'argent des Québécois qui est à l'œuvre. L'argent des retraités, du Fonds de solidarité de la FTQ, de la Fondaction CSN et beaucoup d'argent de la Caisse de dépôt et placement [...]. ll y a aussi des gens qui de l'extérieur réinvestissent à Montréal [...]. Il y a un marché qui intéresse les investisseurs parce qu'il procure du rendement », estime André Boisclair, le président-directeur général de l'Institut du développement urbain du Québec.

La popularité du centre-ville est telle qu'avec la demande actuelle, il devient de plus en plus difficile de satisfaire les locataires en quête d'espace.

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