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Un candidat d'un groupe métis controversé se présente pour le Parti vert

Jocelyn Rioux, candidat de Citoyens au pouvoir dans Matane-Matapédia.

Jocelyn Rioux, candidat de Citoyens au pouvoir dans Matane-Matapédia.

Photo : Radio-Canada

Laurence Niosi

Un candidat appartenant à un groupe controversé de métis autoproclamés se présente pour le Parti vert aux prochaines élections fédérales, dans la circonscription de Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques.

Jocelyn Rioux se dit Autochtone avec des ancêtres de « diverses nations ». Il est membre à ce titre de la Nation métisse du soleil levant, un organisme gaspésien qui regroupe plus de 15 000 membres.

Or, ce groupe, comme d’autres regroupements de « Métis de l’Est », n’est reconnu ni par le gouvernement fédéral ni par les Micmacs, qui sont présents en Gaspésie.

Sur le site web officiel du Parti vert, M. Rioux y est décrit comme un « chef autochtone au service de l'environnement du conseil de bande de la Nation Métisse du Soleil Levant ».

« Le fait qu’il se dise un “chef” de “conseil de bande” nous en dit beaucoup. En plus, l’organisme de la Gaspésie a perdu toutes ses causes juridiques, n’est pas reconnu par les gouvernements comme étant Autochtone, ni par les Mi’kmaq », affirme Darryl Leroux, professeur à la Saint Mary’s University de Halifax et auteur du livre sur l’auto-autochtonisation, Distorted Descent: White Claims of Indigenous Identity.

Depuis de nombreuses années, le groupe est engagé dans un combat juridique pour être reconnu légalement par le gouvernement. Il plaide son identité métisse pour qu'Ottawa lui rembourse ses frais juridiques – payés à même les adhésions de ses membres – dans une affaire de pêche illégale survenue en 2010.

En mars dernier, la cour d’appel a rejeté leur requête. Le juge avait souligné qu'il n'y avait aucune preuve du sérieux de leur cause. L'existence d'une communauté métisse historique et contemporaine n'avait en outre pas été démontrée, selon le juge, échouant donc au « test Powley », du nom d’un arrêt de la Cour suprême qui définit les critères en vue d’être considéré comme Métis.

Le Parti vert appuie son candidat

Questionné à ce sujet, le Parti vert appuie toujours son candidat. « Jocelyn Rioux s’identifie comme Autochtone. Le Parti vert ne détermine pas le statut autochtone de ses candidats et de ses candidates, car cela serait inapproprié », affirme un porte-parole pour le Parti vert.

Elizabeth May n’était pas disponible pour une entrevue.

« J’ai parlé à Mme May hier, les journalistes posaient des questions. Moi j’ai expliqué les faits, j’imagine que tout s’est bien passé », assure Jocelyn Rioux.

Affirmant ne pas être un imposteur, le candidat affirme avoir des origines autochtones de sa mère, plus précisément micmaque, malécite, et wendate.

« Moi quand j’étais jeune, nos mères, nos grands-mères, nous amenaient dans le jardin et on jouait dans la terre. Donc ça fait longtemps qu’on est connectés avec l’environnement, la terre, les forêts, tout ça », ajoute-t-il.

M. Rioux souligne que le Parti vert « veut faire reconnaître les droits de tous les Autochtones », y compris ceux des Métis.

Celui qui se présente contre le député sortant néo-démocrate Guy Caron souhaite notamment augmenter le salaire minimum et lutter contre les changements climatiques.

Jocelyn Rioux s’était présenté pour le parti Citoyen au pouvoir aux dernières élections provinciales, dans Matane-Matapédia, circonscription représentée par le péquiste Pascal Bérubé.

Une quarantaine de candidats autochtones se présentent pour les quatre principaux partis politiques fédéraux.

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