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Élections fédérales : qui sont les candidats autochtones des principaux partis?

Jacline Rouleau tente de succéder à Romeo Saganash en tant que candidate du NPD.

Jacline Rouleau tente de succéder à Romeo Saganash en tant que candidate du NPD.

Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

Delphine Jung
Hugo Prévost

Ils sont 40 candidats autochtones à se présenter sous la bannière de l'un des quatre principaux partis fédéraux. Parmi eux, Jacline Rouleau est la seule Autochtone à se présenter au Québec pour les élections du 21 octobre. Son principal défi : reprendre le flambeau du charismatique Romeo Saganash.

Je veux parler aux gens, leur dire que je suis là pour les écouter, lance Jacline Rouleau qui se présente sous la bannière du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans la circonscription d’Abitibi–Baie James–Nunavik–Eeyou.

Si elle a choisi le parti orange, c’est parce qu’elle estime que ses idées venaient « [la] chercher ».

C’est pas le NPD qui est venu vers moi. C’est moi qui suis allée vers le NPD lorsque j’ai su que M. Saganash n’allait pas se représenter.

Jacline Rouleau, candidate NPD dans la circonscription d’Abitibi–Baie James–Nunavik–Eeyou

La candidate ne part pas de zéro en politique. Depuis 2009, elle est assise dans la chaise de mairesse de la Ville de Senneterre Paroisse.

Née d’un père québécois et d’une mère ojibwée, Jacline Rouleau s’est lancée en politique pour porter la voix de ceux qui s’opposaient à la fusion de sa ville avec Senneterre-Ville.

Bien consciente de reprendre le flambeau du député cri Romeo Saganash, connu pour ses discours parfois passionnés devant ses collègues de la Chambre des communes, Jacline Rouleau n’est pas impressionnée.

Le député néo-démocrate Romeo Saganash

Jacline Rouleau veut poursuivre les combats de Romeo Saganash, notamment faire passer la loi C-262 pour le respect de la Déclaration de l’ONU sur les droits des Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Je ne vois pas ça comme une difficulté. Je suis quand même un peu connue dans le secteur et je veux continuer le travail qu’il a entrepris. Je veux continuer à faire en sorte que le projet de loi C-262 (qui assurera l’harmonisation des lois fédérales avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, NDLR) soit respecté, dit-elle.

Je veux être une première répondante pour les communautés, assure-t-elle encore.

Mère monoparentale de trois enfants, elle subvient pendant plusieurs années à leurs besoins en cumulant plusieurs petits boulots à Val-d’Or et même à Rupert, à 45 kilomètres au nord d’Ottawa. En 1999, elle fait l’acquisition d’un restaurant au bord de la route 113. Elle le baptise « Arrêt 113 ». À l’entendre, c’est cette petite bicoque au toit de tôle rouge qui lui a permis de se faire connaître dans la région.

Jacline Rouleau compte bien sillonner la route 113 et même plus pour aller à la rencontre de ses potentiels électeurs. Elle promet d’aller à Mistissini, Oujé-Bougoumou, Chapais…

Je veux me tenir proche des communautés (autochtones). C’est très demandant, car c’est à nous d’aller vers eux, mais ça vaut la peine.

Jacline Rouleau, candidate NPD dans la circonscription d’Abitibi–Baie James–Nunavik–Eeyou
Une vue aérienne de Mistissini.

La candidate NPD, Jacline Rouleau compte bien se déplacer dans toute sa circonscription.

Photo : La Presse canadienne / MARTIN CHIASSON

Quels sont, selon elle, les enjeux prioritaires de la région? Ils sont tous importants, répond Jacline Rouleau.

Le manque de main-d’œuvre, l’environnement, l’industrie forestière…, énumère-t-elle. Pour la candidate, il ne suffit pas de faire venir des gens dans la région, il faut ensuite faire en sorte qu’ils y restent.

Et pour cela, ça ne prend pas que des emplois. Ça prend aussi des services, des transports et une couverture cellulaire fiable, croit-elle.

Avec modestie, elle enchaîne : « Je ne vous dirais pas que je connais tout. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre et je vais le faire, avec les gens ».


Ailleurs, 40 candidats autochtones se présentent sous la bannière de l'un des quatre principaux partis fédéraux, soit le Parti libéral du Canada (PLC), le Parti conservateur (PC), le NPD et le Parti vert.

La quasi-totalité de ces candidats sont d’ailleurs regroupés à l’ouest de la rivière des Outaouais.

Les candidats néo-démocrates autochtones sont les suivants :

  • Anna Betty Achneepineskum (Première Nation Marten Falls), dans Thunber Bay–Superior North, en Ontario
  • Lori Campbell (Crie-Métis), dans Waterloo, en Ontario
  • Bob Chamberlin (Première Nation Kwikwasut'inuxw Haxwa'mis), dans Nanaimo–Ladysmith, en Colombie-Britannique
  • Leah Gazan (Nation Lakota Wood Mountain), dans Winnipeg Centre, au Manitoba
  • Noel Joe (Première Nation Miawpukek), dans Coast of Bays–Central–Notre Dame, Terre-Neuve et Labrador
  • Georgina Jolibois (Dénée), dans Desnethé–Missinippi–Churchill River, en Saskatchewan
  • Kyle Mason (Première Nation Peguis), dans Winnipeg North, au Manitoba
  • Keith McCrady (Ojibwé et Cri), dans Scarborough Southwest, en Ontario
  • Breen Ouellette (Métis), dans Vancouver Centre, en Colombie-Britannique
  • Joan Phillip (Bande Penticton), dans Central Okanagan–Similkameen–Nicola, en Colombie-Britannique
  • Mumilaaq Qaqqaq (Inuk), au Nunavut
  • Sabrina Sawyer (Première Nation Mnjikaning), dans Brantford-Brant, en Ontario
  • Katherine Swampy (Nation Samson Crie), dans Edmonton Centre, en Alberta
  • Rudy Turtle (Première Nation Grassy Narrows), dans Kenora, en Ontario
  • Angelique Belcourt (Métis), dans Simcoe-Nord, en Ontario

Les candidats libéraux autochtones sont les suivants :

  • Jordan Ames Sinclair (Métis et Première Nation Zagime Anishinabek), dans Regina Qu'Appelle, en Saskatchewan
  • Vance Badawey (Métis), dans Niagara Centre, en Ontario
  • Jaime Battiste (Première Nation Eskasoni Mi'kmaq), dans Sydney–Victoria, en Nouvelle-Écosse
  • Tammy Cook-Searson (Bande du Lac La Ronge), dans Desnethé–Missinippi–Churchill River, en Saskatchewan
  • Michelle Corfield (Première Nation Ucluelet), dans Nanaimo–Ladysmith, en Colombie-Britannique
  • Trisha Cowie (Première Nation Hiawatha), dans Parry Sound, en Ontario
  • Maggie Farrington (Métis), dans Fort McMurray–Cold Lake, en Alberta
  • Yvonnes Jones (Inuk), au Labrador
  • Judy Klassen (Première Nation St. Theresa Point), dans Churchill–Keewatinook Aski, au Manitoba
  • Jesse McCormick (Première Nation Chipewas Of The Thames), dans Lambton–Kent–Middlesex, en Ontario
  • Michael McLeod (Métis), dans les Territoires du Nord-Ouest
  • Robert-Falcon Ouellette (Première Nation Red Pheasant), dans Winnipeg Centre, au Manitoba
  • Megan Pizzo Lyall (Inuk), au Nunavut
  • Marc Serré (Métis et Première Nation Mattawa/North Bay/Algonquin), dans Nickel Belt–Muskoka, en Ontario
  • Dan Vandal (Métis), dans Saint-Boniface–Saint-Vital, au Manitoba

De son côté, le Parti conservateur présente cinq candidats autochtones :

  • Leona Aglukkaq (Inuk), au Nunavut. Mme Aglukkaq fut ministre de la Santé, puis de l'Environnement au sein du gouvernement Harper
  • Cyara Bird (Crie), dans Churchill–Keewatinook Aski, au Manitoba
  • Réjeanne Caron (Métis), dans Saint-Boniface–Saint-Vital, au Manitoba
  • Tanya Corbet (Première Nation Tsawwassen), dans Delta, en Colombie-Britannique
  • Marc Dalton (Métis), dans Pitt Meadows–Maple Ridge, en Colombie-Britannique

Le Parti vert présente quant à lui quatre candidats :

  • Lydia Hwitsum (Nation Cowichan), dans Cowichan–Malahat–Langford, en Colombie-Britannique
  • Amanda Kinstindey (Métis acadienne), dans Don Valley West, en Ontario
  • Racelle Kooy (Première Nation Samahquam), dans Victoria, en Colombie-Britannique
  • Lorraine Rekmans (Algonquine), dans Leeds–Grenville–Thousand Islands et Rideau Lakes, en Ontario

On compte, enfin, deux candidates autochtones qui tenteront de se faire élire comme indépendantes :

  • Kathy Doyle (Première Nation Little Black River), dans Winnipeg North, au Manitoba
  • Jody Wilson-Raybould (Première Nation We Wai Kai), dans Vancouver-Granville, en Colombie-Britannique. Mme Wilson-Raybould est une ex-ministre libérale qui a démissionné du cabinet Trudeau, avant d'être expulsée du caucus libéral dans la foulée de l'affaire SNC-Lavalin.

Mentionnons enfin deux candidats autochtones pour le Parti Rhinocéros :

  • Xavier Watso (Nation abénaquise), dans Dorval-Lachine-LaSalle, au Québec
  • Chinook Blais Leduc (Nation wendate), dans Hochelaga, au Québec

Au total, une quarantaine de candidats autochtones souhaitent obtenir un siège aux Communes. À l'échelle nationale, 2145 personnes sont candidates aux élections fédérales, selon le plus récent décompte d'Élections Canada, en date du 3 octobre.

Notre dossier Élections Canada 2019

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