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Après les excuses du Québec, les Autochtones espèrent des actions

Le grand chef huron wendat Konrad Sioui lève son chapeau pendant que les députés de l'Assemblée nationale applaudissent, après que le premier ministre du Québec, François Legault, s'est excusé auprès des dirigeants des Premières Nations et des Inuit lors d'une déclaration à l'Assemblée législative à Québec, le mercredi 2 octobre 2019.

Une vingtaine de chefs autochtones étaient présent mercredi à l'Assemblée nationale pour assister aux excuses du premier ministre François Legault.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Ismaël Houdassine
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les chefs et les groupes autochtones du Québec ont reçu favorablement les excuses du premier ministre François Legault. Ils attendent maintenant que le gouvernement applique les 142 recommandations du rapport Viens afin de mettre un terme aux préjudices causés aux Premières Nations et aux Inuit au fil des années.

Une vingtaine de chefs de différentes nations autochtones étaient présents mercredi dans les tribunes du Salon bleu de l’Assemblée nationale. Tout en reconnaissant les constats « accablants pour l’État québécois », le premier ministre leur a offert « les excuses les plus sincères ».

Avec ces excuses, M. Legault répond à une des 142 recommandations du rapport Viens. « Mais ces excuses ne suffisent pas », a-t-il admis, tout en promettant de changer les choses. Comme pour le Québec entier, on doit faire plus et on doit faire mieux, a-t-il ajouté.

Un souhait partagé par le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard. Même s’il reconnaît le geste de « réconciliation » fait par le premier ministre, le chef l’invite maintenant à agir pour mettre fin aux pratiques discriminatoires systémiques dans tous ses services publics.

La volonté politique n’aura pas de portée réelle sans un remaniement complet des façons de faire du Québec. Le gouvernement Legault a-t-il l’intention de remettre en question les institutions existantes, qui sont en grande partie responsables de ce que dénonce le rapport du juge Viens?a réagi par voie de communiqué le chef de l’APNQL.

Néanmoins, M. Picard regrette le double discours du gouvernement Legault. À quelques mètres d’ici, on est devant la cour contre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral sur la question d’une juridiction qui ne nous est pas reconnue, a-t-il expliqué en point de presse.

Dans les arguments qui sont défendus par le Québec, on parle de services policiers autochtones comme n’étant pas des services essentiels, a-t-il poursuivi. Le gouvernement du Québec réitère sa position traditionnelle à l’effet que les Premières Nations n’ont pas droit à l’autodétermination. C’est extrêmement inquiétant, et appelons ça un malheureux hasard que ça se fasse en même temps que le discours du premier ministre.

« Un premier pas »

Dans les pages du rapport, qui stipule que les Autochtones du Québec sont victimes de discrimination systémique, l’ex-juge Jacques Viens constate que le système public de la province est dans l’incapacité d’offrir aux communautés des Premières Nations et des Inuit les services auxquels elles ont droit.

Pour Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec, les excuses sont à ce titre « un premier pas » dans la réalisation des 142 recommandations. On est prêts à collaborer sur un respect mutuel et l’acceptation des différences, a-t-elle précisé sur les ondes de Radio-Canada.

Même son de cloche au Conseil de la nation atikamekw (CNA), dont le grand chef Constant Awashish insiste sur la nécessité pour les agents gouvernementaux de travailler dorénavant à une meilleure compréhension des réalités autochtones.

Lorsqu'il s'agit de besoins aussi essentiels que ceux qui relèvent de la police, de la justice, des services de santé et sociaux ou encore de la protection de l'enfance, la considération des différences culturelles présente un impact fortement positif sur la qualité des services par le simple fait de relations plus respectueuses et plus harmonieuses, a déclaré le chef Awashish.

Le chef de la communauté de Long Point au Témiscamingue, Steeve Mathias, n’a pas pu assister à l’allocution de François Legault. Il espère toutefois que le premier ministre tiendra parole.

C’est par les autres appels à l’action qu’on va vraiment voir si le gouvernement est déterminé à améliorer les relations avec les différents services qui sont mentionnés dans le rapport. Je pense qu’il faut mettre l’accent sur le logement dans nos communautés, a-t-il confié à Radio-Canada.

De son côté, le grand chef de la nation huronne-wendate, Konrad Sioui, s’est dit « très heureux » que le gouvernement reconnaisse enfin ses torts. Le temps de l’innocence est terminé pour le Québec, a-t-il lancé en entrevue.

M. Sioui souhaite qu’un travail de reconstruction soit entrepris, à la fois de la part des institutions et des communautés autochtones. Tout est possible maintenant. À nous de faire en sorte que les recommandations du rapport soient mises en œuvre le plus tôt possible, a-t-il conclu.

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