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Ces jeunes Autochtones qui marchent pour le climat

Laurence Niosi

Ils seront 30 jeunes, dont 15 Autochtones, à marcher pour le climat aux côtés de Greta Thunberg, à Montréal, vendredi après-midi. Des jeunes qui s’assureront que les voix autochtones sont entendues haut et fort dans la lutte contre la crise climatique. Portraits.

Ils s’appellent Uapukun, Jemmy, Sipi, Sigwan... Ils sont venus des quatre coins du Québec à l’initiative de l’organisme Alternatives et du Réseau jeunesse des Premières Nations du Québec et du Labrador pour venir marcher pour le climat. Ils déploieront une immense banderole dessinée par l’artiste anichinabée Rachel Thusky-Cloutier.

Nous les avons rencontrés à l’Espace Ashukan, dans le Vieux-Montréal, au terme de deux journées de formation et d’ateliers sur le climat.


JEMMY ECHAQUAN, Atikamekw, 26 ans

La jeune femme aux cheveux noirs sourit à la caméra.

Jemmy Echaquan-Dubé

Photo : Canouk Newashish

En quoi est-ce que l’environnement est important pour ta culture?

« Dans ma langue, le mot "sakihikan", ça veut dire "eau", mais ça veut aussi dire "aimer". Donc, c’est associé à l’eau, car il faut en prendre soin. C’est comme ça dans de nombreuses langues autochtones. Notre culture est ancrée dans le territoire. Si le réchauffement climatique continue, cette culture, on la perd. Les jeunes sont en pleine revendication de leur culture. Et avec ce qui se passe, les Innus et les Cris ne pourront plus chasser le caribou. Même chez nous, il y a des espèces d’arbres en voie de disparition. Et ça affecte notre culture, car nous, les Atikamekw, sommes le peuple de l’écorce. Ce sont des choses qui vont toucher nos générations futures. »


UAPUKUN MESTOKOSHO, Innue, 27 ans

Uapukun Mestokosho, une jeune Innue, et Sigwan Wishkajan Polson, d'origine crie et anichinabée, assis dans un escalier.

Uapukun Mestokosho, une jeune Innue, et Sigwan Wishkajan Polson, d'origine crie et anichinabée, participeront à la marche pour le climat du 27 septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Comment vis-tu les changements climatiques dans ton quotidien?

« On remarque beaucoup l’érosion dans ma communauté [Ekuanitshit]. D’un côté, on a la mer, de l’autre, la rivière. Peut-être qu’un jour il n'y aura plus de Terre. Ma tante reste sur le bord de la route 138 entre la mer et la rivière, et peut-être que dans quelques années, elle va devoir déménager. [...] Les aînés disent qu’ils voyaient des fruits sauvages sur le bord de la plage, il n’y en a plus. »

Que représente Greta Thunberg pour toi?

« C’est inspirant, c’est motivant. Je la trouve forte. Il faut être fort pour faire ce qu’elle fait. J’aimerais avoir cette force. »


SIGWAN WISHKAJAN POLSON, Anichinabé et Cri, 34 ans

En quoi les changements climatiques touchent-ils ta communauté de Pikogan?

« Les hivers, il faut attendre après Noël pour avoir de la neige. Des gens veulent aller chasser, mais c’est difficile de pister les animaux sans la neige. Pendant le goose break [le congé de la chasse à l’oie] au printemps et à l’automne, les oies sont absentes. Les migrations changent. »

Que comptes-tu faire pour améliorer les choses dans ta communauté?

« Près de chez moi, il y a une autoroute où s'accumulent les déchets. J’aimerais organiser une marche pour sensibiliser et pour faire aussi un grand ménage de groupe. »


SIPI FLAMAND, Atikamekw, 29 ans

Le vice-chef de la communauté atikamekw de Manawan, Sipi Flamand.

Le vice-chef de la communauté atikamekw de Manawan, Sipi Flamand.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Pourquoi marcher demain avec Greta Thunberg?

« Il faut dire que nous avons un même objectif, soit la préservation du territoire. Ce qu’il faut prendre en compte, c’est que les Autochtones ont des savoirs liés au territoire, et il faut mettre cela de l’avant. [Il faut] aussi impliquer les Autochtones dans la mobilisation sur la lutte contre les changements climatiques. »

En quoi les changements climatiques touchent-ils ta communauté de Manawan?

« Les aînés, les chefs de territoire ont pu observer des changements physiques sur le territoire. Des types de poissons arrivent dans nos rivières et tuent les poissons qui y étaient avant. Nos orignaux ont des puces, et c’est dû aux coupes forestières. Ce sont des choses qui ne devraient pas arriver. En 2010, il y a eu des feux de forêt en raison de l’assèchement des terres et de l’absence de neige cet hiver-là. »


KIJÂTAI-ALEXANDRA VEILLETTE-CHEEZO, Anichinabée, 27 ans

Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo, une Anichinabée, dans une boutique d'art autochtone.

Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo, une Anichinabée, prendra part à la marche pour le climat du 27 septembre 2019 dans la délégation de jeunes Autochtones qui seront à l'avant du groupe.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Pourquoi marcher?

« Il faut passer un message. Des gens ont peur du changement, peut-être que ça va réveiller les gens. Je veux marcher avec des gens qui ont les mêmes espoirs de sauver notre planète. »

Que fais-tu dans ta vie quotidienne pour lutter contre le réchauffement climatique?

« Des gestes simples, comme le compost. J’essaie d'apporter mes propres ustensiles ou contenants quand on mange dehors. Mais je pense que c’est encore plus important qu’on parle aux leaders, car on ne peut pas faire tout ça seuls. Nos dirigeants doivent se réveiller. J’espère que la marche va réveiller des gens. »

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