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Le premier ministre soudanais ordonne une enquête sur la répression meurtrière d'un sit-in

Le nouveau premier ministre soudanais du gouvernement de transition, Abdallah Hamdok, prend la parole lors d'une conférence de presse à Khartoum, au Soudan, le 21 août 2019.

Le nouveau premier ministre soudanais du gouvernement de transition, Abdallah Hamdok, veut faire la lumière sur un épisode de répression qui a fait près de 130 morts.

Photo : Reuters / Mohamed Nureldin Abdallah

Agence France-Presse

Le nouveau premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a formé un comité chargé d'enquêter sur la répression meurtrière d'un sit-in de manifestants qui avait fait des centaines de victimes en juin à Khartoum, ont rapporté des médias gouvernementaux.

Au moins 127 personnes ont été tuées et des centaines de blessés ont été dénombrés lors de la dispersion par des hommes armés en tenue militaire d'un rassemblement devant le quartier général de l'armée à Khartoum, qui durait depuis près de deux mois, d'après un comité de médecins proche du mouvement de contestation.

Selon ce comité, plus de 250 personnes ont été tuées durant le mouvement déclenché en décembre 2018 après le triplement du prix du pain, avant de prendre rapidement une tournure politique contre le régime d'Omar El-Béchir, puis contre le Conseil militaire de transition lui ayant succédé en avril.

Les Forces pour la liberté et le changement (FLC), fer de lance de la contestation, ont inlassablement réclamé qu'une enquête indépendante soit menée sur la répression du sit-in.

L'agence officielle Suna a indiqué, tard samedi, que le premier ministre, Abdallah Hamdok, avait lancé une « enquête indépendante ».

Un rapport déposé dans trois mois

Un comité composé de sept personnes, dont des représentants des ministères de la Justice, de l'Intérieur, de la Défense et d'autres membres indépendants, sera chargé de l'enquête, selon l’agence Suna, qui a précisé qu'il présenterait son rapport dans les trois mois.

Il s'agit d'un comité indépendant formé selon ce qui est mentionné dans la déclaration constitutionnelle, a indiqué Suna, en référence au texte signé en août par le Conseil militaire de transition et les meneurs de la contestation, finalisant un accord historique pour un transfert progressif du pouvoir aux civils.

Fin juillet, une enquête officielle avait conclu à l'implication dans la répression du sit-in de huit paramilitaires des redoutées Forces de soutien rapide (RSF) dirigées par Mohammed Hamdan Daglo, qui avait auparavant nié toute responsabilité de ses forces.

Le Conseil militaire de transition avait réfuté tout usage de la « force », évoquant une « opération de nettoyage » à proximité du rassemblement qui aurait mal tourné.

Un enquêteur avait indiqué qu'un général des RSF avait ordonné à un colonel de disperser le sit-in, sans en avoir eu l'ordre de ses supérieurs.

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