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Une Inuk devient conservatrice au Musée des beaux-arts de Montréal

L'art inuit est exposé au pavillon Claire et Pierre Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal

L'art inuit est exposé au pavillon Claire et Pierre Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal

Photo : Bernard Fougères

Ismaël Houdassine

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) fait appel à l’expertise de Lisa Qiluqqi Koperqualuk pour occuper le premier poste consacré à l’art et à la culture inuit au sein de l'institution. À titre de conservatrice, l’anthropologue aura, entre autres, la tâche de dynamiser la collection d’art inuit.

C’est une première pour le MBAM. En offrant ce poste à une membre de la communauté inuit, le musée compte donner une nouvelle impulsion à sa collection permanente d’art inuit, une des plus importantes au Canada. En effet, le pavillon Claire et Pierre Bourgie abrite 900 œuvres – sculptures, estampes, dessins, pièces de joaillerie, textiles et arts décoratifs – créées par plus de 300 artistes.

Depuis quelque temps, on assiste de la part des institutions à un véritable mouvement en direction des communautés autochtones, déclare en entrevue Lisa Qiluqqi Koperqualuk. Il y a deux ans, on m’avait déjà appelée pour des projets d’expositions, mais malheureusement je n’étais pas disponible.

Le renouveau de l'art inuit

Une collaboration avec le musée de la rue Sherbrooke, elle l’attendait depuis longtemps, mais son implication dans l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) l’avait obligée à refuser plusieurs projets d’exposition.

Mon mandat s’est terminé avec le dépôt du rapport en juin dernier. C’est là que le Musée des beaux-arts de Montréal m’a appelée pour me proposer le poste de conservatrice. Je pense que c’est le bon moment de jeter un nouveau regard sur ses collections, affirme l’anthropologue née à Puvirnituq, dans le Nunavik.

Aujourd’hui, l’art inuit contemporain est en pleine explosion. Les jeunes commencent à exprimer leur identité inuit à travers une multitude de genres et de styles comme le tatouage ou le chant de gorge. Nous nous devons d’être à leurs côtés pour les accompagner dans leur cheminement artistique.

Lisa Qiluqqi Koperqualuk, anthropologue et conservatrice au Musée des beaux-arts de Montréal

À temps partiel depuis le début septembre, l’anthropologue a déjà du pain sur la planche. En plus de soutenir des projets de mise en valeur et d’acquisition en art inuit, l’anthropologue sera appelée à favoriser des rapprochements entre l’institution et les communautés arctiques. Elle collaborera d'ailleurs avec les équipes du Musée pour offrir du mentorat à des stagiaires issus des communautés inuit.

Il y a une petite communauté inuit à Montréal, assure-t-elle. Je compte aussi œuvrer en lien avec les organismes pour créer une synergie. C’est très important pour moi de garder le contact avec les gens et les artistes.

Elle tient ainsi à faciliter la liaison entre le musée de la rue Sherbrooke et l'Institut culturel Avataq, dont le déménagement dans un édifice appartenant au MBAM est prévu dans le courant de l’année 2020. Rappelons que les deux institutions ont signé en septembre 2018 un partenariat à long terme pour la promotion de l'art et de la culture inuit.

Cette collaboration inédite entre Avataq et le musée des beaux-arts se fait dans le cadre de la réconciliation entamée par le gouvernement fédéral avec les peuples autochtones du pays, conclut Mme Koperqualuk.

Le Musée des beaux-arts a confirmé que deux nouvelles expositions traitant de l’art inuit seront organisées dès 2020.

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