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Des Mohawks de Kanesatake donnent un ultimatum au premier ministre Trudeau

Ellen Gabriel, entourée d'aînés, tient un Wampum.

Des Mohawks de Kanesatake, dont la militante Ellen Gabriel, étaient rassemblés dans la pinède pour sommer le premier ministre d'agir. Certains Mohawks de Kahnawake étaient venus les appuyer.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Gabrielle Paul

Les Mohawks traditionalistes de Kanesatake, qui se nomment les Rotinonhseshà:ka, somment le premier ministre Justin Trudeau d'agir dans le dossier des terres contestées et d'abandonner le « cadre colonial ».

« On demande un moratoire sur tout développement illégal sur le territoire de Kanesatake », affirme la porte-parole des Rotinonhseshà:ka, la militante Ellen Gabriel.

Pour ces Mohawks, le gouvernement canadien a négligé son devoir de consultation auprès des Autochtones et n’a pas fait preuve de véritable intention de réconciliation.

« On veut que [Justin Trudeau] agisse en premier ministre, qu'il développe une véritable relation de nation à nation et qu'il intervienne pour que cesse le vol de nos terres ancestrales », explique Mme Gabriel.

C’est le gouvernement qui nous cause du mal et qui laisse des développements être faits sur nos terres vendues frauduleusement. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités dans ce conflit qui perdure aujourd’hui.

Ellen Gabriel

Les Rotinonhseshà:ka de Kanesatake donne une semaine au premier ministre pour répondre à leurs demandes.

« Ce n’est pas la ministre [des Relations Couronne-Autochtones Carolyn] Bennett qu’on veut rencontrer, mais c’est avec Justin Trudeau qu'on veut parler directement », ajoute-t-elle.

Le don de Grégoire Gollin contesté

Pour les Rotinonhseshà:ka, le don écologique que souhaite faire le promoteur Grégoire Gollin les obligerait à renoncer à leurs droits territoriaux. « On respecte ses intentions », précise cependant Ellen Gabriel.

« Des terres contestées ne peuvent être ni achetées ni vendues, dit Mme Gabriel. On réclame une restitution et des compensations pour la perte de territoire. »

Les terres contestées par les Mohawks ne se limitent pas uniquement à Oka, mais comprennent entre autres les municipalités de Pointe-Calumet, de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, de Deux-Montagnes, de Saint-Joseph et de Pointe-aux-Anglais.

« [Ce qui est véhiculé] c'est que ce sont les sulpiciens qui nous ont amenés ici quand ils ont établi une mission, dit Ellen Gabriel. Mais il y avait déjà des gens ici. Il y avait des Mohawks, des Algonquins et des Nippissings. »

Cesser de perpétuer la doctrine de la découverte

Ellen Gabriel considère que le problème de dépossession des Mohawks prend racine dans des « fictions juridiques racistes » telles que la doctrine de la découverte et le principe de « terres sans maître » appliqués au territoire canadien avant la colonisation.

La doctrine de la découverte est un principe selon lequel un monarque chrétien qui « découvre » des terres non chrétiennes peut les proclamer siennes, puisqu'elles « n'appartiennent à personne ».

Les Nations unies considèrent justement que la doctrine de la découverte a été un « vecteur essentiel de l’asservissement des premiers peuples ».

« Au fil des siècles, cette doctrine a été institutionnalisée dans les lois et politiques nationales et internationales, et s’est traduite par la dépossession et l’appauvrissement des peuples autochtones », écrivait l’Instance permanente sur les questions autochtones de l’ONU en 2010.

« Notre gouvernement existait bien avant le Canada et il continue d’exister, rappelle Ellen Gabriel. […] Ce n’est pas au Canada de décider si nous sommes légitimes ou non. »

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