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Les Premières Nations du Québec se dotent d'un programme de maternelle 4 ans

Une dizaine de femmes autochtones posent avec des affiches.

75 enseignants ont travaillé à la conception du programme de maternelle 4 ans des Premières Nations du CEPN.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Gabrielle Paul

Le Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN) a lancé mardi son programme de maternelle 4 ans. Plus d’une dizaine d’écoles autochtones l’offriront dès septembre.

En développement depuis 2015, le programme vise d’abord à intégrer les savoirs traditionnels et la fierté identitaire dans l’éducation offerte aux tout-petits. Il a été conçu par des enseignants et des conseillers pédagogiques.

« C’était un besoin criant dans les communautés autochtones d’essayer d’implanter un programme axé sur la culture pour amener les jeunes à être scolarisés plus tôt », dit l’une des enseignantes qui a travaillé à la conception du programme, Guylaine Gros-Louis, de l’école Wahta’ à Wendake.

Ç’a été un grand travail, mais l’aboutissement est à la hauteur de nos communautés.

Guylaine Gros-Louis, enseignante de maternelle

Pour le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, la prise en charge de l'éducation par les Premières Nations est essentielle.

« La seule façon d'assurer la réussite de l'éducation, c'est que nous en soyons les maîtres d'oeuvre », affirme le chef Picard.

La maternelle 4 ans n’est toutefois pas nouvelle dans les communautés autochtones. Dix écoles autochtones offraient déjà la maternelle 4 ans basée sur le programme québécois.

« Cette année, cinq autres écoles vont se joindre au [nouveau] programme, donc ça fait quinze écoles sur dix-neuf », dit le directeur général du CEPN, Denis Gros-Louis.

Le Conseil en éducation des Premières Nations regroupe 22 communautés des nations abénaquise, algonquine, atikamekw, innue, malécite, micmaque, mohawk et wendat.

Selon l’enseignante Guylaine Gros-Louis, le programme du CEPN est avant-gardiste parce que « même au niveau de la province, ou au fédéral, ils veulent implanter des maternelles 4 ans », dit-elle.

Le cadre du programme du CEPN demeure flexible aux besoins de chaque communauté.

« Nous, on a travaillé le contenant. Maintenant, les stratégies qui seront utilisées dans la manière que ce sera développé, ça reste à chacune des communautés, à chacun des enseignants d’y travailler », dit la directrice des services éducatifs du CEPN, Annie Gros-Louis.

Diverses initiatives déjà existantes sont d’ailleurs proposées aux écoles pour qu’elles puissent donner, au sein du nouveau programme, une formation qui ressemble aux façons de faire et aux manières d’être des Premières Nations.

Ces initiatives vont de la préparation des enfants avant l'entrée à l'école jusqu'à un modèle de classes en plein air.

Préparer l’entrée à la maternelle

Depuis l’an dernier, le CEPN propose le programme « Petites plumes » qui permet de préparer les enfants pour le début de leur parcours scolaire. Chaque enfant peut donc recevoir une trousse qui contient des livres culturellement appropriés pour apprendre entre autres à compter. Les trousses contiennent également du matériel comme des crayons et des ciseaux.

Un livre pour enfant.

Les livres dans les trousses de « Petites plumes » peuvent entre autres permettre aux enfants d'apprendre à compter en anglais, en français et en cri.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Du matériel est également prévu pour les parents afin qu'ils puissent accompagner leurs enfants pendant leur scolarité.

À cet effet, le CEPN offre également de la formation dans les communautés pour encourager l'implication parentale et communautaire. « Il faut un village pour élever un enfant », peut-on lire dans un carnet dédié aux parents.

Apprendre en pleine nature

Le CEPN souhaite aussi appuyer davantage d'écoles qui veulent offrir la maternelle en plein air.

Ce type de classe permet aux enfants d'apprendre lors de sorties en nature, ce qui favorise l'intégration de connaissances traditionnelles et l'apprentissage de la langue ancestrale, selon le CEPN.

Ce modèle existe déjà dans deux écoles, l'une chez les Micmacs de Listuguj et l'autre chez les Mohawks de Kahnawake.

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