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Hommage au Wapikoni mobile en clôture de Présence autochtone

Une dame parle au micro alors qu'un homme se tient près d'elle.

La fondatrice du Wapikoni mobile, Manon Barbeau, et le directeur du festival Présence autochtone, André Dudemaine.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Gabrielle Paul

Le festival Présence autochtone a consacré sa soirée de clôture au Wapikoni mobile, les studios nomades de formation et de création cinématographique, qui célèbre cette année son 15e anniversaire.

La salle de l’Auditorium de la Grande Bibliothèque (BAnQ) était comble pour ce dernier événement de la 29e édition de Présence autochtone.

Le festival collabore avec le Wapikoni mobile depuis ses débuts, lorsque la cinéaste montréalaise Manon Barbeau a fondé, en 2004, ces studios nomades. Le projet a d'ailleurs été lancé lors du festival Présence autochtone cette année-là.

Il y a 15 ans, sur la place des Festivals, on a vu un mobile tout juste constitué de bric et de broc pour en faire une unité de production qui prenait la route, se remémore le directeur du festival Présence autochtone André Dudemaine.

Le Wapikoni mobile est devenu un emblème dans les communautés autochtones, de ses débuts modestes avec une seule roulotte, dans laquelle la douche servait de studio sonore, jusqu'à aujourd'hui, après la réalisation de plus d'un millier de films.

Le studio sur roues de la Wapikoni Mobile

Le studio sur roues du Wapikoni Mobile.

Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

C'est en côtoyant les jeunes Atikamekw que Mme Barbeau a voulu créer le Wapikoni, qui a été baptisé en l'honneur de sa collaboratrice Wapikoni Awashish, qui est décédée tragiquement à l'âge de 20 ans.

Il y avait beaucoup de désespoir chez les jeunes à Wemotaci, beaucoup de suicide, se souvient-elle. Il y avait, à part le hockey, peu de projets qui leur permettaient de s'exprimer et de prendre la parole.

Œuvrant d'abord dans les communautés autochtones du Québec, puis du Canada, le Wapikoni mobile s'est mis à voyager partout dans le monde, principalement en Amérique du Sud, mais aussi auprès d'autres communautés marginalisées.

On arrive tout juste de Hongrie où on a travaillé avec les populations de Roms, après ça on a été en Jordanie et en Palestine, pour donner une voix à tous ceux qui ont été mis à l'écart, qui sont victimes de préjugés et de racisme, souligne la fondatrice.

Tous ces liens créés avec les Premières Nations depuis des années constituent maintenant ma famille élargie et je la porte vraiment dans mon cœur.

Manon Barbeau, fondatrice du Wapikoni mobile

Maintenant, le Wapikoni mobile est équipé de cinq roulottes qui ont « un studio de son professionnel, des tables de montage […] qui sont très très bonnes et qui permettent aux films d'être diffusés à Présence autochtone et un peu partout dans le monde, assure Manon Barbeau.

En plus du cinéma, le Wapikoni mobile a aussi depuis 2006 un volet musical avec Musique nomade et la plateforme Nikamowin. Musique nomade tient d’ailleurs, depuis trois ans, Nikamotan MTL, un spectacle annuel pendant Présence autochtone.

Deux jeunes cinéastes présents

Plus d'une dizaine films issus des escales 2018 du Wapikoni mobile ont été présentés pendant la soirée de clôture.

Jack Belhumeur, un Métis né à Edmonton, est venu présenter son court-métrage Respect your elders, Chum! (Respecte tes aînés, mon chum!), tourné à Thunder Bay, dans le Nord de l'Ontario.

L'idée de ce film m'est venue d'un aîné aussi acteur dans le film, Roger Nakaganis. […] Il m'a demandé de faire un film avec lui sur les abus faits aux aînés, donc j'ai écrit le scénario, explique Jack Belhumeur.

Charlie Gordon est quant à lui originaire de Kuujjuaq, au Nunavik, mais il vit désormais à Montréal. Son film Kinauvunga (Qui suis-je? / Qui je suis) est une exploration de sa passion pour les arts du cirque et de son identité inuit.

Ce film a été fait il y a un an et ma vision à ce moment-là d'où j'allais être est complètement différente d'où je suis maintenant, la vie c'est complètement fou, dit Charlie Gordon.

Deux jeunes hommes posent devant une affiche du festival Présence autochtone.

Le Métis Jack Belhumeur (à gauche) et l'Inuk Charlie Gordon (à droite) ont tous les deux réalisé des courts-métrages avec le Wapikoni mobile.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Également de Kuujjuaq, A way of life (Un mode de vie) documente le témoignage de Dorothy Mesher, une aînée inuk qui a grandi à Kuujjuaq, alors encore nommé Fort Chimo, pendant les années 1930 et 1940.

Le court-métrage I Created Memories (Je crée des souvenirs) a aussi été fait par un Inuk de Kuujjuaq, Sammy Gadbois, qui capture des moments de la vie dans sa communauté et dans la métropole montréalaise.

Quatre autres films étaient des réalisations d'Innus. D'Ekuanitshit, Nutshimiu-Aimun (La langue du territoire) présente la transmission de la langue innue entre des femmes de différentes générations.

À Nutashkuan, la transmission culturelle est également à l'honneur dans le film d'Édouard Kaltush, Uenutishiu Katshapistesh (La richesse du chauffe-eau), pendant lequel un Mushum (grand-père) enseigne à son petit-fils comment fabriquer un poêle à bois en recyclant un vieux chauffe-eau.

Aussi de Nutashkuan, le jeune Ludovic Nolan Courtois présente Timelapse, qui met en vedette les autres jeunes de sa communauté. Et de Mashteuiatsh, Wifi Zombies est une réalisation d'Evan K. Launière.

Chez les Anichinabés, Rose-Aimée Papatie a réalisé Watching the moon (Regarder la lune) qui suit le processus de fabrication d'un tambour traditionnel.

Les Atikamekw Méline Quitich-Niquay et Jim Matlock ont respectivement offert Notcimik (Dans les bois) et Rat sale.

Présence autochtone a aussi présenté deux films de la Première Nation dénée, de La Loche, en Saskatchewan.

Le premier Media Resistance: Land and Water (Résistance médiatique : Protéger terres et eaux) est la deuxième réalisation d'Ashton Janvier qui documente les problèmes environnementaux que pourrait causer l'exploitation d'uranium dans la rivière Clearwater.

Le second est More Than a Stereotype (Plus qu'un stéréotype) de Sinay Kennedy, qui est exaspérée par les fausses représentations que la société perpétue à propos des Autochtones.

Tous les films du Wapikoni mobile sont disponibles au : http://www.wapikoni.ca/ (Nouvelle fenêtre)

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