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Shauit et Wachmn’hit : des différences qui rassemblent

De Mashteuiatsh à Rabat, une rencontre musicale entre Shauit et Wachm'n Hit.

De Mashteuiatsh à Rabat, une rencontre musicale entre Shauit et Wachm'n Hit.

Photo : Fournie par la Boîte interculturelle

Gabrielle Paul
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le chanteur innu Shauit et le groupe marocain Wachmn’hit terminent cette semaine la seconde partie de leur échange qui, malgré les différences culturelles entre les artistes, s’est avéré profondément rassembleur.

L’échange entre Shauit et Wachmn’hit se conclura jeudi. Ils partageront la scène à Beloeil, au parc des Patriotes, pour un ultime concert.

En mai, pour la première partie de cet échange organisé par la Boîte interculturelle, Shauit a passé deux semaines à Rabat, au Maroc, pour travailler avec le groupe Wachmn’hit composé de sept musiciens.

« Je ne connaissais rien au monde arabe, mais j’ai dit oui tout de suite pour y aller », dit Shauit.

De prime abord, Shauit et Wachmn’hit semble seulement avoir en commun leur passion du reggae.

« Quand je suis arrivé là-bas, je voulais [focaliser] sur ce qui nous rassemble », souligne cependant Shauit.

Même si leur langue et leurs traditions sont bien différentes, l’Innu et les Marocains véhiculent des messages semblables dans leurs chansons.

« Ils ont le même genre de pensée sur la corruption, sur les classes sociales. Ils dénoncent ça et moi aussi je dénonce ça. »

Depuis mai, ils ont créé deux chansons originales combinant l’innu, l’arabe et le français. Ils les ont présentées en territoire innu, à Uashat mak Mani-Utenam (la communauté de Shauit) à la clôture des Jeux autochtones et à Mashteuiatsh.

Shauit et Wachmn’hit se sont également produits au Festival international Nuits d’Afrique à Montréal.

À l’instar de son expérience au Maroc, Shauit croit que leur passage chez les Innus a été un dépaysement pour les membres de Wachmn’hit.

À Mashteuiatsh, ils ont assisté au pow-wow. « J’étais content qu’on ait pu assister à la grande entrée, dit Shauit. On a pu leur faire découvrir ça. Ils ont même dansé. »

« Je les ai amenés près des drums [tambours traditionnels], je voulais qu’ils sentent le drum, c’était très émouvant, c’est quelque chose de puissant. »

Shauit a également initié les sept musiciens à l’histoire autochtone en leur expliquant l’expérience des pensionnats et en leur faisant visionner des documentaires, dont Rumble : The Indians Who Rocked The World. « Je voulais qu’ils sachent comment nous avons été trompés, ils ont été très touchés de ça », raconte Shauit.

Le chanteur souligne que des membres du groupe ont des origines berbères, des Autochtones d’Afrique du Nord. « Ils ont vraiment une ouverture aux peuples autochtones », dit-il.

Finalement, Shauit croit que les luttes autochtones le rapprochent des Marocains.

« L’islamophobie, c’est comme un peu le racisme qu’on vit nous les Autochtones, soutient-il. Le monde ont aussi des préjugés sur nous qui ne sont pas fondés. C’est désolant, cette haine-là. »

Après leur dernier concert jeudi, Wachmn’hit doit rentrer au Maroc. Une séparation que redoute un peu Shauit. « Ça va être difficile de se dire au revoir, confie-t-il. Ça va être émouvant. »

Il ne ferme toutefois pas la porte à d’éventuelles retrouvailles. « Si tout va bien, j’aimerais retourner au Maroc en novembre. »

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