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Une campagne d'Amnistie internationale contre les préjugés envers les Autochtones

Marie-Ève Bordeleau.

La commissaire aux Affaires autochtones de Montréal, Marie-Ève Bordeleau, est l'une des cinq personnalités phares de la campagne.

Photo : Camille Lortie/Amnistie internationale

Anouk Lebel

Avec sa peau relativement pâle et ses yeux clairs, Marie-Ève Bordeleau s’est souvent fait demander si elle était une « vraie Autochtone ». Et ce n’est pas le seul préjugé auquel la commissaire aux Affaires autochtones de Montréal a été confrontée au cours de sa vie.

L’avocate crie est l’une des cinq personnalités autochtones au cœur de la campagne Faut le croire pour le voir d’Amnistie internationale, qui vise à sensibiliser la population aux préjugés qui persistent envers les Autochtones.

L’un des mythes que les gens ont, c’est que les Autochtones ne travaillent pas et qu'ils profitent du système parce qu’ils ne paient pas de taxes, explique celle qui est née à Senneterre, en Abibiti, et qui a grandi à Montréal.

Or, pour être exempté de payer des impôts et des taxes, il faut avoir le statut d’Indien inscrit et travailler dans une réserve, ce qui n'est pas le cas de près de 60 % des Autochtones au Canada, explique-t-on dans le livret qui accompagne la campagne, réalisé en collaboration avec l'organisme Mikana.

Le document, qui identifie et déconstruit dix mythes concernant les Autochtones, souligne aussi que, même si certaines nations autochtones de l’Ouest canadien ont signé des traités avec le gouvernement, la grande majorité des Autochtones du Québec n'ont pas signé de tels traités et ne reçoivent donc pas d’argent du gouvernement fédéral.

Des préjugés persistants

Les dix mythes énoncés, entre autres que les Autochtones sont pour la plupart des alcooliques ou des itinérants, Mme Bordeleau les a entendus à maintes reprises de la part de non-Autochtones venus l’approcher dans le cadre de son travail.

Ça fait partie de mon travail de travailler à démystifier ces mythes-là, affirme celle qui souhaite consacrer sa carrière à la défense des droits des Autochtones. La réconciliation entre nos deux peuples commence par briser ces préjugés, croit-elle. Dans cette veine, elle appelle les non-Autochtones à s'informer sur l'histoire des peuples autochtones et à lire le rapport d'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Les quatre autres personnalités mises de l'avant dans la campagne sont l’athlète de la Ligue de hockey junior majeur du Québec Mikisiw Awashish, le chef Maxime Lizotte, l’auteure-compositrice-interprète Elisapie Isaac, et le premier chirurgien autochtone québécois, le Dr Stanley Vollant.

Les dix préjugés auxquels Amnistie internationale veut s’attaquer :

  1. Les Autochtones ne s’entendent pas entre eux;
  2. Les Autochtones ne paient pas de taxes ni d’impôts;
  3. Les Autochtones ne paient pas leur facture d’Hydro-Québec;
  4. Les Autochtones reçoivent des chèques du gouvernement;
  5. Les Autochtones sont des migrants et doivent retourner chez eux;
  6. Les Autochtones ne veulent pas s’intégrer;
  7. Les Autochtones sont figés dans le temps;
  8. La plupart des Autochtones sont alcooliques et itinérants;
  9. Les Autochtones sont contre les projets d’exploitation;
  10. Les Autochtones ont tous le même type d’apparence physique.

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