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Partenariat entre le SPVM et la police du Nunavik pour retrouver les personnes disparues

L'agent de liaison autochtone au Service de police de la ville de Montréal, Carlo DeAngelis.
L'agent de liaison autochtone au Service de police de la ville de Montréal, Carlo De Angelis, s'est rendu au Nunavik en mai dernier pour signer l'entente avec le Corps de police région de Kativik. Photo: Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve
Yessica Chavez

Le Service de police de Montréal (SPVM) et le Corps de police régional Kativik (CPRK) ont conclu un partenariat pour officialiser leur collaboration dans le cas d’Inuit portés disparus.

Sans apporter de réels changements au fonctionnement des deux corps de police, le partenariat assure une communication plus rapide entre les enquêteurs, affirment les principaux concernés.

« Avec ce partenariat, l’échange d’informations se fait plus vite. On se rencontre, on discute ensemble des actions à prendre. C’est aussi une façon de montrer à la communauté inuit que même quand un de leurs membres arrive à Montréal, il n’est pas tout seul », affirme Carlo De Angelis, agent de liaison autochtone au SPVM.

Les policiers montréalais souhaitent créer davantage de liens de confiance avec les Autochtones, dit-il. « Ils ont une image négative de la police en raison des traumatismes intergénérationnels. Il y a une méfiance et on veut rassurer les gens. Leur démontrer qu’on travaille avec les divers acteurs de la communauté et qu’on veut qu’ils soient à l’aise de venir vers les policiers », rajoute l'agent.

Pour la commissaire aux affaires autochtones de la Ville de Montréal, Marie-Ève Bordeleau, ce dernier aspect est très important. « On a vraiment un souci de modifier nos façons de faire, tant à la Ville de Montréal qu’au SPVM, pour répondre aux besoins de notre clientèle et, dans ce cas-ci, de la communauté autochtone urbaine », indique-t-elle.

Le partenariat prévoit aussi des rencontres plus fréquentes entre Carlo De Angelis et Martin Michel de la police du Nunavik.

Aucun échéancier n’est toutefois prévu pour ces rencontres. Elles auront lieu dépendamment des situations vécues par les policiers. Selon Carlo De Angelis, environ six ou sept rencontres ont déjà eu lieu depuis le début de l’année.

Le SPVM rapporte 57 Autochtones portés disparus au Québec en 2016-2017, et 101 cas l'année dernière. Mais cette augmentation n’inquiète pas Carlo de Angelis.

« On a localisé toutes ces personnes. Je présume qu’avant on attendait de 48 à 72 heures avant d’appeler la police. Maintenant, dès que les proches sont inquiets, ils viennent vers nous. Je pense que c’est une preuve que la confiance avec la police commence à être rétablie, le message commence à passer. Il reste beaucoup de travail à faire, mais je pense que c’est des petits pas et c’est dans la bonne direction », soutient-il.

Interventions critiquées

Les interventions des agents du Service de police de Montréal auprès des Autochtones font l'objet de critiques par les groupes communautaires qui interviennent auprès de ces communautés.

Pour Marie-Ève Bordeleau, le partenariat avec le Corps de police régional de Kativik est une façon d’améliorer les façons de faire du SPVM.

Pour la directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Nakuset, cette entente est une bonne initiative, mais elle manque d’actions concrètes. « Tant mieux si le Corps de police régional de Kativik a une meilleure collaboration avec le SPVM, mais la vérité, c’est que nous avons encore très peu de services », dit-elle.

Elle prend l'exemple du square Cabot, au centre-ville de Montréal, que fréquentent de nombreux itinérants inuit. Le déménagement l'année dernière du foyer Open Door, qui se trouvait avant dans le secteur, inquiète les intervenants du milieu. « Ça fait au moins cinq ans que la Ville et la police entendent les organismes communautaires leur dire que la situation se détériore et qu’elle allait empirer après le déménagement du foyer Open Door, et pourtant, rien n’a été fait », s’indigne-t-elle.

La commissaire aux affaires autochtones de la Ville soutient que l’administration montréalaise est à la recherche de solutions temporaires et à long terme.

« Trouver un lieu pour ramener un centre de services de jour, c’est compliqué!  », se défend Marie-Ève Bordeleau, ajoutant qu'un poste de médiateur communautaire pour « assurer la bonne entente » a été créé en réponse à la crise.

Pour sa part, Carlo De Angelis assure que le poste de quartier a des patrouilleurs à pied qui travaillent avec les bons intervenants afin de fournir l’aide adéquate aux personnes qui en ont besoin.

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