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Femmes autochtones : une minute de silence et une motion déposée à l'Assemblée nationale

Sylvie D'Amours, porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière d’agriculture, de pêcheries et d’alimentation et députée de Mirabel
Sylvie D'Amours, députée (CAQ) de Mirabel Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Laurence Niosi

Une minute de silence a été observée en mémoire des femmes autochtones disparues et assassinées à l'Assemblée nationale à Québec, dans la foulée de l'adoption d'une motion déposée par la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours.

La motion a été adoptée à l'unanimité jeudi, plus d'une semaine après le dépôt du rapport de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées (ENFFADA).

Les conclusions du document sont particulièrement sévères à l'égard du Québec, qui fait l'objet d'un rapport complémentaire.

« Nous devons offrir un environnement sécuritaire pour chaque femme et chaque fille, qu'elles puissent s'épanouir pleinement », a affirmé dans le Salon bleu la ministre D'Amours.

Elle était accompagnée pour l'occasion de plusieurs dignitaires autochtones, dont les grands chefs Constant Awashish et Konrad Sioui, mais aussi de la présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, et de la commissaire de l'ENFFADA Michèle Audette.

La motion prévoit notamment que l'Assemblée nationale « reconnaisse l'importance de travailler tous ensemble comme société afin de lutter contre les actes de violence commis envers » les femmes autochtones.

Elle souligne également que « le gouvernement du Québec est déjà en action [...] en collaboration avec les Premières Nations et les Inuit afin d'établir un plan d'action tel que stipulé dans la seconde recommandation du rapport Québec ».

La motion ne fait toutefois pas mention des autres recommandations du rapport sur le Québec, notamment la création d'une entité civile indépendante qui agirait en tant que protecteur des citoyens autochtones, ou encore la mise sur pied d'une enquête publique sur les enfants autochtones disparus.

Une motion très « mesurée »

Le grand chef du Conseil de la nation atikamekw Constant Awashish regrette une motion selon lui trop « mesurée », mais il salue la démarche du gouvernement. « Il y a encore tellement de travail. La [motion], c'est un peu le minimum. Il y a une section dans le rapport seulement pour le Québec, alors ça aurait été mal vu de l'ignorer », souligne-t-il.

Une « table de dialogue » doit par ailleurs être mise sur pied prochainement par Québec pour déterminer le plan d'action. Des dirigeants autochtones, ainsi que les représentants d'organisations autochtones, sont invités à y prendre part.

Le grand chef Awashish espère que le plan d'action inclura des mesures concernant les enfants disparus dans les années 1960 et 1970 lors de leur hospitalisation, un phénomène qui a touché notamment les communautés atikamekw.

« Beaucoup de membres de la communauté n'ont pas eu de réponse. Il faut une meilleure collaboration dans l'obtention des documents. Le ministère de la Santé a ces documents, mais ne collabore pas », déplore-t-il.

En entrevue à Radio-Canada la semaine dernière, la ministre D’Amours a affirmé que le gouvernement du Québec « ne pourra pas passer à côté » des 21 recommandations spécifiques au Québec. « On ne peut pas tout faire dans l’immédiat », avait-elle toutefois souligné.

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