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La poésie récompensée aux Indigenous Voices Awards

Les pages couvertures des recueils de poésie Uiesh – Quelque part, de Joséphine Bacon, et Nipimanitu – L'esprit de l'eau, de Pierrot Ross-Tremblay.

Les poètes Joséphine Bacon et Pierrot Ross-Tremblay ont tous deux remporté le prix Voix autochtones – Meilleure œuvre d’art littéraire publiée en français.

Photo : Radio-Canada

Anne-Marie Yvon

Deux auteurs innus se sont démarqués récemment en remportant, ex æquo, le prix Indigenous Voices Awards pour la meilleure œuvre d’art littéraire publiée en français. Joséphine Bacon et Pierrot-Ross Tremblay ont tous deux été récompensés pour une œuvre poétique.

Créés en 2017 « pour soutenir et nourrir le travail des écrivains autochtones sur les terres revendiquées par le Canada », les prix Indigenous Voices Awards (Voix autochtones) s’ouvrent à une diversité de styles allant du récit au roman graphique, en passant par le slam, les paroles de chanson ou même l’écriture de scénario.

L’an dernier, l’auteure innue originaire de Mashteuiatsh J.D. Kurtness avait été récompensée pour De vengeance, un premier roman percutant, édité en septembre 2017, qui nous plonge dans la tête d’une tueuse en série.

Cette fois, deux poètes s’illustrent par leurs écrits liés au territoire. Uiesh – Quelque part, la première œuvre « urbaine » de Joséphine Bacon, traite du rapport qu’elle entretient avec le territoire et ses ancêtres.

Joséphine Bacon, assise dans un fauteuil et tenant un micro, sourit.

Joséphine Bacon, invitée d'honneur au Salon du livre de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Jef Fortier

Je n’ai pas la démarche féline / J’ai le dos des femmes ancêtres / Les jambes arquées / De celles qui ont portagé / De celles qui accouchent / En marchant - Apu tapue utshimashkueupaniuian pemuteiani / Anikashkau nishpishkun miam tshiashishkueu / Nuatshikaten / Miam ishkueu ka pakatat / Miam ishkueu ka peshuat auassa pemuteti.

Le recueil philosophique Nipimanitu (L’esprit de l’eau) du sociologue Pierrot Ross-Tremblay laisse plutôt parler la nature et rappelle l’urgence d’agir et de revenir à l’essentiel.

Que la douleur résonne intégrale / Et que ses poussières / Blessent nos yeux naissants / En vain l’oubli / Feindre de ne pas avoir vu / Simulacre de rupture / Avec les sons et leurs sens / À en perdre les horizons / Opaque absence / Amnésie du besoin / Avalé par l’exil.

Pierrot-Ross-Tremblay de près.

Pierrot-Ross-Tremblay

Photo : Rachelle Bergeron

Contrairement à Joséphine Bacon, poète affirmée avec quatre recueils, Pierrot Ross-Tremblay publiait un premier ouvrage de poésie.

Le professeur adjoint à l'Université Laurentienne et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les traditions intellectuelles autochtones se prépare également à publier un essai, Thou Shall Forget: Indigenous Sovereignty, Resistance and the Production of Cultural Oblivion in Canada (Human Rights Consortium, University of London).

Il y est question de l'oubli culturel au sein de microgroupes vulnérables, telle sa communauté d'origine, Essipit, située sur la Côte-Nord, près de la baie des Escoumins.

Parmi les autres gagnants de la soirée, on retrouve également la chanteuse de gorge inuite Tanya Tagaq, pour son recueil de poésie Split Tooth.

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